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La proximité d'une banque va procurer quelques heures mouvementées à l'institution Saint-Gabriel, maison d'éducation huppée, tenue par des religieuses. Deux gangsters "en cavale" viennent, en effet, s'y réfugier, en attendant leur complice. La Mère supérieure, la soeur tourière ainsi que M. et Mme ROSIER, parents d'élèves convoqués ce jour-là, deviennent leurs prisonniers ligotés. Ils se feront finalement piéger grâce à l'astuce de Soeur Anne et à l'habileté du commissaire. Des gangsters au couvent ! Il fallait y penser. Cette idée originale constitue l'armature d'une éblouissante comédie moderne, visible par tous et vouée, sans aucun doute, à une très longue carrière.
Les courts extraits de livres : 29/12/2011
ACTE 1
La scène se passe dans le parloir d'une institution religieuse. Décor sobre mais n'évoquant pas la pauvreté. Sur un mur du fond, un grand crucifix moderne. Une longue table est installée, au centre, avec quelques chaises. Dans un coin, une horloge. Un téléphone sur un petit meuble d'angle. Une grande armoire occupe un pan de mur. Deux fenêtres, avec tentures tombant jusqu'au sol. Dans un autre angle : un piano. Au lever du rideau, Mme Rosier attend calmement, assise sur une chaise. M. Rosier fait les cent pas, consulte sa montre, repart d'un pas accéléré.
Mme ROSIER - Émile ! cesse de tournicoter ! Tu m'agaces !
M. ROSIER (s'arrêtant pile) - Moi ? Je tournicote ?
Mme ROSIER - Depuis un quart d'heure c'est lassant !
Mme ROSIER - Je n'ai pas l'intention de passer le reste de ma vie dans ce fichu couvent de bonnes soeurs ! Tout cela à cause de l'idiotie de «ta» fille...
Mme ROSIER - Alice est aussi la «tienne» de fille...
M. ROSIER - La tienne ou la mienne... ou la nôtre... qu'importe ! Elle a commis la sottise de ridiculiser publiquement Mademoiselle de Vastogne !
Mme ROSIER - Une belle pimbêche, celle-là !
M. ROSIER - Ce n'est pas à toi d'en juger. Elle est la fille d'un homme politique dans le vent, et, à ce titre, à droit à tous nos égards.
Mme ROSIER - Ça... c'est ton point de vue...
M. ROSIER - Le seul qui soit valable. Je raisonne, moi !
Mme ROSIER - Comme un tambour !
M. ROSIER - En usant d'un peu d'adresse et de diplomatie, elle aurait pu s'en faire une amie... dans notre intérêt, bien entendu ! C'est ce que j'aurais fait, à sa place...
Mme ROSIER - Dieu merci ! «Ma» fille ne te ressemble pas. Elle est plus spontanée qu'opportuniste...
M. ROSIER - C'est justement ce que je lui reproche.
La porte du fond s'ouvre brusquement. Une jeune soeur d'une petite trentaine d'années entre, elle porte une jupe gris clair et un chemisier rose, sur ce chemisier, une petite croix. Elle est jolie et d'allure sportive.