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.. Jean Couty

Couverture du livre Jean Couty

Auteur : Lydia Harambourg

Date de saisie : 24/11/2011

Genre : Art - Peinture

Editeur : Cercle d'art, Paris, France

Collection : Découvrons l'art du XXe siècle

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 9782702209035

GENCOD : 9782702209035

Sorti le : 18/11/2011

  • Les présentations des éditeurs : 24/11/2011

Jean Couty (1907-1991), fils de maçon originaire de la Creuse, est le plus lyonnais des peintres lyonnais.
A travers son oeuvre, il est un véritable «témoin de son temps» ; il sera d'ailleurs lauréat du grand Prix des Peintres Témoins de leur Temps» à Paris, en 1975 avec sa toile Le chantier du métro.
Paris l'attire. Il expose dans la capitale galerie Worms (1937), mais c'est Katia Granoff, rencontrée à Lyon pendant la guerre, qui lui donne sa chance en montrant une exposition personnelle dès 1945 dans sa galerie parisienne.
C'est ici que Picasso aurait admiré le Bénédicité et dit au peintre «plus personne ne peint comme çà aujourd'hui !»
Couty est désormais considéré par ses pairs comme un «mystique».
Il l'est d'autant qu'il fréquente le mouvement de la résistance chrétienne «Temps présent» dans lequel il se lie d'amitié avec Stanislas Fumet, Emmanuel Mounier, Hubert Beuve-Méry ou encore Simone Weil.
Il a aimé peindre sa ville, Lyon, surtout Fourvière et la cathédrale Saint-Jean, mais aussi les églises romanes de France et tout naturellement les hommes et les femmes (anonymes ou figures célèbres) qu'il a côtoyés.

Il s'affranchit des écoles, en étant néanmoins considéré comme l'un des successeurs de l'humanisme d'un Courbet et le mysticisme expressif d'un Rouault.
Son oeuvre traite de thèmes directement inspirés par le labeur des hommes,
la splendeur du paysage et la puissance du sentiment religieux. Si l'on réunissait bout à bout chaque toile, on obtiendrait une grande fresque d'un lyrisme étonnant, à la fois réaliste, dramatique, mais aussi plein d'espoir.
L'objectif de Couty n'est pas de délivrer un message. Plus humblement, il veut grâce à son art, témoigner du temps présent. Pour lui chaque sujet est digne d'être sur une toile : des filles de joie aux ouvriers du métro, du baptême dans une église de campagne aux fastes des funérailles papales.


  • Les courts extraits de livres : 24/11/2011

JEAN COUTY

UN ART CONSTRUIT ET ÉQUILIBRÉ

Jean Couty incarne les valeurs de la peinture française. Un métier solide au service d'un art construit et équilibré. Si sa palette a des accents fauves et incline à l'expressionnisme, son réalisme entend résoudre le problème fondamental de l'apparence et celle de la substance des choses pour parvenir à ce qu'il appelle le réel dépassé. Fortement enraciné dans une nature terrienne, il puise dans le double héritage de ses ancêtres maçons, compagnons du devoir, et d'un humanisme empreint d'une spiritualité contemplative.
Aujourd'hui, Jean Couty a pris place aux côtés des frères Le Nain, de Courbet, Derain, Rouault, dans une continuité picturale alors qu'il assume son indépendance au sein de l'école lyonnaise comme de la nouvelle école de Paris.

LE PEINTRE BÂTISSEUR HUMANISTE

Préparé à l'art par l'architecture, Jean Couty pense structure et à ce qui est à l'origine de toute construction : le carré, le cercle, le cylindre, présents dans la nature à l'état pur qu'évoquent les sermons de son ami le père Vienney. Il est un disciple de l'architecte Tony Garnier, père de la cité industrielle et visionnaire dans lequel il reconnaît un bâtisseur, héritier des maîtres d'oeuvre du Moyen-Âge, et du médiéviste Henri Focillon, le premier à pointer «que sa composition était surtout celle d'un peintre».

Le peintre sort de sa chrysalide, encouragé par les critiques Marius Mermillon et George Besson. L'acquis de solides techniques et le double enseignement reçu de ses maîtres ont fortifié ses intuitions et ses curiosités. «Je suis un transfuge de l'architecture... Je ne regrette pas ces études. Elles m'ont donné le souci du volume dans l'espace, des rapports de surface. Elles m'ont apporté la maîtrise pour la composition.» Couty dessine ses premières basiliques romanes, et peint alors hâtivement les bateliers, les terrassiers, une humanité besogneuse sans sourire, comme Les maçons, 1935 (n° 5), un thème qu'il reprendra trente ans plus tard avec les chantiers en cours à Lyon (frontispice, n°s 3, 43, 46, 54) et à Paris (n° 66). Des vies perdues qu'illustre une scène dite La parabole des fous, 1931 (n° 6), dont la naïveté est atténuée par l'énergie de la couleur sombre et rougeoyante à l'unisson du dénuement moral des aliénés, avant qu'une puissante syntaxe chromatique et formelle libère la force qui l'anime. Couty n'a pas oublié la leçon de Tony Garnier : construire par le trait et la couleur. Sa peinture y gagnera une franchise d'exécution très caractéristique, maçonnée dans une pâte dense et magnifiée par la couleur contenue dans de larges cernes : y Autoportrait de 1936 (n° 1), conjugue la violence des pigments contrastés et la lucidité de l'homme dans une riche matière qui rappelle son admiration pour Vlaminck.

Il n'invente rien, mais observe dans tout ce qui l'entoure, le jeu des lignes, la différenciation des plans comme les relations entre les volumes d'une architecture, d'un visage ou d'un corps, les cadences d'un paysage rural ou urbain, les rapports tissés par les objets dans une nature silencieuse. Là où l'architecte utilise le compas et l'équerre pour aborder les problèmes géométriques, le peintre qu'anime une nécessité intérieure exprime la quintessence du sujet à partir d'un réalisme vorace.
Le monde et l'homme sont régis par les mêmes principes, et la peinture a ses lois d'une vigoureuse logique constructive. Couty recourt à la transposition géométrique et colorée de chacun de ses modèles contraints à entrer dans son univers concret et charnel dont il perçoit intuitivement les secrètes correspondances.
Peintre architecte, peintre humaniste, Jean Couty exprime ce qu'il pressent être la vérité de la nature. La part d'humanité de sa peinture reste indissociable d'une sensualité natale. C'est dans la maison familiale de l'île Barbe, à quelques enjambées des bords de Saône, où il a passé son enfance et vécu une partie de sa vie, véritable point d'ancrage où il se ressource après ses voyages, qu'il réalise l'essentiel de son oeuvre.


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