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Auteur : André Klopmann
Date de saisie : 01/12/2011
Genre : Dictionnaires, encyclopédies
Editeur : Slatkine, Genève, Suisse
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-8321-0475-0
GENCOD : 9782832104750
Sorti le : 03/11/2011
Ce dictionnaire se lit comme un récit et propose une manière originale de découvrir Genève. Précise et documentée, chaque définition ouvre de nouveaux tiroirs : c'est un ouvrage transversal, ludique et délassant.
On entre dans la narration par n'importe quelle page. Passé et présent se côtoient. Petite et grande histoire s'entremêlent. Vie sociale, politique, économique ou culturelle forment une chaîne dont l'auteur s'amuse à mélanger les maillons.
Depuis trente ans, André Klopmann travaille sa chronique de Genève comme un exercice de style. Dans ce nouvel ouvrage, il assume des choix plus personnels pour inviter à partager sa connaissance d'une société et d'un territoire qu'il saisit intimement.
C'est un livre de référence, un portrait collectif, un recueil d'anecdotes.
A
ADOR, Gustave - Avec un tel patronyme, cet avocat né en 1845 dé bonne famille - son père était banquier et son oncle s'appelait Gustave Moynier - ne pouvait guère échapper aux têtes de liste. Alors commençons par lui. A vrai dire, c'est justice rendue à l'un des rares conseillers fédéraux genevois et plus encore : à un homme qui a marqué son temps par ses engagements internationaux et sa présidence durant dix-sept ans du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Par son univers, sa formation et ses engagements, Ador a personnifié une certaine idée de la Genève libérale protestante, humaniste et internationale de son temps. Tout est déjà dans son cursus : banque, brevet d'avocat, CICR, Société des Nations (voir Genève internationale*). La politique a consolidé l'ensemble. Ador en effet a fréquenté presque tous les conseils* de son époque. A Genève, il a siégé quarante et un ans, sans discontinuer, soit au Grand Conseil soit au Conseil d'État (deux fois), dont il a occupé le portefeuille des finances. A Berne, il a passé deux ans au Conseil national puis huit au Conseil des États. Élu conseiller fédéral en 1917, président de la Confédération en 1919, Ador a pris en charge les Affaires étrangères puis l'Intérieur. Il a épaulé le président américain Wilson dans son projet d'installer à Genève la Société des Nations (SDN) mais n'est pas resté longtemps au gouvernement : sitôt achevée son année de présidence, bouleversé par les ravages des gaz de combat dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, il a quitté le Conseil fédéral pour se mettre au service de la SDN et du CICR. A ce titre, il a oeuvré à la réalisation d'un protocole d'interdiction de tels gaz qui fut signé en 1925, trois ans avant sa mort. Ador reste le seul libéral suisse à avoir accédé au Conseil fédéral. La fusion au XXIe siècle des partis radical et libéral fait qu'il conservera vraisemblablement ce titre.
AGRICULTURE - Non, Genève n'est pas un canton-ville urbanisé à mort et coulé sous le béton. Qu'on y circule difficilement en voiture, d'accord. Qu'on y manque chroniquement de logements, c'est entendu. Que toute construction périphérique s'effectue au prix de débats politiques ardents sur la nécessité de changer l'affection des sols, c'est une réalité. Seulement voilà : si les élus genevois sont prompts à se crêper le chignon sur l'affectation des zones agricoles, c'est que, justement, Genève est fière de ses zones cultivées. Plus de la moitié de son territoire est rural. Plus de 40 % de sa surface totale est agricole - davantage que la moyenne nationale, laquelle oscille entre 37-38 % - et la zone forestière porte la surface verte à 65 %. A Genève, troisième vignoble de Suisse, on produit d'excellents vins qui ont depuis longtemps cessé de faire ricaner les cantons rivaux. C'est aussi le troisième canton du pays au classement des cultures de serres et de tunnels, le septième producteur de colza et le... premier pour ce qui est des aubergines, des tomates (20 % de la production nationale) et des lentilles.
Il y a des bisons dans le canton et près de quatre cents exploitations agricoles qui veillent à préserver Genève des excès d'une urbanisation gourmande. Pour être honnête, la production genevoise est relativement modeste au regard du total suisse : de l'ordre de 1 %. Mais la qualité de ses productions, l'étendue de ses paysages et ses spécialités caractéristiques, comme le cardon épineux argenté de Plainpalais (d'appellation d'origine protégée) contrastent le mythe de la ville-reine. C'est d'ailleurs pour cela que Genève raisonne en terme d'agglomération : non seulement parce que Vaud et France voisine constituent, avec elle, un même bassin de population devant se loger, circuler et travailler mais, aussi, parce que la préservation du paysage, des zones vertes et de celles agricoles exige une répartition des activités concertée au-delà des frontières du canton.
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