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.. Vice et Versailles : crimes, trahisons et autres empoisonnements au palais du Roi-Soleil

Couverture du livre Vice et Versailles : crimes, trahisons et autres empoisonnements au palais du Roi-Soleil

Auteur : Alain Baraton

Date de saisie : 10/02/2012

Genre : Histoire

Editeur : Grasset, Paris, France

Collection : Document

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-246-76651-3

GENCOD : 9782246766513

Sorti le : 05/10/2011

  • Le courrier des auteurs : 08/02/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis un jardinier qui a la chance depuis 1976 de travailler dans l'un des plus beaux jardins du monde : Versailles. Je suis aussi un chroniqueur radio qui se bât pour défendre au mieux le métier qui est le mien, l'environnement, et les arbres, victimes depuis toujours de la bêtise des hommes.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le palais du Roi Soleil a une part d'ombre, méconnue : mon livre est une invitation à découvrir les tragédies, les crimes, les trahisons dont le château fut la cause ou le témoin.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Mon souhait le plus cher serait qu'une plaque, même modeste, rappelle que ce palais de conte de fées est aussi celui des drames et des malheurs, car je ne peux ni ne veux oublier ceux, et ils sont nombreux, qui ont souffert dans leur chair et payé de leur vie pour nous permettre aujourd'hui de contempler et d'apprécier le château des rois, Versailles

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Pas une, mais des musiques en fonction des chapitres : rock pour les histoires contemporaines, menuet pour les aventures galantes, et Te deum (Mozart) pour les manoeuvres qui ont perdu la vie en construisant le palais.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Ma passion des jardins, du château et de l'Histoire de France, la vraie, celle qui n'est ni transformée, ni falsifiée. Et la petite histoire, celle des anonymes, ceux qui ont tout inventé, tout construit et qui n'ont, et c'est injuste, aucune gloire posthume.


  • Le courrier des auteurs : 08/02/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Alain Baraton, un jardinier qui travaille depuis 35 ans dans le parc de Versailles.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Versailles : l'envers du décor.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Au palais des monarques, le drame est roi : assassinats, forfaits en tous genres, règlements de compte, empoisonnements, attentats, disparitions, duels, vols et complots hantent le domaine. Versailles, c'est la grande boutique des horreurs

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Tantôt une musique de chambre, tantôt une symphonie.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Ma passion du château et de ses jardins et la petite histoire, la vraie.


  • Les présentations des éditeurs : 08/02/2012

Au palais des monarques, le drame est roi : assassinats, forfaits en tous genres, règlements de compte, empoisonnements, attentats, disparitions, duels, vols et complots hantent le domaine. Versailles, c'est la grande boutique des horreurs. Attention toutefois, l'histoire, dans la demeure de Louis XIV, a le goût du classicisme et de la bonne mesure : pas de chiens écrasés en costume d'époque, mais des machinations, machiavéliques, implacables comme des tragédies grecques, des meurtres, sanglants, atroces, mais qui ne laissent pas de taches, des mystères, épais comme le velours des tentures et qui n'ont jamais été élucidés. Le palais du Roi Soleil a aussi une part d'ombre, méconnue : plongeons en frissonnant, dans son éclatante obscurité.

Alain Baraton travaille depuis plus de trente ans dans le parc de Versailles et dans le domaine de Trianon, dont il est le jardinier en chef. Il est l'auteur, entre autres, du Jardinier de Versailles (Grasset, 2006) et de L'amour à Versailles (Grasset, 2009). Il tient une chronique hebdomadaire de jardinage sur France Inter (Je plante donc je suis, Grasset/France-Inter, 2010) ainsi que sur France 2.


  • Les courts extraits de livres : 10/02/2012

Jardin fatal

Le ridicule ne tue pas. Certains l'ignorent encore. A l'hiver 1983, je ne suis pas jardinier en chef mais «adjoint au chef de service», c'est-à-dire que j'ai le privilège incroyable de jouir d'un coin de table en formica dans un bureau poussiéreux. Comme je partage la pièce avec le responsable je suis informé des moindres faits et gestes se déroulant dans le parc du château. Mon bureau est à l'image de ces années-là, «fonctionnel», de mauvais goût, mal fini, tout à l'économie. Le téléphone gris à cadran, qui me martyrise à longueur de journée, retentit en début d'après-midi, alors que je finis un sandwich, ayant préféré la tranquillité au froid qui règne à l'extérieur. Je suis seul. Mon supérieur est sorti, un déjeuner qui ne le ramènera que d'ici deux ou trois heures, car - c'est bien connu - l'élévation dans toute hiérarchie se mesure à la longueur de la pause prandiale.
Un des jardiniers, la voix tremblante, m'annonce qu'un suicide est à craindre juste devant le restaurant de La Flottille. Une femme, dit-il, attablée en terrasse, contemple l'ombre sombre de la pièce d'eau du Grand Canal. Accablée et résignée, elle semble insensible à tout ce qui l'environne, à commencer par le vent glacé qui souffle ce jour-là. À cette époque où il est loisible de fumer dans les restaurants, s'attarder à une terrasse, en plein hiver à Versailles, est le signe d'un désarroi profond, à moins d'avoir un chien, ce qui n'est pas le cas. Il en faut d'ordinaire davantage pour que mes collègues soient si alarmés, mais, en la circonstance, la dame a choisi pour accompagner sa boisson un parpaing, qu'elle a posé sur la chaise en face d'elle.
Alerté, j'enfourche la mobylette 103 qui me sert alors de véhicule de fonction dans les allées du parc et me dirige vers la guinguette. La Flottille n'est pas un endroit où l'on va s'attabler seul, me dis-je en chemin. Le restaurant n'a pas été rénové depuis sa construction en 1895. Vieillot et compassé, il est le rendez-vous familial par excellence, celui où l'on troque le rosbif dominical de belle-maman pour une sole meunière. Les amoureux et les solitaires n'y vont guère, ils préfèrent la solitude, ou la discrétion, des bosquets alentour. Bref, tandis que mon vélomoteur hoquette, je suis un tantinet inquiet.


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