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.. Meurtre au cinéma forain : sur les pas de Méliès

Couverture du livre Meurtre au cinéma forain : sur les pas de Méliès

Auteur : Renée Bonneau

Date de saisie : 05/12/2011

Genre : Policiers

Editeur : Nouveau Monde éditions, Paris, France

Collection : Roman historique

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 978-2-84736-639-6

GENCOD : 9782847366396

Sorti le : 04/11/2011

  • Le courrier des auteurs : 20/12/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis un ancien professeur agrégé des Lettres classiques. J'ai également enseigné l'analyse de films. J'écris de puis ma retraite des anthologies et des romans policiers historiques ainsi qu'un roman autour de la bataille de Monte Cassino (Requiem pour un jeune soldat, 2011 ed. du Nouveau Monde)

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le thème central de Meurtre au cinéma forain, sur les pas de Méliès, est l'histoire de la réalisation et du lancement du Voyage dans la Lune (1902) à laquelle je mêle - c'est le principe de mes ouvrages - une intrigue policière et l'évocation du climat social, culturel et politique de l'époque.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Georges Méliès, quand il reprit un fiacre en fin de soirée, était heureux. Il avait trouvé le moyen de convaincre ses clients forains, ce dont il n'avait d'ailleurs jamais douté. Le Voyage dans la Lune allait connaître un succès mondial et faire la fortune et la gloire de la Maison Méliès.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Je pourrais imaginer, comme Kubrick pour l'Odyssée de l'espace, une valse de Strauss, mais à tout prendre et pour rester dans l'époque, je choisirais un piano accompagnant les images, comme cela se faisait à l'époque du muet.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
J'aimerais partager avec mes lecteurs cette admiration pour Geoirges Méliès que j'exprime dans ma dédicace à mes petits-enfants.

«Pour que le public, habitué aux prouesses des effets spéciaux numériques, sache quelles inventions et quels bricolages de génie leur ont, il y a plus d'un siècle, ouvert la voie»


  • Les présentations des éditeurs : 20/12/2011

Été 1902. Georges Méliès achève son Voyage dans la Lune, dans lequel il a déployé toute son inventivité et sa maîtrise d'époustouflants trucages. Les forains, d'abord réticents en raison de la longueur du film et de son prix, se décident à l'acheter et le projettent immédiatement au public de la Foire de Neuilly. C'est un énorme succès.
Mais la fête tourne au drame, avec les incendies de chapiteaux et de roulottes, et un meurtre qui parodie horriblement la célèbre affiche du film. S'agit-il de rivalités entre forains ? De vengeances d'employés renvoyés ? D'une campagne contre le cinéma, responsable cinq ans auparavant de l'incendie du Bazar de la Charité ? Les tracts «Plus de cinéma, plus de catastrophes» viennent de réapparaître : peut-être signent-ils la vengeance de parents de victimes ?
À moins que ce soit Georges Méliès que l'on veuille atteindre à travers ses clients ? L'effraction de son atelier de prises de vues et le vol de certains films le font craindre à Louis Berflaut, l'inspecteur de la Sûreté, d'autant que son jeune ami le journaliste du Figaro vient d'être sauvagement agressé après son article enthousiaste sur le cinéaste.

C'est après bien des recherches, analyses scientifiques et interrogatoires que, dans un jardin de banlieue, Berflaut découvrira les preuves et les très graves enjeux de cette entreprise criminelle.

Auteur de romans historiques. Renée Bonneau a déjà publié, chez Nouveau Monde éditions, Danse macabre au Moulin Rouge (2007), Sanguine sur la Butte (2010), deux précédentes enquêtes de l'inspecteur Berflaut, et Requiem pour un jeune soldat (2011).


  • Les courts extraits de livres : 20/12/2011

Juin 1902

- Attention, Bon Dieu ! La nef s'écroule !
Toute une partie du croisillon sud du choeur de l'abbaye de Westminster chancelait dangereusement. La tribune d'où les pairs et pairesses devaient assister au couronnement d'Edouard VII allait s'effondrer.
Le Roi s'était reculé à temps, ainsi que la Reine, qui poussa un cri, trébucha et se prit les pieds dans sa traîne.
Georges Méliès, en bras de chemise, quittant d'un bond sa caméra, se précipita avec son décorateur et ses deux assistants opérateurs pour redresser et plaquer contre le mur l'énorme décor construit en dur. Réalisé morceau par morceau, puis assemblé, ses dimensions lui interdisant d'entrer dans l'atelier de pose, il avait été placé à l'extérieur, contre le mur nord de la propriété. «Atelier de pose» : c'est ainsi qu'il appelait son studio, une immense verrière qu'il avait construite en 1897 dans le jardin potager de la maison familiale de Montreuil, puis agrandie deux ans plus tard pour offrir un champ plus large à la caméra.
Ce décor était à la merci des intempéries, aussi fallait-il tourner assez vite.
La Reine Victoria était morte en janvier 1901, après un règne de soixante-quatre ans, et son fils, monté sur le trône à soixante et un ans, ne pouvait espérer l'occuper aussi longtemps que sa mère. D'ailleurs cet homme affable, noceur réputé, ne semblait pas avoir jamais rêvé d'un tel privilège.
Après les impressionnantes obsèques de la Souveraine, il fallait offrir à ses sujets le spectacle fastueux d'un nouveau sacre. Méliès avait reçu commande, par l'intermédiaire de son correspondant à Londres, des «vues animées» du couronnement, qui aurait lieu le 24 juin.
Le cahier des charges établi par Lord Esher, maître des cérémonies, prévoyait que Méliès tournerait en direct l'arrivée à Westminster, et le départ du cortège. Comme il était évidemment impossible, tant pour des raisons d'éclairage que de protocole, de filmer la cérémonie elle-même, celle-ci serait tournée en studio et réduite à six minutes.
On avait choisi le moment le plus solennel, celui du sacre proprement dit. Méliès s'était rendu à Londres pour prendre des croquis de l'intérieur de l'abbaye, et son correspondant lui en envoyait d'autres, annotés de sa main. L'orgue devait être bien visible, car on jouerait pendant la projection une musique d'accompagnement. Et surtout - plusieurs notes insistaient sur ce point - l'acteur jouant le Roi devait être plus grand que l'actrice jouant la Reine, alors qu'en réalité celle-ci dépassait son époux d'une bonne tête. Méliès avait aussi reçu des magazines illustrés où le Roi paraissait en grand uniforme, qu'il avait fait reproduire à l'identique dans son atelier de costumes.


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