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.. Supplément à la vie de Barbara Loden

Couverture du livre Supplément à la vie de Barbara Loden

Auteur : Nathalie Léger

Date de saisie : 08/03/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : POL, Paris, France

Collection : Fiction

Prix : 14.00 € / 91.83 F

ISBN : 9782818014806

GENCOD : 9782818014806

Sorti le : 05/01/2012

  • Les présentations des éditeurs : 11/05/2012

Elle voudrait tout y mettre... une âme lucide et apeurée se dissimulant dans une autre, le grand jeu héroïco-comique du désastre intérieur, l'incapacité à dire non, à se fâcher, à refuser, un paysage de charbon, quelques larmes, une grande actrice.

Nathalie Léger est née en 1960.



  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 4 janvier 2012

Intervenant à la première personne, introduisant dans le récit sa propre mère, aux côtés de la femme réelle ayant servi de modèle à Wanda, multipliant par ailleurs les incises et les références (de Delphine Seyrig à Marguerite Duras ou Sylvia Plath...), Nathalie Léger installe un subtil jeu de miroirs au centre duquel évolue la femme - sous tension, entre ses élans et son rôle social imposé, ses désirs et ses abandons, ses craintes et ses consentements mêlés.


  • La revue de presse Sabine Audrerie - La Croix du 4 janvier 2012

Elle portait le nom d'une héroïne, aurait pu avoir le destin d'une Bonnie Parker ou d'une Angela Davis. Elle eut une vie courte et heurtée, presque mystérieuse, empreinte de malentendus. Ce sont ces points aveugles que tente d'approcher Nathalie Léger dans cet élégant et subtil récit, «supplément» à une biographie que personne n'écrivit jamais...
Le lecteur se fait presque voyeur, entrant avec la caméra dans l'intimité de Wanda dont il devine qu'elle exprime l'intimité de Barbara. L'auteur hésite «entre ne rien savoir et tout savoir», rencontre des connaissances passées de l'actrice, lit le roman autobiographique d'Elia Kazan, L'Arrangement, qu'il portera à l'écran avec Faye Dunaway dans le rôle principal...
À l'image de cette prise de conscience, il y a quelque chose d'inachevé dans ce livre qui le rend peut-être plus beau encore. Une volonté conjointe d'exister et de se perdre, de consentir et de protester ; une abdication qui ressemble un peu à une révérence.


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, janvier 2012

En se penchant sur la cinéaste méconnue Barbara Loden et son film Wanda, Nathalie Léger questionne la condition féminine...
Chargée de rédiger une notice pour un dictionnaire de cinéma, elle a outrepassé son projet initial avec cette mise en abyme, où, par un effet de miroir entre Wanda, Barbara et l'auteur, c'est toute la question de la féminité qui est auscultée. Et les moyens d'atteindre sa propre vérité.


  • La revue de presse Marie-Laure Delorme - Le Journal du Dimanche du 5 février 2012

La romancière française Nathalie Léger entreprend de suivre le destin de l'actrice et réalisatrice américaine Barbara Loden. Nathalie Léger tourne les pages des dictionnaires du cinéma, se rend sur place, rencontre des témoins, cherche à avoir accès aux archives. Elle ne cesse d'étreindre du vide...
Les vies s'enchâssent les unes dans les autres parce que Supplément à la vie de Barbara Loden n'entremêle pas simplement trois vies de femme : la narratrice, double de l'auteur ; l'actrice et réalisatrice Barbara Loden ; le personnage de Wanda joué par Barbara Loden. Il y a aussi la mère de la narratrice, racontant comment après la séparation d'avec son mari, actée par le tribunal de Grasse, elle a erré durant des heures dans un centre commercial puis sur le bord de la mer jusqu'à Nice sans rien ressentir, et il y a Alma Malone, dont est inspiré le personnage de Wanda Goronsky, abandonnant tout pour tomber dans la soumission la plus totale à un homme.


  • La revue de presse Alain Nicolas - L'Humanité du 9 février 2012

Nathalie Léger donne à Barbara Loden, cinéaste de Wanda, le supplément de vie de la littérature...
Elle donne de ce personnage un portrait subtil et touchant de femme soumise à la loi des hommes (« être blonde, être sexy ») et désireuse de vivre à sa façon. Le livre se fait enquête, sur Barbara Loden, sur Alma Malone, modèle de Wanda. Trois histoires se tressent  : celle de Barbara, celle d'Alma-
Wanda et, en fil invisible, celle de Nathalie Léger. Ce n'est pas peu, et ce livre modeste pourrait bien être important.


  • La revue de presse Bernard Géniès - Le Nouvel Observateur du 16 février 2012

Ce récit dense et bref est construit à la façon d'un puzzle dont les pièces sont patiemment réunies. Nathalie Léger poursuit en effet ses investigations aux Etats-Unis, sur les lieux du tournage du film et auprès de ceux qui ont fréquenté - et oublié, avec une sorte d'obstination déconcertante ! - Barbara-Wanda. Ce beau livre est presque un livre d'amitié. C'est donc un livre rare.


  • La revue de presse Nils C. Ahl - Le Monde du 8 mars 2012

Dire Barbara Loden, c'est ne rien dire. Ce n'est qu'un début. Engagée pour rédiger une simple notice de dictionnaire, la narratrice se laisse happer par un film. Par une autre vie que la sienne. Par d'autres visions, d'autres mots que les siens...
Mieux, son texte dit quelque chose de Barbara Loden autant que de sa narratrice. Il dit des femmes en nombre, de doubles en doubles, autant qu'une seule. La plus importante, celle des derniers mots derrière les masques et les visages qui se succèdent : non pas la narratrice, mais sa mère, qui n'exigeait rien, "seulement de n'être jamais satisfaite". La belle prose simple et fragmentée de Nathalie Léger laisse très finement passer cet inachèvement. Dans la douceur de son montage et dans le rythme parfait de ses brèves séquences. Saisissant.


  • Les courts extraits de livres : 11/05/2012

Vue de loin, une femme se détache de l'obscurité. Sait-on d'ailleurs que c'est une femme, on est si loin. Sur fond d'éboulement, une minuscule figure blanche, à peine un point sur l'immensité sombre, progresse lentement et sans heurts à travers les décombres accumulés qui la surplombent, à travers les pans énormes coupés d'excavations, de dépressions pierreuses, de biais terreux près d'être défoncés par les camions. On suit en plan très large cette miniature diaphane qui se déplace avec insistance sur l'horizon bouché. Et parfois, la poussière absorbe et dissout la figure qui chemine obstinément, irradie un instant puis ne fait plus qu'une tache floue, presque indistincte, rendue transparente comme un trou lumineux dans l'image, un point aveugle sur le paysage détruit. Oui, c'est une femme.

Auparavant on l'a vu assise à l'arrière d'un autobus vide, regardant au-dehors mais ne regardant rien, et on a entendu, répété deux fois, presque jeté, son nom, Wanda, Wanda, c'est une voix d'homme lançant pardessus l'histoire une interrogation sourde, anxieuse, la seule fois qu'il prononce son nom.

On est entré dans la maison, on a vu quelques pièces mal meublées, des objets traînant ici et là, une vieille femme assise au fond, un chapelet entre les mains, le visage jauni par une lumière pâle et poussiéreuse, le regard dur posé sur une très ancienne absence. On recule un peu, un enfant tourne autour d'elle. On recule encore, on voit le dos d'une femme en chemise, les cheveux relevés en désordre, les épaules lasses, on pense que c'est elle, l'héroïne. On s'éloigne, on fixe un bébé qui pleure sur un lit. On glisse dans la cuisine mal éclairée, elle a pris l'enfant dans ses bras, on se demande où elle va trouver du lait, ses gestes sont lents, elle soupire, ouvre le frigidaire, déplace quelques ustensiles, cherche vaguement à calmer les cris. Un homme surgit, le père sans doute, il passe et fuit en maugréant, on le suit, la porte claque, et dans un même mouvement on découvre un corps étendu recouvert d'un drap, une blonde d'une trentaine d'année émerge lentement, bigoudis et canettes vides au pied du divan, elle s'assoit, encore défaite par le sommeil, il m'en veut parce que je suis ici, elle regarde par la fenêtre, l'horizon est bouché jusqu'au ciel, les camions manoeuvrent dans la poussière. C'est elle, c'est Wanda.


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