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.. L'empire de la mort

Couverture du livre L'empire de la mort

Auteur : Paul Koudounaris

Traducteur : Richard Crevier

Date de saisie : 31/01/2012

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : du Regard, Paris, France

Collection : Arts plastiques

Prix : 49.00 € / 321.42 F

ISBN : 978-2-84105-277-6

GENCOD : 9782841052776

Sorti le : 20/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 09/02/2012

L'Empire de la mort
Histoire culturelle des ossuaires et des charniers
Paul Koudounaris

On dit souvent que la mort est le dernier tabou.
Il n'en a pas toujours été ainsi. Durant des siècles, des institutions religieuses, en majorité catholiques, construisirent des ossuaires et des charniers décorés qui demeurent des chefs-d'oeuvre d'un art créé à l'aide d'ossements humains.
Car, dans le monde moderne, occidental, nous avons fini par considérer la mort comme une frontière. Depuis les Lumières, comme l'a montré Jean Baudrillard, nous avons suivi une évolution au cours de laquelle «la mort a peu à peu cessé d'exister».
Les nombreux sites photographiés de manière spectaculaire par l'auteur de cette étude brillante et originale comprennent entre autres le monastère de Santa Maria délia Grazie à Païenne, où les vivants rendaient visite à des dépouilles momifiés ou squelettiques et les habillaient, les Catacombes de Paris - l'empire de la mort -, les crânes peints de Salzbourg et de fantastiques créations incrustées d'ossements en Allemagne, Autriche, Bolivie, Égypte, Espagne, Grèce, Pérou, Slovaquie, Suisse et ailleurs. Dans chacun de ces endroits la mort est vue comme un nouveau commencement : «La mort ferme les portes du temps et ouvre celles de l'éternité». Ce que nous appelons un mémento mori était également un mémento vitae. Commençant par étudier le fétichisme des ossements dans l'Antiquité, Paul Koudounaris analyse avec brio le rôle de ces remarquables mémoriaux au sein des cultures qui les ont créées ainsi que les mythologies et les folklores qu'ils ont suscités.
Ce livre traite d'un sujet négligé par la recherche universitaire et susceptible pourtant d'avoir de profondes résonances auprès d'un large public.

Paul Koudounaris vit à Los Angeles où il a obtenu un doctorat en histoire de l'art à UCLA. Pour la rédaction de ce livre, il a visité et photographié dans près de 20 pays plus de 70 sites contenant soit des ossements humains, soit un ossuaire d'église et un charnier.



  • La revue de presse Baptiste Liger - L'Express, décembre 2011

Pour comprendre les grands ossuaires, il faut d'abord admettre que notre idée de la mort ne correspond pas à un concept bien défini. Le sociologue français Jean Baudrillard, l'un des plus éminents théoriciens de la période récente, a défini la mort comme étant simplement la ligne de démarcation qui sépare les morts des vivants. Cette définition axiomatique implique que ce qui sépare les deux groupes peut être indéterminé. Qui dit vie dit nécessairement arrêt de la vie, mais le concept de mort lui-même est le produit d'une élaboration intellectuelle qui varie d'une société à l'autre. Pour le philosophe belge Raoul Vaneigem, «on ne meurt pas parce qu'il faut mourir : on meurt parce que c'est : un pli auquel on a contraint la conscience un jour, il n'y a pas si longtemps». Bien que nous ayons tendance à nous représenter la mort comme sans appel et inéluctable, les définitions et les interprétations qu'on en donne dépendant du contexte. Dans le monde occidental moderne, nous nous sommes mis à considérer la mort comme, une frontière. Il n'en va pas ainsi dans d'autres cultures où elle n'est qu'une transition et où le dialogue entre les formes vivantes et défuntes constitue une part importante du discours social. L'exemple le plus spectaculaire en est peut-être le famadihana (retournement des morts) encore pratiqué à Madagascar. Cette coutume funéraire consiste à retirer le corps d'un ancêtre de sa sépulture, à l'envelopper d'un nouveau linceul et à danser avec le cadavre au rythme d'une musique entraînante. Il peut même y avoir un repas familial lors duquel le défunt a sa place à table. Le rituel sert à unir les membres du groupe en renouant leurs liens avec les ancêtres et en familiarisant les plus jeunes avec leur histoire familiale. Bien que le famadihana n'appartienne pas à la tradition chrétienne, celle-ci n'est pas hostile à un dialogue avec les morts, et des pratiques similaires survivent dans certaines régions de la chrétienté. Chaque 2 novembre, à Pomuch au Mexique, les familles se rassemblent au cimetière pour retirer des tombes les ossements des défunts et les nettoyer. Lors de ce rite, le Di'a de los Muertos réussit à échapper au kitsch actuel pour être une véritable interaction intime entre les vivants et leurs ancêtres défunts Toujours en Amérique latine, la Fiesta de las Ñatitas, célébrée le 8 novembre partout en Bolivie, rassemble des milliers de gens qui portent des crânes au cimetière principal de La Paz [4-6]. Les vivants gardent les ñaritas (de petits crânes au nez carlin) chez eux afin d'être protégés par l'âme des défunts. La cérémonie est l'occasion de les remercier et de les honorer.


