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.. Vincent, gentilhomme galant. Volume 5, La rose de porcelaine : 1800-1810

Couverture du livre Vincent, gentilhomme galant. Volume 5, La rose de porcelaine : 1800-1810

Auteur : Arlette Aguillon

Date de saisie : 09/12/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Archipel, Paris, France

Prix : 20.99 € / 137.69 F

ISBN : 9782809804904

GENCOD : 9782809804904

Sorti le : 30/11/2011

  • Le courrier des auteurs : 16/12/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Une pessimiste incohérente qui a fait deux enfants, consacré une moitié de sa vie à l'enseignement, et continue à traiter sa névrose en plantant des arbres et en écrivant des livres optimistes.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
En 1800, un aventurier libertin, fervent partisan des Droits de l'homme, hérite d'une centaine d'esclaves et d'une plantation de cannes à sucre à l'île Maurice. Ce changement de condition va-t-il modifier ses convictions ? Confronté aux décrets abolitionnistes, aux esclaves marrons et à une fillette ingénue, va-t-il rejoindre le camp des «Amis de la Liberté et de l'Égalité» ou celui des «Amis de l'Ordre» ?

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
[... mon père ? Diable ! Allais-je lui dire «mon père, le marquis de Sade, est tantôt enfermé à la Bastille pour dettes, tantôt à Vincennes pour débauche outrée» ? Je sucrai prudemment le portrait : - Le marquis mon père vit à Paris, cher ange ; il est homme de lettres ; certains le disent philosophe...]

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La valse de Berlioz (Symphonie Fantastique, 2nd Mvt)
Bien qu'elle soit légèrement anachronique puisque créée en 1830, c'est cette valse follement romantique qui tournoyait dans ma tête, avec ses grondements, ses éclipses et ses éclats, tandis que j'écrivais les scènes de bal et d'amour.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Mon goût pour l'Histoire et les histoires qui, sans devenir des pensum, nous aident à comprendre d'où vient et où peut aller notre monde.


  • Les présentations des éditeurs : 16/12/2011

1800. Ambassadeur du pacha de Djeddah auprès de Bonaparte, Vincent s'embarque sur la mer Rouge pour regagner la France via l'Égypte. Un naufrage le déroute vers l'océan Indien où croise la corvette de Robert Surcouf.

Vincent suit le célèbre corsaire sur l'Île-de-France, future île Maurice. Séduit par la beauté du lieu, il y découvre la canne à sucre, la vie coloniale avec ses intrigues, ses élégances et ses esclaves que l'on n'est pas pressé d'affranchir malgré les décrets abolitionnistes. La politique le tente, ainsi qu'une délicieuse ingénue, aussi naïve et libertine qu'il l'était à ses débuts. Mais une dernière épreuve l'attend...

Avec ce cinquième volume de la saga «Vincent, gentilhomme galant», Ariette Aguillon fait revivre, avec la verve coquine qu'on lui connaît, la première décennie du XIXe siècle : l'époque des corsaires et des flibustiers qui faisaient alors la loi sur les mers.

Romancière, Ariette Aguillon a été l'élève de Georges Duby et de Raymond Jean à la faculté d'Aix-en-Provence. Auteur de Rue Paradis (Archipoche, 2009), La Maîtresse du Moulin, Le Puits aux frelons (L'Archipel, 2008 et 2009), elle réside à Néoules dans le Var.


  • Les courts extraits de livres : 16/12/2011

La mer Rouge n'est pas rouge quoi qu'en pensent les cuistres et les ignares qui ne sont pas allés y voir. Ceux-ci expliqueront même à ceux-là pourquoi elle est rouge, et ces derniers le colporteront avec assurance, comme le tenant de docteurs dignes de foi, ou prétendant même l'avoir vue de leurs yeux. Tantôt ils vous feront la chanson d'une algue rubiconde à son agonie, tantôt ils évoqueront la teinte des coraux qu'on y trouve, sans s'inquiéter du fait qu'ils sont blancs dans cette partie du monde. Pour étayer leur démonstration, quelques caciques vous parleront grec ou latin, ce qui fait toujours son effet et coupe court à la controverse. Les polyglottes vous feront la traduction du mot «rouge» dans toutes les langues du monde, les férus d'histoire ancienne iront vous chercher des preuves dans V Odyssée, les dévots dans le Livre, les amateurs d'obscurités dans la Kabbale. Moïse, Hérodote, Strabon ou même ce bavard de Pythéas n'auraient-ils point glosé sur le thème, eux qui avaient tant à dire sur tant de choses ? Et même s'ils ne l'ont pas fait, ne doit-on pas entendre leur silence comme l'attestation d'une merveille si universellement reconnue, qu'elle rend toute remarque la concernant superflue ? La prétention, la crédulité et la sottise des hommes sont infinies, et ce n'est pas demain qu'une révolution renversera le trône du roi des...
«Diable ! se diront les lecteurs, quelle méchante humeur ! Et peut-on commencer sereinement un récit en affichant tant de hargne envers le genre humain ? Cette aimable chronique va-t-elle tourner court et s'enliser dans la misanthropie ? On ne nous a guère préparés à si navrante dérive ! Jusqu'ici on péchait plutôt par excès d'indulgence envers des coquins qui ne méritaient pas la corde du gibet. Ainsi cet atroce Jourdan Coupe-Tête qu'on nous fit presque aimer, ce Rosetti sans morale avec qui nous rougissons d'avoir ri, At-Tawiil, ce prince moitié fou qui nous fit quasiment regretter de n'être ni guépard, ni anglais, et surtout ce vicomte impie et débauché paré de tant de charmes qu'il faillit nous précipiter avec l'auteur dans la bougrerie.»
Eh quoi ! Qu'on me pardonne ! J'en conviens : j'enrageais ! Et la couleur de la mer Rouge entrait pour peu dans cette acrimonie généralisée. Analys, ma bien-aimée, m'avait abandonné pour un émir arabe que je jugeais un sot bien qu'il se proclamât descendant du Prophète. Malgré sa belle figure, son ronflant pedigree, et son titre de gouverneur de Suakin, ce Jawad n'était qu'un moulin à prière de la plus consternante espèce, ce qui ajoutait à mon chagrin d'amour une cuisante blessure d'amour-propre. À cette double vexation venait s'ajouter comme un coup de grâce ce qu'Analys m'avait laissé entendre en me remettant ce maudit manuscrit que je croyais chassé de ma vie à jamais.
- Prends et lis-le... Tu comprendras...


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