Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Kaui Hart Hemmings
Traducteur : Marie-Odile Fortier-Masek
Date de saisie : 03/03/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Jacqueline Chambon, Paris, France
Prix : 22.80 € / 149.56 F
ISBN : 9782330002367
GENCOD : 9782330002367
Sorti le : 02/01/2012
Matthew King doit prendre de grandes décisions quand à l'héritage familial, et en même temps il attend le verdict du médecin concernant sa femme. En effet, celle-ci est dans le coma suite à un accident de course de bateau et il va falloir accepter de la débrancher. Or, Joanie s'occupait de tout et à présent il doit prendre ses responsabilités dont gérer ses deux filles. Devant l'inéluctable, il va trouver les ressources nécessaires pour mobiliser toute son énergie pour faire face contre l'adversité aidé de ses filles. Un roman fort ou l'amour et la famille ne sont pas de vains mots.
Descendant de l'un des plus grands propriétaires terriens de l'île d'Hawaii, Matthew King voit son destin basculer le jour où son épouse, la belle et frivole Joanie, sombre dans le coma après un grave accident de bateau. Bientôt, conformément au testament qu'elle avait rédigé, les appareils seront débranchés, et Matt devra s'occuper seul de ses deux filles, Alex, dix-sept ans, ancien mannequin et déjà quelques problèmes de drogue à son actif, et Scottie, une pétulante petite fille de dix ans. Tandis qu'il demande à la famille et aux amis de Joanie d'aller lui dire au revoir, Matt découvre que sa femme avait un amant. Décidé à le retrouver pour qu'il puisse, lui aussi, faire ses adieux, Matt prend la route avec ses filles et se lance dans une quête salvatrice. D'une plume tout à la fois incisive et mélancolique, acide et sincère, lucide et drôle, Kaui Hart Hemmings sonde les liens affectifs qui font d'un homme un amant, un mari et un père, et signe, avec Les Descendants, un authentique roman d'amour.
Kaui Hart Hemmings a publié un recueil de nouvelles très remarqué, House of Thieves (Penguin Press, 2005). Elle a grandi à Hawaï et vit à San Francisco avec son mari et sa fille. Les Descendants est son premier roman.
Ce roman décrypte avec justesse l'instinct de préservation d'un père à l'égard de sa famille. L'auteur suit pas à pas le maelström affectif qui pousse chaque membre de la famille dans ses retranchements. Matt est le narrateur de ce roman. Il pose un regard douloureux et lucide sur le monde. Il observe ses filles comme des extraterrestres, découvre une jeunesse gâtée et déconcertante, expérimente la jalousie mais ne désespère jamais des autres. Kaui Hart Hemmings, jeune auteur, a écrit là un beau roman d'apprentissage, celui d'un homme qui découvre qu'il n'est jamais trop tard pour devenir père et dire son amour.
Le soleil brille, les passereaux noirs jacassent, les palmiers ondoient, et après ? Je suis à l'hôpital et je vais bien. Mon coeur bat comme il faut. Mon cerveau envoie des messages bien clairs. Ma femme est sur ce lit d'hôpital relevé en position assise, comme on dort en avion. Elle est toute raide, sa tête retombe sur le côté, elle a les mains sur les genoux.
"On ne pourrait pas l'allonger ? dis-je.
- Attends", répond ma fille Scottie. Elle prend une photo de sa mère, un polaroïd, avec lequel elle s'évente. Je presse le bouton sur le côté du lit et le relâche quand ma femme est presque à l'horizontale.
Joanie est dans le coma depuis vingt-trois jours et, dans les jours prochains, je vais devoir prendre certaines décisions en fonction du verdict final de notre médecin. En fait, je dois juste savoir ce qu'il pense de son état. Je n'ai rien à décider, Joanie a un testament de vie. Elle prend ses propres décisions. Comme toujours.
On est lundi. Le Dr Johnston dit que nous parlerons mardi, et cette entrevue m'angoisse, comme s'il s'agissait d'un rendez-vous amoureux. Je ne sais pas comment me comporter, quelle décision prendre, ni quoi porter. Je répète réponses et réactions, mais je n'ai retenu que les répliques prévues pour des scénarios favorables. Je n'ai pas répété le plan B.
"Tiens", dit Scottie. C'est son vrai nom, Scottie : Joanie a trouvé ça bien de lui donner le nom de son propre père, Scott. Je n'étais pas du même avis.
Je regarde la photo, à première vue un simple instantané de quelqu'un qui dort, comme on en a tous pris pour s'amuser. Je ne sais pas pourquoi on trouve ça si drôle. On peut vous en faire des trucs quand vous dormez ! On dirait que c'est le message. Regardez comme vous êtes vulnérable, imaginez tout ce dont vous n'êtes pas conscient. Et pourtant, on voit tout de suite sur cette photo qu'elle ne dort pas de son bon sommeil : elle est sous perfusion. Une sonde endotrachéale la relie à un respirateur. On la nourrit par voie intraveineuse et on lui administre une dose de médicaments qui suffirait à soigner tout un village des Fidji. Scottie consigne notre vie par écrit pour son cours de sciences sociales. Voici Joanie au Queen's Hospital, elle est dans sa quatrième semaine de coma, un coma qui atteint le niveau 10 sur l'échelle de Glasgow et qui est évalué à III sur l'échelle de Rancho Los Amigos. Lors d'une compétition, elle a été éjectée d'un hors-bord à plus de cent dix kilomètres-heure, mais je pense qu'elle s'en tirera.
"Elle réagit vaguement à des stimuli, mais il lui arrive d'avoir des réactions précises, quoique incohérentes." C'est ce que m'a expliqué sa neurologue, une jeune femme avec un léger tremblement de l'oeil gauche et au débit si rapide qu'il est difficile de poser des questions. "Ses réflexes sont limités et souvent les mêmes, indépendamment des stimuli", a-t-elle conclu. Ça ne me dit rien qui vaille, mais je reste persuadé que Joanie continuera à tenir bon. Je sens qu'elle s'en sortira et qu'un de ces jours plus rien n'y paraîtra. En général, mon intuition ne me trompe pas.
"Dans quel but participait-elle à cette course ?" a demandé la neurologue.
La question m'a pris au dépourvu.
"Pour gagner, je suppose. Pour finir première."
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia