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.. Le calme retrouvé

Couverture du livre Le calme retrouvé

Auteur : Tim Parks

Traducteur : Isabelle Reinharez

Date de saisie : 01/02/2012

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 22.80 € / 149.56 F

ISBN : 9782330002329

GENCOD : 9782330002329

Sorti le : 02/01/2012

  • Le courrier des auteurs : 03/02/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Isabelle Reinharez, la traductrice de ce récit et d'un certain nombre d'autres oeuvres littéraires.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
C'est la prise de conscience de l'auteur, Tim Parks, par le biais d'une douleur physique inexpliquée, que le corps n'est pas qu'un contenant négligeable. Le corps est indissociable de l'esprit, et la "guérison" ne sera atteinte qu'au prix de la réconciliation de l'un avec et l'autre.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"La femme du Dr Hazan avait raison, ai-je réfléchi, quand elle disait que seule une culture qui s'efforçait de maintenir le corps et l'esprit séparés pouvait avoir besoin d'employer un mot tel que psychosomatique".

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un raga du matin

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le plaisir de suivre le palpitant cheminement physique et intellectuel de Tim Parks, semé de digressions aussi virtuoses qu'inattendues. La sérénité qu'apporte une meilleure connaissance de soi.


  • Les présentations des éditeurs : 03/02/2012

LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS

Une douleur chronique dans le bas-ventre s'avère impossible à soigner par la médecine traditionnelle, et Tim Parks refuse l'opération. Commence alors un parcours du combattant pour trouver une médecine douce appropriée. La douleur se calme et sa vie, mais aussi sa façon de lire et d'écrire s'en trouvent grandement transformées.
Porté par une verve et une ironie constantes, ce témoignage débordant de vitalité ne veut convaincre personne mais en étonnera plus d'un.

"Une introspection fulgurante d'honnêteté, profondément revigorante, subtilement drôle, qui nous parle des liens entre l'écriture, la personnalité et la santé. Une fois que j'ai commencé la lecture, je ne me suis plus arrêté."

DAVID LODGE

Tim Parks est l'auteur d'une douzaine de romans et de sept essais. Il compte parmi les auteurs anglais les plus talentueux et originaux de sa génération. Vivant à Vérone (Italie), il est aussi traducteur de l'italien et enseigne la littérature.
Déjà parus en français : Comment peut-on aimer Roger ! (roman, Actes Sud, 1990 ; Babel n ° 645), Cara Massimina (roman, Actes Sud, 1995 ; Babel n° 744), Destin (roman, Christian Bourgois, 2000), Adultère et autres diversions (essais, Christian Bourgois, 2000), Une saison de Vérone (reportage, Christian Bourgois, 2002), et plus récemment chez Actes Sud, les romans Double vie (2005 ; Babel n° 866), Rapides (2006 ; Babel n° 983), Le Silence de Cleaver (2007), et Rêves de fleuves et d'océans (2009).



  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, janvier 2012

Son humour est vivifiant, son regard sur lui-même sans concession lorsque son corps refuse ce que l'esprit exige : être assis en tailleur pendant des heures avec l'envie de se gratter le nez, supporter de longues méditations pour découvrir une autre manière de respirer, de considérer le temps qui passe, de "ramener l'esprit vers le souffle". Il n'y a rien de mystique dans cet ouvrage, mais un balancement entre la tentation de se résigner à la maladie et la volonté d'y échapper résolument. Tim Parks décrit ces attitudes disparates et les tisse ensemble, leur donne un sens.


  • La revue de presse Eric Loret - Libération du 5 janvier 2012

Les misères du corps entraînent l'écrivain britannique Tim Parks dans une méditation cocasse sur Beckett, Bernhard et la prostate...
On se permettra, pour notre part, de le ranger rayon «récits». Côté thérapeutique, il y a un hic. Ce n'est pas tout à fait recommandable aux moins de 25 ans, sauf s'ils sont très atteints. L'histoire de Tim Parks s'articule (ou plutôt s'arthrose) en effet autour d'une violente douleur chronique au bassin, quelque part entre la vessie, la prostate et le reste. Le Calme retrouvé retrace avec cocasserie ce tourment, les recherches de l'auteur pour en percer à jour la cause, et la voie vers la guérison (dont on comprend dès le début qu'elle est comme l'analyse selon Freud, «terminée et interminable»)...
Déployant toute la palette des effets romanesques, maniant le dialogue à point nommé, champion des modulations rythmiques, ce Calme retrouvé est récit au centuple. Dès le début, on comprend en quoi s'exprime sa calme supériorité : c'est qu'au lieu de flotter sur le supermarché de la prose en piquant ici un cliché de magazine, appariant là deux mots incongrus, Tim Parks ne raconte le monde qu'engagé dans un usage. Il écrira ainsi «l'Adige, à Vérone, n'est pas si mal comme rivière pour s'entraîner» et non «verte comme l'aube aux doigts de fée». Il faut dire que dans sa cure, il y a eu aussi un stage de silence.


  • Les courts extraits de livres : 03/02/2012

RTUP

Peu avant mon cinquante et unième anniversaire, en décembre 2005, mon ami Carlo a crayonné un enchevêtrement de tubes et de ballons sur le coin d'une page de journal.
Nous étions dans un bar de la banlieue sud de Milan.
"La prostate ressemble à une petite pomme, d'accord ? Là. Mais avec l'âge elle grossit et devient plus fibreuse, elle appuie sur ce tube qui passe à travers, l'urètre. Elle le comprime, tu vois ? Alors que faisons-nous ? Disons que nous l'évidons, par l'intérieur. Au laser. En remontant par ton pénis. Nous l'élargissons."
Je me rendais compte que Carlo avait déjà fait ce croquis bon nombre de fois. Il mâchait un beignet, et sa voix avait l'enthousiasme de la foi.
"Ensuite nous brûlons juste un peu cette valve, ou sphincter, ici, pour garantir qu'elle s'ouvre comme il faut. C'est la base de la vessie."
Ma vessie.
J'ai demandé :
"Pourquoi ?
- Pour qu'elle évacue mieux, et tu iras moins souvent.
- Et côté sexe ?"
Maintenant il lui fallait une vraie feuille de papier. Il a ouvert sa serviette. Il y avait une complication. De façon experte, son poignet de chirurgien a tracé le même schéma en deux fois plus grand.
"Quand tu urines, il y a deux sphincters qui doivent s'ouvrir, d'accord ? Celui que nous avons un peu brûlé à la base de la vessie et un autre plus bas. Bon, quand tu jouis, le sperme jaillit ici, entre le sphincter du haut et celui du bas. Pigé ? De la prostate dans l'urètre, c'est très clair. Le sphincter du bas s'ouvre et celui du haut se ferme hermétiquement. Mais, après l'opération, puisque nous aurons ouvert celui du haut de façon permanente, il peut survenir une complication, que le sperme reflue dans ta vessie au lieu de descendre par ton pénis. Et tu as un orgasme sec. Même sensation, mais pas de taches sur les draps. Un avantage, à vrai dire."
Il a souri et mordu dans son beignet.
J'ai observé l'enchevêtrement confus de tubes et de réservoirs. C'était une affaire de plomberie mal foutue. Mon lavabo était bouché. Il fallait jeter un coup d'oeil au réservoir des toilettes.
"Et la douleur ?
- Pas énorme. Tu resteras alité quelques jours, et il faudra deux mois avant de reprendre les rapports sexuels.
- Je voulais dire, les douleurs que j'ai maintenant.
- Ah."
Carlo est un type baraqué au visage franc et ouvert.
"En fait, nous ne pouvons pas garantir qu'elles disparaîtront."


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