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Auteur : Kéthévane Davrichewy
Date de saisie : 02/03/2012
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Sabine Wespieser éditeur, Paris, France
Collection : Littérature
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 9782848051062
GENCOD : 9782848051062
Sorti le : 12/01/2012
Cécile, Alice, deux amies à longueur d'enfance, dans une relation fusionnelle jusque dans leurs amours. Au fil des ans, l'amitié s'effilochera, se détissant dans les non-dits, les secrets, la trahison. Le roman nous conduit des années 80 à nos jours, alternant le dialogue intérieur des deux jeunes femmes, en courts chapitres. L'une debout, l'autre en coma, enveloppée de torpeur, des mots, pour dire et comprendre la désertion de leur relation.
Un texte fluide et sensible relevant avec finesse la complexité et les failles du désordre, tant de l'amitié que de l'amour.
Alice et Cécile sont amies depuis leur plus tendre enfance. Elles sont grandi côte à côte dans les familles de l'une et de l'autre. Et puis vient la rupture...
Cécile est plongée dans un semi-coma et écrit mentalement des lettres à Alice. Alice, elle, est assise à la terrasse d'un café se plongeant dans une rétrospective des années Mitterrand. Elles vont toutes les deux retisser le fil de leur amitié pour comprendre les raisons de leur séparation.
Un roman à deux voix parfaitement construit sur la complexité de l'amitié et du temps qui passe.
Les méandres du temps ont séparé deux amies d'enfance. Ces deux "séparées" se revoient des années plus tard. Et, au gré de courts chapitres bouleversants, Kéthévane Davrichewy dit la complexité de cette relation qui n'est plus. Un excellent texte.
Alice et Cécile sont amies depuis leur enfance. Elles ont grandi et évolué ensemble et traversé une grande partie de leur vie côte à côte. Et puis la rupture. L'une et l'autre s'interrogent sur leur histoire, chacune dans son douloureux monologue.
Ce roman est très émouvant. Il évoque avec subtilité la complexité des relations, la difficulté à maintenir une amitié quand le temps passe. Tout sonne juste. Avec ce qu'il faut de psychologie, l'auteur explore les pensées de ces deux femmes sans jugement, et nous laisse nous faire notre opinion sur leur histoire.
Cécile et Alice à 16 ans étaient inséparables ; nous étions en 1981. Trente ans après, elles s'évitent soigneusement et toute communication a l'air vaine. Que s'est-il passé ? Cécile après un accident, est plongée dans un semi-coma. Alice quand à elle vient d'être quittée par son mari. Quand elle apprend la situation de Cécile, le passé lui revient comme un boomerang. Une histoire bouleversante à deux voix magistralement racontée.
Quand s'ouvre le roman, le 10 mai 1981, Alice et Cécile ont seize ans. Trente ans plus tard, celles qui depuis l'enfance ne se quittaient pas se sont perdues.
Alice, installée dans un café, laisse vagabonder son esprit, tentant inlassablement, au fil des réflexions et des souvenirs, de comprendre la raison de cette rupture amicale, que réactivent d'autres chagrins. Plongée dans un semi-coma, Cécile, elle, écrit dans sa tête des lettres imaginaires à Alice.
Tissant en une double trame les décennies écoulées, les voix des deux jeunes femmes déroulent le fil de leur histoire. Depuis leur rencontre, elles ont tout partagé : leurs premiers émois amoureux, leurs familles, leur passion pour la littérature, la bande-son et les grands moments des «années Mitterrand». Elles ont même rêvé à un avenir professionnel commun.
Si, de cette amitié fusionnelle, Kéthévane Davrichewy excelle à évoquer les élans et la joie, si les portraits de ceux qu'Alice et Cécile ont aimés illuminent son livre, elle écrit aussi très subtilement sur la complexité des sentiments. Croisant les points de vue de ses deux narratrices, comme à leur insu, elle laisse affleurer au fil des pages les failles, les malentendus et les secrets dont va se nourrir l'inévitable désamour.
Car c'est tout simplement de la perte et de la fin de l'enfance qu'il s'agit dans ce roman à deux voix qui sonne si juste.
KÉTHÉVANE DAVRICHEWY est née à Paris. Après de nombreux ouvrages pour la jeunesse à L'École des loisirs et un premier roman en 2004 (Tout ira bien, Arléa), elle a publié en 2010 chez Sabine Wespieser éditeur La Mer Noire, qui a remporté plusieurs prix et été traduit en allemand, en italien, en néerlandais et en suédois.
Pour son troisième roman, Kéthévane Davrichewy explore la mémoire et le deuil d'une relation. Un très beau livre...
Il n'y a pas de morale de l'histoire dans Les Séparéesmais l'auteur pose la question essentielle de la perte et de la force intérieure. Reste la mémoire, explique la romancière. La seule chose qui ne peut pas être enlevée. Grâce à elle, les filles grandissent. Certaines se fortifient, d'autres sombrent. Kéthévane Davrichewy le dit sans pesanteur. Son écriture est aérienne, sa construction délicate. Quand elle commence un texte, elle laisse aller le flot, les mots et les phrases, puis elle nettoie, cherche le squelette et retire ce qui lui semble inutile. Cinq cents pages sont devenues cent quatre-vingts. Pourtant, elle n'est pas elliptique mais directe, tantôt souple et calme, tantôt en accéléré, toujours juste. En écrivant pour les jeunes lecteurs, elle a appris qu'il ne fallait pas se perdre dans les détails. Cette bonne école lui a donné une énergie et l'envie de ne pas fermer les portes de la fiction pour donner des réponses définitives à toutes nos inquiétudes et nos envies. Comme le chante Julien Clerc : "Ce n'est rien, tu le sais bien le temps passe, ce n'est rien..."
