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.. Je vais beaucoup mieux que mes copains morts

Couverture du livre Je vais beaucoup mieux que mes copains morts

Auteur : Viviane Chocas

Date de saisie : 27/02/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France

Prix : 17.24 € / 113.09 F

ISBN : 9782350871813

GENCOD : 9782350871813

Sorti le : 12/01/2012

Blanche, jeune femme tourmentée de 27 ans "qui fait tout à l'envers, même l'amour" se fait embaucher par le chef animateur de la maison de retraite des Roses. Responsable d'un atelier d'écriture, elle accueille un peu perdue et paniquée neuf pensionnaires aux caractères disparates. Blanche se démène pour réactiver ces vieilles têtes, réussit à les faire chanter et danser, les langues se délient, "l'un après l'autre se distribuent la parole, poussant dans ses retranchements la jeune femme blême". Le groupe retrouve la forme, des envies et le gang formé enlève Blanche et part poings levés pour une folle épopée où chacun se révèlera. Une très belle aventure mouvementée prétexte à une série de portraits aussi émouvants qu'hétéroclites sous la prose délicate de Viviane Chocas.


  • Les présentations des éditeurs : 20/12/2011

On ne disparaît pas impunément d'une maison de retraite avec des pensionnaires qui ont pris la poudre d'escampette. La jeune Blanche, animatrice de l'atelier d'écriture, complice malgré elle, le sait bien. L'improbable gang en cavale est mené par un petit bout de femme en fauteuil roulant, une septuagénaire qui perd gentiment la boule, et deux papis flingueurs armés d'un pétard et d'une canne de mousquetaire. Ces vieux-là gardent le poing levé et sont décidés à faire danser encore un peu le monde sous leurs pieds.

Une utopie du troisième âge, dont les héros ne sont ni sages ni assoupis. Subtil, drôle et désinhibé, Je vais beaucoup mieux que mes copains morts insuffle un ébouriffant vent de liberté, à rebours des préjugés.

Née en 1962 à Paris, Viviane Chocas est journaliste et reporter. Elle a publié en 2006 un premier roman, Bazar magyar quête des origines guidée par les saveurs.


  • Les courts extraits de livres : 20/12/2011

ELLE FAIT TOUT À L'ENVERS, même l'amour. C'est tout ce qu'elle trouve à penser, la tête à rebours, les yeux en poire, projetant ses hanches carrées et son dos en arc-en-ciel. Calé sur les paumes comme sur la plante des pieds, son corps offre un pont précaire, et ses longs cheveux balaient le sol. Dans cette drôle de position arquée, il lui manque quelques centimètres pour toucher de la langue son avant-bras, et la peau poudreuse jetée sur le sapin des veines. Elle renonce, préfère remonter mentalement jusqu'à lui, jusqu'à ce qu'il fait, et la sensation qu'il lui donne. Le sexe ouvert comme une datte mûre, elle sourit au monde renversé. La main de l'homme a viré sur son corps depuis la taille, les omoplates, contourné l'épaule, la clavicule, plongé entre les deux seins. Blanche s'efforce de maintenir un équilibre, les côtes en éventail et la respiration qui plisse précipitamment. Le ventre tendu face au ciel, soudain elle sent qu'elle va fondre. Il a les doigts où il faut.

Elle n'avait pas prévu. Elle paressait sur le parquet, l'homme allongé près d'elle, quand une envie irrésistible de cabrer les reins l'a surprise. Un truc qu'elle avait déjà expérimenté à son cours de yoga, l'élan vient des poignets et des coudes, le crâne roule sur son sommet, et on fait le pont. Une pirouette, le monde sous la tête. On s'invente autre chose.
Un rai de lumière pique son oeil. Un vent de plus en plus violent se met à cogner son coeur, coups de taloche dans la troupe exténuée des feuilles qui se soulèvent par l'allée terreuse de leurs corps. Ses cheveux glissent au sol. Blanche ferme des paupières inondées d'orange, trouve encore l'audace de produire un léger va-et-vient, avec la paume des mains plaquée et les cheveux en guirlandes jaunes. Le mouvement allonge sa colonne vertébrale, il comprend de la tête, et s'invite. Un sang bouillant. L'ambre, le musc, le benjoin et l'encens, elle a lu ça où déjà ? Il y a longtemps. Elle mord sa lèvre, ondule comme un serpent qui danse. Il trace vers elle, avec sa bouche posée sur sa chair ocre, seulement sa bouche, jusqu'à ce que tout se tende et la renverse, cul par-dessus tête.

Emportez-moi, sans me briser, dans les baisers
Dans les poitrines qui se soulèvent et respirent
Sur le tapis des paumes et leur sourire
Dans les corridors des os longs, et des articulations
Emportez-moi

Blanche retombe au tapis, les poignets dégondés. L'homme roule sur elle, entre en elle, gémit. Leurs ventres font connaissance. Le poids de son corps devient un aimant.


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