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Auteur : Christian Rossignol
Date de saisie : 06/01/2012
Genre : Théâtre
Editeur : Art et comédie, Paris, France
Prix : 14.20 € / 93.15 F
ISBN : 9782844228321
GENCOD : 9782844228321
Sorti le : 15/12/2011
Qui est donc ce mystérieux Colonel Betty ? C'est la question que se pose le public tout au long de cette comédie endiablée en riant des déboires de Raoul essayant de traverser tant bien que mal la Seconde Guerre mondiale car il doit affronter son ennemi d'enfance devenu chef de la Gestapo locale, protéger ses filles, résister aux assauts d'une nymphomane et cacher des parachutistes tout en satisfaisant les clients hauts en couleur de son modeste bistrot.
ACTE I
Le rideau s'ouvre sur une voix off qui dit : «Nous sommes le 1er septembre 1939, tôt le matin.»
FIRMIN (frappe plusieurs fois puis entre avec un sac de pains) -Bon, j'entre ! Personne. Cette fois, je lui dis. (Il sort un papier de sa poche et le lit.) «Ma chère Odile... Odile, tu es la plus belle et la plus douce et la plus gentille. J'aimerais te serrer dans mes bras... Mais pas trop fort. J'aime tes yeux, les deux. J'aime tes oreilles aussi. J'aime ta petite bouche, ton petit cou, tes petits bras, tes petits s...» Non, je n'oserai jamais lui dire ça. (Il crayonne son papier.) «J'aime tes petits s... Petits s... Jambes. Bref, je veux te marier... Ne me réponds pas tout de suite.» (Il prend un temps et, très fier de sa formule :) «Il ne faut pas précipiter le bonheur...»
ODILE (apparaissant par l'escalier) - Qu'est-ce que tu dis ?
FIRMIN (sursautant) - Rien ! Euh... si, enfin... Non, rien, je...
ODILE - Tu parles à tes miches, maintenant ?
FIRMIN - Miches ? Eh ben... euh... non ! Pas les miches...
ODILE - Tu parlais de bonheur, non ?
FIRMIN - Oui... Non... Enfin, je disais... J'aime bien livrer le pain de bonne heure et...
ODILE - Et... ?
FIRMIN - Et... Rien... Tiens, voilà la fracture. La facture ! Hé, hé ! (En fait, il lui donne son texte.)
ODILE - Quoi, «hé, hé» ?
FIRMIN - Rien du fnou... du pou... du tout.
ODILE (tout en lisant) - Alors combien je te... (Éclatant de rire.) «Ma chère Odile... Jambes...» (Firmin lui arrache le papier des mains et boude.) Je te demande pardon. Il est très joli ton poème.
FIRMIN - Mon poème ? Ah oui ! Mon poème ! (Tête déconfite.)
ODILE - Je m'excuse. Tiens, si tu veux, pour me faire pardonner, je te donne le droit de m'embrasser.
FIRMIN - Vrai ? ! (Fou de joie, il s'élance vers elle.)
ODILE - Doucement ! Doucement ! Tu peux m'embrasser sur la joue et... et si tu descends à la cave. (Il s'y précipite.) Attends ! Je ne t'ai pas dit pourquoi... (Il revient.) Remonte-moi six bouteilles...
FIRMIN (déjà dans l'escalier de la cave) - Oui, oui !
ODILE - Et fais attention ! Tu n'as pas... (On entend un gros bruit de chute.)... allumé la lumière.
FIRMIN (off) - Je suis tombé !
ODILE (tournant l'interrupteur) - Pauvre Firmin ! Il est gentil mais alors ! (A Firmin.) Ça va ?
FIRMIN (off) - Ça peut faire !
L'INSTITUTRICE (entrant par la porte principale) - Bonjour Odile !
ODILE - Bonjour mademoiselle Richevent.
L'INSTITUTRICE - Je t'ai dit cent fois de m'appeler Madeleine. Tu n'es plus mon élève. Comment vas-tu ?
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