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Auteur : Philippe-Jean Fiedler
Date de saisie : 29/12/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : les 2 encres, Cholet, France
Collection : Mémoire d'encre
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 9782351684160
GENCOD : 9782351684160
Sorti le : 01/01/2012
Dans la vie, je me fais mon cinéma et le rêve m'emporte dans un imaginaire merveilleux et indicible. Mystères et sens cachés, voilà comment Tranches de Vies à Paname vous emmènera dans les rues de la capitale en compagnie d'acteurs mythiques, de leurs vies cinématographiques et personnelles. Au gré du vagabondage et dans le souvenir de la verve d'Audiard et du phrasé du «vieux», que vous aurez obligatoirement à l'esprit comme une petite musique symphonique, vous découvrirez l'histoire d'une famille à travers trois siècles, de 1870 à nos jours, de Pigalle aux abattoirs de la Villette, des inondations de 1910 aux secrets du ventre de Paris. Un Paname envoûtant, canaille, historique à découvrir.
En toile de fond et en compagnie des Étoiles, vous discernerez peut-être d'autres [tranches de] vies, si familières. Le mot Fin ne sera que le début de la quête et du jeu, la révélation des secrets cachés entre les lignes que vous pourrez échanger et partager sur www.tranchesdevies.wordpress.com.
Philippe-Jean Fiedler est né à Paris en 1962. Tombé dans le chaudron du cinéma comme un célèbre personnage de BD dans une potion magique, il bénéficiera de la bienveillance d'ouvreuses pour satisfaire sa consommation exagérée de toiles au coeur de Montparnasse. Pur passionné, éclectique dans ses choix, Philippe-Jean reste très fortement attaché au cinéma, le sublimant par le besoin d'écrire et le bonheur de la lecture, de toutes les lectures. Versé dans le commerce dans la vie professionnelle, le management d'équipe et la performance collective, il trouve avec ce premier roman le plaisir de partager une création solitaire, en espérant un échange des secrets dissimulés entre les lignes avec ses lecteurs.
Le vieil homme et son chien assis sur le banc du Jardin du Luxembourg, par cette douce après-midi de printemps, dans ce merveilleux Paris, c'est moi, Max, fils d'Hélion et de Mathilde. Hélion, mon père - a-t-on idée de donner pareil prénom à un enfant - fut un père absolument délicieux et facétieux. Le rire et la joie étaient ses armes de prédilection. Aujourd'hui, je suis au crépuscule de ma vie et mon esprit vagabonde parmi les images familiales, l'histoire, les racines. C'est quand on devient vieux, parfois, que l'on se surprend à revenir sur ses racines, comme pour fortifier sa descendance, comme pour appréhender l'issue inéluctable, pour la rendre plus douce et acceptable. Je me souviens de ces longues histoires que me racontaient mon père et ma mère, sur la famille, ses héros, ses combats, son histoire et je souris de ces siècles traversés avec plus ou moins de bonheur, me disant qu'hier, ils étaient là et que demain, les miens le seront encore. La vie est une histoire, une transmission et c'est l'histoire de ma famille que je m'en vais vous narrer à présent, des vies, une saga, des tranches de vies, pour vous et pour le souvenir des miens, les anciens, comme les futurs.
Juillet 1870, Paname, quartier de la Villette. Ma trisaïeule, Augustine, se lève difficilement pour faire à manger à son homme avant qu'il ne parte pour sa journée de labeur. Son ventre est déjà bien arrondi, cela ne devrait plus tarder. Elle jette un regard attendri vers l'armoire où repose l'héritage de Lilette, son arrière-grand-mère, les seules affaires pour bébé qu'elle possède désormais. Ils ne sont pas bien riches et l'homme doit s'adapter à son nouveau travail et supporter son nouveau milieu. Lui, un ancien charron, balancé dans ce Paname étouffant. Il est désormais chevillard à la Villette et les Louchebem ne sont pas tendres avec l'apprenti découpeur. Il est pourtant costaud, Fernand, et fort en gueule. Cinq heures, juillet est doux cette année. Émile, un boucher collègue de Fernand, est à l'entrée et ne rate pas encore une fois l'occasion de le chambrer : «On demande un dompteur ou les lions» et il se gausse en toisant Fernand, fier de sa blague, de sa provocation. C'est qu'il aimerait bien, l'Émile, que l'autre s'énerve et le provoque «en combat singulier».
Du rififi à l'abattoir, voilà qui mettrait un peu d'ambiance. Mais Fernand tient bon. Chacun sa chance, se dit-il, j'y arriverai, ils ne sont pas tous nés dedans. Le sang des bêtes coule à flots, ça gueule, ça meugle, ça s'agite, c'est brutal et bestial. Ça pue et ça fait peur, ça endurcit malgré tout. Firmin, un ancien marpaut prévient Fernand de la présence d'un nouveau.
- Méfie-toi de lui, Méphisto, c'est un sérieux, un loufdingue, un agité du bocal, il n'est pas clair, le loustic, y a déjà eu du grabuge avec cet asticot.
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