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.. Le bar des menteurs

Couverture du livre Le bar des menteurs

Auteur : Ingrid Naour

Date de saisie : 29/12/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : le Cherche Midi, Paris, France

Collection : Romans

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 9782749121789

GENCOD : 9782749121789

Sorti le : 05/01/2012

  • Les présentations des éditeurs : 26/01/2012

Dans le petit monde du Bar des menteurs sur l'île de Noirmoutier, chacun s'applique à ne pas être surpris en flagrant délit d'inconduite, car, selon Baudelaire, «un homme qui ne boit que de l'eau a un secret à cacher à ses semblables».

Qu'ils soient marins du zinc, rêveurs définitifs, inactifs surmenés, ces grandes gueules au verbe haut et au coeur tendre souffrent du mal de terre. Alors ils boivent pour oublier qu'ils ont déjà trop bu. Mais qu'y peuvent-ils si leur soif s'accorde aux étoiles qui dansent derrière l'horizon et s'ils ont en permanence «le toboggan à sec» ?

Menés par Remets-moi ça, le philosophe libertaire pour qui la vie est une joute amoureuse, la Bernique, l'Ardoise magique. Y-a-pas, Riz complet, Super nana. Toubib, Béné la saunière, le Pêcheur de lune et tous les autres membres de cette joyeuse bande où l'imagination a toujours le dernier mot colorient le quotidien en racontant des histoires qui deviennent aussitôt des légendes.

Drôle, tonique, impertinent et bien arrosé, le nouveau roman d'Ingrid Naour est un hymne à la vie et à la liberté.

Ingrid Naour a publié plusieurs romans dont, au cherche midi, Les Lèvres mortes (2001), Le Syndrome d'Atlas (2002) et Un fils dans la tête (2006).


  • Les courts extraits de livres : 26/01/2012

Les fleurs dans la jardinière à ma fenêtre sont les seules couleurs visibles. Partout, ailleurs, la grisaille impose sa loi. Je la retrouve dans les regards des passants, aux terrasses des bistrots, sur les visages de ces mendiants toujours plus nombreux. La misère est la seule plantation qui prenne à Paris. Les pelouses du XXIe siècle.
Que de pieds s'essuient dessus ! Les bobos, si pingres en sentiments, ont la semelle généreuse. S'ils le pouvaient, ils expédieraient dare-dare en lointaine banlieue tous ceux qui ne sont pas grimés à leur image. Nous sommes devenus les Indiens de cette cité où, désormais, le fric a imposé sa loi. Qui ne consomme pas n'est pas.

J'ai rendez-vous aujourd'hui avec Claude, de passage à Paname entre deux fuites à l'autre bout du monde. Mon désamour avec Paris l'amuse. Lui, il est en conflit avec tous les États de la planète. Toute forme de pouvoir le révulse. Pour respirer à son aise, il parcourt les continents à la recherche des dernières tribus nomades.
Au contact d'hommes sans entraves qui se gaussent des frontières, il fortifie ses refus. Des reportages pour des revues, quelques émissions pour France Culture lui assurent sa subsistance.
«Je n'ai pas de besoins, que des nécessités», explique-t-il aux sceptiques pour qui il est une sorte de mystère en voie de clochardisation, «un poète», disent les plus hypocrites. Or, ses poèmes, Claude les réserve à des proches. J'ai toutes ses plaquettes. Je les relis à chaque fois qu'il m'envoie une lettre. La plupart du temps, je serais bien incapable de situer le pays sur un globe terrestre. D'ailleurs, je n'ai pas le goût des voyages. Comment se dépayser si l'on se reconnaît dans le premier miroir venu ?

Je dois le retrouver, à midi, place du Châtelet, dans une brasserie dont la laideur nous amuse. Claude y a ses habitudes. C'est son bureau dans la capitale. De sa table, en terrasse, il espionne les jambes des femmes qui passent. Jamais il ne lève les yeux pourvoir à quels visages elles appartiennent. Il préfère laisser libre cours à son imagination.
«Si jamais c'est elle, je la reconnaîtrai tout de suite. Ses gambilles ne peuvent me mentir», m'a-t-il dit souvent en évoquant son fantasme féminin, Juliette Binoche.


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