Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Lionel Shriver
Traducteur : Michèle Lévy-Bram
Date de saisie : 21/04/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Belfond, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 9782714448002
GENCOD : 9782714448002
Sorti le : 12/01/2012
Après le choc d'il faut qu'on parle de Kevin, la nouvelle bombe de Lionel Shriver. Toute sa rage, son audace et son humour au vitriol pour une radioscopie féroce et incisive du couple, de la famille, de la maladie et du rôle de l'argent dans notre vie. Un brûlot dévastateur.
Parfois, le soir, dans les embouteillages, Shep Knacker laisse son esprit divaguer : fuir les humiliations au travail, échapper aux jérémiades de son artiste de soeur, aux caprices des enfants, aux discours stériles de son meilleur ami. Quitter tout ça, partir sur cette île au large de Zanzibar, dormir, pêcher son poisson, lire, réfléchir... Vivre, tout simplement.
Un fantasme qu'il touche du doigt le jour où il vend sa société pour un petit pactole.
Sa décision est prise.
C'est alors que Glynis, son épouse, va briser net ce doux rêve : elle est atteinte d'une maladie rare, à un stade déjà avancé, et doit commencer au plus vite un traitement expérimental coûteux.
Comment faire face à ce qui nous fait peur ? Comment affronter ce que l'on passe notre existence à fuir ? Combien vaut une vie ?
«Un roman rare qui vous secoue et vous transforme. Avec ses personnages sympathiques et pleinement réalistes, [Lionel Shriver] nous amène à considérer les questions les plus existentielles de nos vies face au calcul morbide que fait le système de sécurité sociale des États-Unis... La pilule est amère, certes, mais prenez-la si vous osez.»
Washington Post
«Incorrigible provocatrice à l'imagination illimitée, Lionel Shriver nous livre un nouveau roman aussi éblouissant qu'audacieux, une exploration intelligente et cruellement actuelle de l'échec du système de santé américain.»
Publishers Weekly
«Un roman sur le système de santé aux États-Unis ? De fait, Lionel Shriver ne s'attaque pas directement à ce sujet mais démontre, à travers l'histoire de ses personnages souffrant de différentes maladies - de la plus terrible et mortelle à la plus absurde -, les failles d'un système de santé et d'assurances qui oblige les classes moyennes à s'endetter lourdement pour prendre soin des leurs... Comment la maladie affecte-t-elle nos relations ? Comment la proximité de la mort nous force-t-elle à recentrer nos vies ? Tout le génie de l'auteur consiste à éviter le piège du didactisme pour livrer au bout du compte une histoire viscéralement émouvante.»
The New York Times
Lionel Shriver est née en 1957 en Caroline du Nord. Diplômée de Columbia, elle a sillonné l'Europe, vécu en Israël, à Nairobi et en Irlande du Nord. Elle vit aujourd'hui à Londres. Elle a longtemps tenu une chronique radio sur la politique de l'Ulster et écrit maintenant pour The Economist, The Guardian, The New York Times ou The Wall Street Journal. Après Il faut qu'on parle de Kevin (Belfond, 2006 ; J'ai lu, 2008), lauréat du prestigieux Orange Prize 2005 et adapté au cinéma par Lynne Ramsey avec Tilda Swinton, Ezra Miller et John C. Reilly, La Double Vie d'Irina (Belfond, 2009 ; J'ai lu, 2010) et Double faute (Belfond, 2010 ; J'ai lu, 2012), Tout ça pourquoi, finaliste du National Book Award 20 10, est son quatrième roman traduit en français.
Ce livre de Lionel Shriver est une charge contre les failles du système de santé aux Etats-Unis. C'est un roman à thèse percutant, impitoyable. Cependant, la romancière américaine contourne les écueils liés au genre grâce à l'acuité psychologique avec laquelle elle cerne ses personnages. Son ironie, son humour noir sauvent l'ouvrage du didactisme...
Lionel Shriver observe ses personnages se débattre avec tendresse et lucidité. A Shep, son favori, elle offre un happy end inattendu.
Quand la romancière nous parle de maladie, c'est cru, violent, cynique. Elle s'y attaque avec la férocité d'un virus et en examine tous les aspects : physiologiques, intimes, financiers, sociaux. À travers le prisme du cancer, elle livre une satire sans concession d'une Amérique qui carbure aux placebos mais est incapable de protéger ses citoyens quand une méchante maladie leur tombe dessus...
Dans Tout ça pour quoi, la romancière a sacrifié le style à l'efficacité et à l'action, le récit aux dialogues, de façon qu'on reçoive son livre en pleine figure. C'est réussi.
Dans Tout ça pour quoi, Lionel Shriver (54 ans) décrit l'effondrement d'un rêve et les désarrois d'un couple confronté à l'inquiétude, à la peur du lendemain, à la mort...
Après Il faut qu'on parle de Kevin, où elle s'attaquait aux tabous de la maternité, Lionel Shriver allume un nouveau brûlot et peint à l'acide les coulisses de l'Amérique, "un pays tombé sur la tête".