  • Les courts extraits de livres : 09/02/2012

Pour comprendre les grands ossuaires, il faut d'abord admettre que notre idée de la mort ne correspond pas à un concept bien défini. Le sociologue français Jean Baudrillard, l'un des plus éminents théoriciens de la période récente, a défini la mort comme étant simplement la ligne de démarcation qui sépare les morts des vivants. Cette définition axiomatique implique que ce qui sépare les deux groupes peut être indéterminé. Qui dit vie dit nécessairement arrêt de la vie, mais le concept de mort lui-même est le produit d'une élaboration intellectuelle qui varie d'une société à l'autre. Pour le philosophe belge Raoul Vaneigem, «on ne meurt pas parce qu'il faut mourir : on meurt parce que c'est : un pli auquel on a contraint la conscience un jour, il n'y a pas si longtemps». Bien que nous ayons tendance à nous représenter la mort comme sans appel et inéluctable, les définitions et les interprétations qu'on en donne dépendant du contexte. Dans le monde occidental moderne, nous nous sommes mis à considérer la mort comme, une frontière. Il n'en va pas ainsi dans d'autres cultures où elle n'est qu'une transition et où le dialogue entre les formes vivantes et défuntes constitue une part importante du discours social. L'exemple le plus spectaculaire en est peut-être le famadihana (retournement des morts) encore pratiqué à Madagascar. Cette coutume funéraire consiste à retirer le corps d'un ancêtre de sa sépulture, à l'envelopper d'un nouveau linceul et à danser avec le cadavre au rythme d'une musique entraînante. Il peut même y avoir un repas familial lors duquel le défunt a sa place à table. Le rituel sert à unir les membres du groupe en renouant leurs liens avec les ancêtres et en familiarisant les plus jeunes avec leur histoire familiale. Bien que le famadihana n'appartienne pas à la tradition chrétienne, celle-ci n'est pas hostile à un dialogue avec les morts, et des pratiques similaires survivent dans certaines régions de la chrétienté. Chaque 2 novembre, à Pomuch au Mexique, les familles se rassemblent au cimetière pour retirer des tombes les ossements des défunts et les nettoyer. Lors de ce rite, le Di'a de los Muertos réussit à échapper au kitsch actuel pour être une véritable interaction intime entre les vivants et leurs ancêtres défunts Toujours en Amérique latine, la Fiesta de las Ñatitas, célébrée le 8 novembre partout en Bolivie, rassemble des milliers de gens qui portent des crânes au cimetière principal de La Paz [4-6]. Les vivants gardent les ñaritas (de petits crânes au nez carlin) chez eux afin d'être protégés par l'âme des défunts. La cérémonie est l'occasion de les remercier et de les honorer.


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