Kéthévane Davrichewy raconte l'amitié dans un roman sans complaisance, mais empreint d'une grande sensibilité. C'est un roman dense et lumineux, magnifiquement construit et dont les dernières pages vous collent un frisson qui ne vous lâchera pas de sitôt. N'en parlons pas, donc, de ces dernières pages. Suspense ? Oui, dans une histoire d'amour, il y a toujours plus de suspense qu'on ne le croit...
Avec des phrases très simples, elle évoque l'inceste, la haine, l'indifférence, le mépris. Aucune démonstration. Aucun pathos. Pas de lyrisme. Les mots claquent. Jusqu'au final, étourdissant.
La liberté n'existe pas pour ces filles sous emprise. Cet amer constat donne une tonalité inquiétante à ce roman sur le mensonge et la manipulation qui scellent toute amitié...
Troublante est l'aptitude de la romancière à panser les blessures. Son livre multiplie les scènes d'hôpital, lieu de repos et de pages tournées, sans que jamais les brumes de la tristesse se répandent. Avec cette écriture très vive, toujours en forme de balancier énergique et aérien, Kéthévane Davrichewy ajoute une pierre à son oeuvre sur les rayonnements de la réparation.
La vie n'est qu'une longue perte, Kéthévane Davrichewy entreprend de nous en faire un récit dans son troisième roman, Les Séparées.Pari gagné : la jeune auteur tisse d'une manière délicate la trame d'un livre subtil et jamais ennuyeux qui saisit des émotions réelles...
Ce roman à l'art sans vanité, qui ne fait pas la roue, nous fait éprouver des réponses. On peut y saluer un sens des dialogues, qui sont naturels, se lisent comme si on les entendait. Un certain âge des femmes, une fragilité, ce moment de la vie où elles réalisent qu'elles ne sont plus au commencement, nous touche. Plus rarement abordée par le roman que la rupture amoureuse, avec laquelle elle a des similitudes, la séparation amicale trouve ici un écrivain à la sensibilité assez juste pour n'être pas dénaturée par l'écriture.
Le visage de François Mitterrand se dessinait peu à peu sur l'écran de télévision. Ses parents, leurs amis bondissaient hors des canapés, poussaient des hurlements. Alice fixait Cécile, qui sortit de la pièce, la démarche nonchalante tranchant au milieu de l'hystérie collective. Ses soeurs la saisirent maladroitement, lui piétinèrent les pieds. Ses grands-parents s'étaient levés, la serrant jusqu'à l'oppresser. Alice ne distinguait plus les visages, ne décelait aucune expression, les individus familiers qui composaient le dîner quelques instants auparavant ne faisaient plus qu'un. Elle fut entraînée dans une danse titubante qui occupa l'espace du salon-salle à manger-cuisine de l'appartement où ils vivaient. Leurs cris faisaient écho à ceux de la rue, aux commentaires des présentateurs de télévision.
Alice parvint à se détacher de la cohue et se réfugia près de la fenêtre. Sur le boulevard, une foule avait envahi les trottoirs, les voitures ralentissaient, klaxonnaient, les conducteurs et leurs passagers avaient baissé les vitres, se penchaient au dehors, brandissaient des pancartes, agitaient les bras, les mains. La fièvre, la fierté, contagieuses, l'envahirent. Ils avaient gagné.
Puis l'euphorie retomba, chacun s'assit, reprit son souffle. Alice rejoignit Cécile dans la chambre. Une petite pièce, meublée de trois couchages, trois bureaux escamotables, trois tables de nuit identiques, qu'elle partageait avec Salomé et Nine.
Allongée sur le lit d'Alice dans la position du foetus, Cécile feuilletait l'anthologie de la poésie française, dont les pages étaient froissées, presque déchirées à force d'avoir été consultées. Elles avaient ensemble souligné des vers, coché des passages pour préparer le bac de français, mais aussi pour se rappeler les extraits de leurs poèmes préférés. Parti Smith, dont la voix grave résonnait sans relâche dans l'intimité des salles de bains, recopiait dans des carnets l'intégralité des poèmes qu'elle aimait. Alice et Cécile l'imitaient, espérant fébrilement inventer un jour, à leur tour, un autre monde. Devenir des artistes.
- Tout ça te gêne ? demanda Alice.
- Oui, répondit Cécile sans lever les yeux.
Elle n'aurait pas eu besoin de répondre, Alice devinait et comprenait sans les mots. Cécile se redressa et se tourna enfin vers elle.
- Tu n'appelles pas ta mère ? demanda Alice.
- Elle doit être dans le même état que tes parents, répondit Cécile, qu'elle se défoule.
Et elle se mit à rire. Les rires de Cécile étaient rares et fusaient au moment où on ne les attendait plus.
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