Lionel Shriver décrit également les relations familiales et leurs dégradations, s'interrogeant sur l'attitude de chacun devant la mort. Il n'y aura pas de happy end dans cette fiction réaliste, l'écrivain est au-delà des bleuettes hollywoodiennes. Au passage, elle règle des comptes avec la société américaine et les failles d'un système creusant les inégalités sociales. Certains personnages secondaires, hauts en couleur, permettent heureusement des respirations comiques quand la cruauté devient intolérable.
Voici un livre réjouissant. Pas par ses qualités littéraires - le récit n'aspire qu'à être vivant et efficace, ce qu'il est bigrement. Mais par l'énergie qu'il insuffle. Après le portrait de la mère confrontée à la monstruosité de son fils (Il faut qu'on parle de Kevin) et en attendant le brûlot sur l'obésité qu'elle est en train d'écrire, Shriver s'attaque à "l'industrie de la mort" en Occident et à la façon dont on peut (ou pas) lui échapper. Au fond, le roman est à l'image de son auteur. "J'ai toujours été comme ça, dit Shriver. Enfant, j'entrais dans des fureurs terribles. A 15 ans, j'ai changé de prénom pour en prendre un de garçon... L'indignation est mon dopant. La colère mon énergisant." Mais attention. Comme toute cette rage est communicative, à la fin du livre, on n'a plus qu'une envie. Envoyer tout promener. Filer dare dare à Zanzibar.
Lionel Shriver aborde sans détour les thèmes de la maladie et de la mort, dénonçant au passage un système de santé américain inique...
Malgré ces sujets graves, les grincements de dents et la douleur qui affleure, ce roman à l'écriture efficace regorge de vie, d'énergie et de retournements, et prend sans pathos à bras-le-corps la maladie et la mort pour ce qu'elles sont : des composantes de l'existence. On quitte à regret les personnages superbement attachants de ce récit plein de verve et d'humour, avec le délicieux sentiment que, malgré la tristesse de les voir s'éloigner, des amis ont enfin trouvé leur place, dans ce monde-ci ou dans l'autre.
Sheperd Armstrong Knacker
Compte Merrill Lynch n° 934-23F917
Du 1er décembre 2004 au 31 décembre 2004
Valeur nette du portefeuille : 731 778,56 $
QU'EMPORTE-T-ON QUAND ON PART POUR LA VIE ?
Dans les «voyages d'études» que Glynis et lui se gardaient d'appeler «vacances», Shep, pour parer à toute éventualité, se chargeait toujours trop : attirail antipluie et pull, au cas improbable où sévirait une fraîcheur hors de saison à Puerto Escondido. Mais là, alors qu'il était au défi de l'illimité, son premier mouvement était de ne rien prendre.
Il n'avait aucune raison de parcourir furtivement comme un cambrioleur les couloirs de sa propre maison, les pieds posés bien à plat sur le parquet, et de faire la grimace au moindre grincement. Il avait vérifié à deux reprises que Glynis rentrerait assez tard (elle avait un «rendez-vous» mais n'avait précisé ni avec qui ni où, ce qui l'inquiétait). Il avait aussi appelé son fils pour savoir s'il dînerait avec eux, un prétexte débile, Zach n'ayant pas pris un vrai repas avec ses parents depuis un an ; sur ce front, le risque, dûment vérifié, était minime : il restait dormir chez un copain. Shep était donc seul à la maison. Nul besoin de sauter au plafond quand le thermostat du chauffage se déclenchait. Et pas davantage de fouiller en tremblant le tiroir du haut de sa commode pour y prendre ses slips comme si, à tout moment, on allait lui passer les menottes et lui énoncer ses droits.
Sauf que Shep, en un sens, était bien un voleur. Probablement de la sorte la plus redoutable aux yeux d'une famille d'Américains moyens. Il était rentré à la maison plus tôt que d'habitude pour dérober non quelque chose, mais quelqu'un : lui-même. Se dérober.
La trousse de toilette de sa grosse Samsonite était ouverte sur le lit, prête, comme d'habitude, à accueillir ce qu'il lui fallait pour des départs moins drastiques. Pour le moment, elle ne contenait qu'un peigne.
Il se força à aller chercher un petit flacon de shampoing et son nécessaire de rasage, même s'il doutait d'avoir besoin de se raser dans l'Outre-vie. La brosse à dents électrique lui posa un problème. Il y avait sûrement l'électricité dans l'île, mais il ne savait pas quel type de prise il fallait : l'américaine, plate, à deux fiches ; l'anglaise, grosse et carrée, à trois fiches ; ou la continentale, ronde, à deux fiches minces et écartées. Il ne savait pas non plus si le courant était du 220 ou du 110. Du vrai travail de cochon : pour leurs expéditions de jadis, ils notaient systématiquement dans un carnet ce genre d'informations pratiques. Récemment, ils s'étaient relâchés, surtout Glynis. Lapsus significatif et récurrent, elle dénommait «vacances» leurs voyages à travers le monde.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia