Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Alix Etournaud
Date de saisie : 14/12/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Lattès, Paris, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-7096-3669-8
GENCOD : 9782709636698
Sorti le : 12/10/2011
1) Qui êtes-vous ? !
De formation littéraire (Hypokhâgne, Sciences Po, CFPJ, Master en management des médias), je suis journaliste de presse écrite et j'ai notamment collaboré aux magazines féminins Marie-Claire, Cosmopolitan et Marie-France.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
La brutalité de la trahison amoureuse et le fracas familial qui en découle.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«La réalité, je préfère l'enfouir dans un coin de ma tête au fin fond du lobe frontal ou la noyer dans mon liquide céphalo-rachidien, oui je préfère lui ligoter pieds et mains, la bâillonner, la lester puis la balancer dans la Vologne ou dans les méandres de mon cerveau, je préfère être distraite, amnésique, alzheimer.»
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
«Shake it out» de Florence + the Machine pour le texte et pour le rythme.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le sentiment que le non-dit est le poison de l'existence.
«Et même si la Pythie de Delphes m'avait prédit qu'un jour ma vie se retrouverait étalée sur deux pages passablement imprimées dans la presse à scandale, je n y aurais pas prêté la moindre attention parce que ça n'arrive qu'aux autres, qu'aux people en mal de publicité, qu'aux acteurs tout juste pubères de Twilight, qu'aux chanteuses décolorées, qu'aux filles ou aux fils de, qu'aux princesses désemparées ou juste mariées et déjà divorcées. Pas mon monde tout ça. Surtout pas mon monde.»
Alix Etournaud vit à Paris. Mieux vaut en rire est son premier roman.
Longtemps je me suis sentie presque coupable de n'avoir pas souffert, coupable d'avoir été plutôt gâtée par l'existence, si j'excepte la mort brutale de mon père d'une crise cardiaque.
J'étais alors enceinte de cinq mois, une vie en avait chassé une autre, instinctivement je me suis cramponnée à la nouvelle.
Oui, longtemps, je me suis sentie privilégiée et j'ai parfois, je l'avoue, cédé à la facilité.
Est-ce parce que je suis née dans la seconde moitié du XXe siècle, que je n'ai pas connu les affres de la guerre comme mes grands-parents franco-japonais, ou le déracinement vécu par mes parents quittant Casablanca quelques années après l'Indépendance, que je n'ai pas non plus été traumatisée par la montée du communisme, la Guerre Froide, l'assassinat de Kennedy, que je biberonnais en mai 68, et portais encore des couches à la création du MLF ? Parce que je n'ai pas vécu d'enfance à la Dickens, mais été une petite fille unique, choyée, aimée, que j'ai élevé trois hamsters et une bonne dizaine de poissons rouges gagnés à la pêche au canard du Jardin d'Acclimatation, remporté le «prix du rire communicatif», découvert «Bonne nuit les petits» en noir et blanc, enchaîné en couleur avec «L'île aux Enfants», qu'il y avait du Banga et des Fraises Tagada à mes anniversaires, des poupées Barbie sous mon sapin, et plus tard un T-shirt Fruit of the Loom et des mocassins indiens ? Est-ce parce que je n'ai jamais redoublé ni rencontré de difficulté scolaire, d'ailleurs j'ai aimé étudier, que je n'ai quasiment pas eu d'acné ni, autant que je m'en souvienne, de crise d'adolescence, que je n'ai pas eu besoin de me battre pour porter un pantalon, un jean ou une mini-jupe au lycée, obtenir le droit à l'avortement, prendre la pilule ou sortir en boîte, que j'ai décroché le bac avec mention, discrètement végété en hypokhâgne, intégré une grande école et fourni le minimum syndical pour en sortir diplômée ? Est-ce parce que je suis tombée amoureuse avant les années sida, que j'ai donné naissance à un garçon, puis à une fille, le choix du roi à ce qu'il paraît, sans régime salé ou sucré ni procréation médicalement assistée, ni même de dépression post-natale ou de difficulté à retrouver ma ligne, puis obtenu des places en crèche sans piston tout en exerçant un métier qui m'amusait à défaut de me passionner ?
Probablement.
Il faut un début à tout.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia