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.. Cochon & fils

Couverture du livre Cochon & fils

Auteur : Stéphane Reynaud

Illustrateur : photographies de Marie-Pierre Morel | illustrations de José Reis de Matos

Date de saisie : 25/11/2011

Genre : Cuisine, Gastronomie, Vins

Editeur : Marabout, Paris, France

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-501-07528-2

GENCOD : 9782501075282

Sorti le : 19/10/2011

  • Le courrier des auteurs : 26/11/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Le fils caché d'Obélix qui aime partager le bien mangé.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Des histoires cochonnes pour toute la famille.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Petit salé aux lentilles... ça veut tout dire ! ! ! !

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un air de musette un soir de bal du 14 juillet.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Une bonne table pour discuter de tout ça.


  • Les présentations des éditeurs : 26/11/2011

L'indispensable du cochon 150 recettes faciles et originales : du boudin au Pot au feu de cochon aux légumes oubliés en passant par les véritables rillettes.
Une multitude d'idées pour faire de vrais régals de cochon Des personnages insolites : Marcou, Bibi, Pépé Barbe, Jackie, Kiki, Kiki-pompon...

Stéphane Reynaud est propriétaire et chef du restaurant VILLA 9 TROIS à Montreuil. Il est l'auteur de nombreux ouvrages chez Marabout.


  • Les courts extraits de livres : 26/11/2011

Pépé Barbe

MON PÉPÉ FRANÇOIS BARBE, DIT «MILLEZZON»

Il officia pendant plus de quarante ans sur la place du village en qualité de boucher, que dis-je, docteur ès boucherie ! Il en connaissait un rayon en bestiaux, «le Pépé». Vaches, veaux, agneaux, cochons, du lundi au dimanche, tel était son quotidien. Été comme hiver, 8 jours sur 7, Pépé veillait. Pas trop de vacances, Pépé avait une légère tendance aux allergies dès qu'il s'éloignait de Saint-Agrève. Le bon air lui manquait ! J'avoue un certain manque d'imagination à son actif pour trouver une excuse afin de ne pas quitter ne serait-ce que quelques jours son village natal. On pardonnait toutefois cette mauvaise foi évidente, Pépé travaillait et ça se respecte, monsieur !

Il en fallait du «bouillon», en pleine saison, pour se lever avant de se coucher la journée suivante. Car Pépé se levait tôt, très tôt. Il m'a d'ailleurs souvent reproché-à sa manière-mes vaines tentatives de grasse matinée : il prenait un malin plaisir à débouler régulièrement dans ma chambre vers les 7 heures, le tablier déjà épuisé, pour me réveiller et me dire : «Stéphane, il est 7 heures... Tu peux encore dormir 2 heures... !» Merci Pépé de m'avoir tenu informé si longtemps des pérégrinations d'une aiguille sur un cadran ! C'était l'été et il fallait faire son beurre. Se lever après le soleil et le beurre fondait. De mauvaises langues sûrement jalouses du climat magnifique de Saint-Agrève vous diront que l'été ne dure que du 14 au 15 août, mais je m'insurge et rectifie en précisant que l'été dure au moins du 10 au 15 août !

Et dans sa boutique, il était fort le bestiaux, le sourire en coin à la vue des estivantes légèrement vêtues (uniquement entre le 10 et le 15 août), faisant toujours bon poids, mais s'arrangeant pour vous vendre un saucisson, un gigot, six caillettes alors que vous étiez entré pour acheter deux malheureuses tranches de jambon de régime ! English spoken, se habla español, même la barrière de la langue ne gênait en rien Pépé pour vendre sa marchandise ; il avait mis au point une langue, le Barbanto, une interprétation de l'espéranto mais à la mode Barbe, que lui seul comprenait. Il vendait ainsi ce qu'il voulait. Un vrai cador du commerce, ce Pépé !

L'hiver, fallait le voir, Pépé, bravant les congères à la recherche du veau de lait, de la plus belle génisse, du cochon le plus gras. Au volant de sa fourgonnette, tête baissée, casquette bien vissée, Pépé se transformait en un véritable chasse-neige, affrontant la burle, à l'assaut de fermes isolées, de quoi faire rougir le plus téméraire des gars de la DDE. La ferme investie, il fallait trinquer, pas de négociation sans canon. Mais Pépé avait un TOC de la maniaquerie. «Il y craignait !» Il souffrait réellement de boire dans un verre pas toujours transparent, souvent maculé des traces du précédent visiteur ! Cela se savait, et tout le monde en jouait. On jubilait en voyant Pépé tordre sa bouche plusieurs fois, respirer fort avant de porter le verre à ses lèvres. Le canon avalé, la négociation pouvait commencer. Fallait le voir, Pépé, en train de choisir une bête, le regard sombre, lui trouvant toujours un défaut afin de discuter le prix... en anciens francs... payant... en anciens francs... Combien de fois monsieur Crédit Agricole s'est évertué à lui expliquer que 1 franc et 100 francs n'avaient pas la même valeur et que de faire un chèque de 100 000 francs pour payer un cochon de 1 000 francs allait enrichir de nombreux paysans. À l'inverse, lorsque Pépé me proposait 50 francs pour une après-midi de labeur, ce n'était qu'une malheureuse pièce de 50 centimes qui venait enrichir ma maigre tirelire-en forme de cochon bien sûr. Heureusement, Mamie veillait !

(...)


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