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Auteur : Patricia Briggs
Traducteur : Joachim Zemmour
Date de saisie : 27/12/2011
Genre : Science-fiction, Fantastique
Editeur : Milady, Paris, France
Collection : Poche fantasy
Prix : 11.00 € / 72.16 F
ISBN : 9782811206390
GENCOD : 9782811206390
Sorti le : 01/12/2011
«J'adore ces livres»
Charlaine Harris, auteure de True Blood.
Des cendres de la cité de Colossaë est né le peuple des Voyageurs. Mais craints de ceux qui redoutent la magie, les clans Voyageurs ont été décimés par ceux qu'ils avaient juré de protéger : les hommes.
Séraphe est l'une des dernières Voyageuses, un Corbeau Mage, qu'un ancien soldat a sauvée in extremis. Ensemble, ils se sont construit une vie tranquille loin de tout danger. Séraphe se sent enfin libérée du fardeau de sa mission. Jusqu'au jour où sa destinée la rattrape brusquement.
Née en 1965, Patricia Briggs est un auteur de fantasy renommé pour ses dialogues cocasses et les personnages proches du quotidien qu'elle s'amuse à plonger dans des aventures ébouriffantes. Elle laisse raconter qu'avant d'apprendre à lire elle menait une vie d'une parfaite banalité dans le Montana, mais qu'ensuite, peu après l'âge de six ans, elle découvrit que les mines de la région étaient habitées par des nains et les forêts par des elfes. Certes, elle fut un peu surprise en découvrant un lutin dans le garage de ses parents, mais ils s'habituèrent vite l'un à l'autre et nouèrent une amitié qui durent encore aujourd'hui. Les chaînes du dragon est son premier ouvrage traduit en France.
- Ce n'est plus très loin maintenant, mon gars, dit Tiër. C'est de la fumée qu'on voit là-bas devant nous, pas seulement du brouillard : tu vas voir, on va se trouver une jolie petite auberge dans ce village... On pourra s'y réchauffer.
Son cheval s'ébroua pour lui répondre, ou plus probablement parce qu'il était incommodé par la pluie, puis repartit de son trot régulier, le long du sentier.
L'animal, tout comme l'épée que portait Tiër, était de bien meilleure qualité que ses vêtements. Il tenait les deux, l'épée et le cheval, d'hommes qu'il avait tués : l'épée au cours de sa première année de guerre, le cheval un peu plus tôt cette même année, alors que sa propre monture venait juste de mourir sous lui. Bien qu'il ait été élevé et entraîné pour la guerre, en vue d'être monté par un noble, Skew avait porté Tiër, ce fils de boulanger, à travers deux batailles, six escarmouches et sur environ deux mille kilomètres de chemin.
C'était un cheval dont la valeur attisait les convoitises, même si, durant les premières semaines du voyage de Tiër, l'avidité qu'on lisait dans les yeux de tous ces hommes hagards et loqueteux, qui pullulaient dans les régions dévastées par la guerre, avait plus à voir avec la faim qu'avec la soif de l'or. Tiër avait fiévreusement souhaité que l'un d'entre eux s'attaque à lui, qu'ils lui tendent une embuscade même, s'ils le pouvaient. Mais quelque chose dans son allure sereine, peut-être cette impression qu'il donnait d'être toujours prêt à livrer bataille malgré son masque de tranquillité, les en avait dissuadés.
Cependant, dans les régions plus éloignées des frontières de l'Empire, plus ou moins épargnées par la guerre jusqu'alors, les risques d'être attaqué étaient de plus en plus faibles, avec sa chance insolente.
Pourtant, un combat l'aurait momentanément délivré de l'appréhension qu'il ressentait au fond de lui, à mesure qu'il s'approchait du but de sa présente mission : rentrer chez lui.
Tant d'hommes avaient péri. Les deux garçons de son village qui s'étaient engagés avec lui, pour combattre dans une guerre lointaine, à plus d'un demi-continent de chez eux, étaient morts ; comme beaucoup d'autres jeunes de leur âge, partis en quête de gloire, d'or, ou d'évasion. Tiër avait survécu, lui. Il n'avait pas encore tout à fait compris comment cela s'était produit : le fait est qu'il ne l'avait pas du tout prévu. Il n'avait jamais recherché la mort, mais n'importe quel soldat sait que son heure peut sonner à tout moment.
La guerre aurait-elle duré des siècles, que Tiër aurait combattu jusqu'à son dernier souffle. Mais elle était finie maintenant, et le poste que lui avait proposé son Septe - c'est-à-dire son commandant - ne l'intéressait en rien. Il n'avait aucune envie d'entraîner d'autres jeunes hommes à se faire tuer à la guerre.
Ainsi rentrait-il chez lui. Jamais le garçon qu'il était, celui qui s'était enfui du foyer à peine dix ans auparavant, n'aurait cru un seul instant que revenir pourrait être plus dur que partir, tellement plus dur...
Son hongre secoua puissamment sa crinière blanche et noire, ce qui eut pour effet d'asperger son maître d'eau de pluie. Celui-ci tapota la nuque de son compagnon :
- Là-bas, regarde : qu'est-ce que je t'avais dit, Skew ? dit-il. Il y a un toit là-bas devant, on peut l'apercevoir entre les arbres.
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