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.. Tant que nous n'aurons pas de visage

Couverture du livre Tant que nous n'aurons pas de visage

Auteur : Clive Staples Lewis

Traducteur : Marie de Prémonville

Date de saisie : 30/11/2011

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : Anne Carrière, Paris, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 9782843376221

GENCOD : 9782843376221

Sorti le : 15/09/2011

  • Les présentations des éditeurs : 30/11/2011

Le roi de Glome a trois filles : Orual, la malaimée, Redival, jalouse et belliqueuse, et enfin Istra, enfant dont la beauté surnaturelle va bientôt lui valoir l'adoration du peuple et la colère de la déesse Ungit et de son clergé.

Après une saison de sécheresse et de famine, le roi, acculé par les prêtres, consent à offrir Istra en sacrifice au monstre de la montagne

Pour venger sa soeur, Orual se lance dans une lutte acharnée contre son père, les traditions de son royaume et la tyrannie d'Ungit. Elle ne pourra compter dans sa quête que sur deux alliés : le Renard, son précepteur grec, qui rêve de faire d'elle un monarque éclairé, et Bardia, le capitaine des gardes, qui l'aidera à devenir une guerrière accomplie.

Lorsqu'il acheva le dernier volume du Monde de Narnia, C.S. Lewis (1898-1963) était loin de se douter qu'il ferait de lui une superstar. Traduit dans plus de 27 langues et vendu à plusieurs millions d'exemplaires à travers le monde, il représente l'un des plus gros succès littéraires et cinématographiques de ces dernières décennies.
Membre du très sélect groupe des Inklings d'Oxford avec son ami J.R.R. Tolkien, Lewis, malgré le succès commercial de Narnia, a toujours considéré Tant que nous n'aurons pas de visage comme sa plus grande réussite romanesque.


  • Les courts extraits de livres : 30/11/2011

Je suis âgée, à présent, et n'ai plus guère à redouter le courroux des dieux. Je n'ai ni époux ni enfants, et pas plus d'amis, par qui ils pourraient m'atteindre. Pour ce qui est de mon corps, cette charogne émaciée qu'il faut pourtant toujours laver, nourrir et changer d'innombrables fois chaque jour, ils peuvent le tuer aussitôt qu'il leur plaira. Ma succession est assurée. Ma couronne ira à mon neveu.
Étant, pour toutes ces raisons, libre de toute crainte, j'écrirai dans ce livre ce que quiconque ayant la moindre raison d'être heureux n'oserait énoncer. J'accuserai les dieux : et, en particulier, celui qui vit au sommet du mont Gris. Je narrerai depuis le début le récit de ses méfaits à mon endroit, comme si je portais mes doléances devant un juge. Mais il n'existe pas déjuge entre les dieux et les hommes, et le dieu de la montagne ne me répondra pas. Les terreurs et les fléaux ne peuvent tenir lieu de réponse. Je rédige ceci en grec, comme me l'a enseigné mon vieux maître. Un jour, peut-être, un voyageur venu des Terres grecques résidera de nouveau dans ce palais et lira ce livre. Ensuite, il en parlera parmi les Grecs, chez qui règne une grande liberté de parole, y compris au sujet des dieux eux-mêmes. Peut-être leurs sages sauront-ils démêler si ma plainte contient quelque vérité, ou si le dieu, eût-il fait une réponse, aurait pu se défendre.
J'étais jadis Orual, fille aînée de Trom, roi de Glome. Pour le voyageur venu du sud-est, la cité de Glome se dresse sur la rive gauche du fleuve Shennit, à une journée à peine au-dessus de Ringal, qui est la dernière ville au sud à appartenir au royaume de Glome. La cité est bâtie en retrait du fleuve, à une distance parcourue par une femme en un tiers d'heure environ ; car le Shennit inonde ses berges, au printemps. L'été, à l'époque que je décris, une boue sèche tapissait les deux rives, parsemées de roseaux peuplés d'une quantité de gibier d'eau. À une distance comparable à celle qui sépare le Shennit de notre cité, si l'on chemine dans la direction opposée, se trouve la sainte maison d'Ungit. Et, au-delà de la maison d'Ungit (en poursuivant toujours vers l'est et le nord), l'on arrive rapidement aux contreforts du mont Gris. Le dieu du mont Gris, qui me déteste, est le fils d'Ungit. Toutefois, il ne demeure pas avec elle, Ungit vit seule. Dans le recoin le plus reculé de sa maison, elle reste assise dans une obscurité si dense qu'on ne la distingue qu'à peine, hormis en été, où il tombe assez de lumière des conduits de cheminée pour la discerner un peu mieux. Elle est de pierre noire, sans tête ni mains, et c'est une grande déesse. Mon vieux maître, que nous appelons le Renard, disait que c'était cette même divinité que les Grecs nomment Aphrodite ; mais j'ai pris le parti d'écrire tous les noms de lieux et de personnes dans notre propre langue.


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