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Auteur : Gilbert Grellet
Date de saisie : 06/01/2012
Genre : Histoire
Editeur : Jean Picollec, Paris, France
Prix : 24.80 € / 162.68 F
ISBN : 9782864772545
GENCOD : 9782864772545
Sorti le : 09/12/2011
L'incomparable revue française Le Tour du monde, lecture favorite de Jules Verne, a chronique, entre 1860 et 1914, la dernière grande période d'exploration et de conquête du globe. Un trésor historique : des centaines d'explorateurs, militaires, journalistes, aventuriers ou simples voyageurs y ont décrit leurs expéditions aux confins du monde connu.
Ce furent une cinquantaine d'années passionnantes, qui s'ouvrirent par la découverte des sources du Nil (1862) et s'achevèrent avec la conquête du Pôle Sud (1911). Une époque qui fut aussi celle de la colonisation et de la «ruée» des Européens vers l'Afrique.
Fourmillant d'anecdotes et d'histoires inédites, Aux frontières du monde retrace cette épopée de l'exploration en s'inspirant des articles du Tour du Monde, une véritable «bible» des voyages et de l'aventure.
Le livre met en scène les grandes personnalités, parfois controversées, qui ont marqué cette période : Livingstone, Stanley, Brazza, Garnier, Peary, Amundsen, Scott par exemple. Mais aussi beaucoup d'autres, Français et Françaises notamment, moins connus et tout aussi intrépides : Lejean, Crevaux, Mouhot, Bonvalot, Charnay, Jane Dieulafoy, l'Autrichienne Pfeiffer ou le Belge de Gerlache.
Il jette par ailleurs un regard neuf sur de multiples événements liés à cette ultime «conquête du monde» : la confrontation avec les «sauvages», la fin de l'esclavage, le rôle des missionnaires, les pillages archéologiques, la fausse «découverte» du Pôle Nord, le martyre de l'île de Pâques, entre mille histoires.
Un périple captivant, montrant que même la France a été «explorée» à cette époque.
Gilbert Grellet, écrivain et journaliste, a sillonné le monde avec son père diplomate et pour l'Agence France-Presse (AFP), dont il a notamment été directeur pour l'Europe et l'Afrique, chef des bureaux de Washington et Madrid, ou encore correspondant au Brésil. Membre de la Société de Géographie, il détient une rare collection complète du Tour du Monde (1860-1914) et en a tiré la «substantif que moelle» pour raconter ces voyages et aventures sans pareil autour de la Terre.
Extrait de l'introduction
«Je hais les voyages et les explorateurs» : la formule provocatrice de Claude Lévi-Strauss en ouverture de Tristes Tropiques a été démentie par l'histoire de sa vie et la richesse de son oeuvre planétaire. Mais cet avis n'était pas loin d'être partagé, au milieu du XIXe siècle, par une bonne partie de l'opinion publique mondiale.
Pourquoi voyager, en effet, quand on est si bien chez soi ? «Poulies primitifs, le voyageur est un être digne de la plus profonde pitié, car il est séparé de tout ce qui fait le charme de la vie : la famille, le toit paternel, le pays de aïeux», écrivait en 1860 le Suisse Aimé Humbert, chroniqueur du Japon de toujours et lointain prédécesseur de Nicolas Bouvier.
Alors oui, pourquoi partir, si c'est pour «mourir un peu» et même périr tout court, loin de sa terre natale, de sa maison et de ses amis, au milieu de ténèbres équatoriales ou d'un quelconque désert de glace, rejeté, sinon «haï», par des indigènes souvent hostiles, comme l'ont fait tant de voyageurs et d'explorateurs occidentaux à la fin du XIXe siècle et au début du XXe ?
A question générale, multiples réponses, dans l'imbroglio des motivations et des aspirations personnelles. Certaines explications retiennent tout de même l'attention. Celle de Paul Claudel, par exemple, qui partit pour la Chine au tournant du dernier siècle.
«J'ai toujours eu en moi cette envie de m'en aller de ce qui était mon milieu et de courir le Monde. J'alimentais ça par la lecture d'un journal qui paraissait à cette époque-là, qu'on appelait Le Tour du Monde. Je passais des journées entière à lire des récits de voyages en Chine et en Amérique du Sud».
Une source pour étancher la soif d'évasion, qui abreuvait aussi les voyageurs en chambre, irriguant leur imagination. Jules Verne, en particulier : «Je lis et je relis, car je suis un lecteur consciencieux, la collection du Tour du Monde», disait en 1893 à Amiens l'auteur des Voyages Extraordinaires.
Notant soigneusement tous les sujets qui l'intéressaient, il avait lu dans le magazine fin 1869, trois ans avant la publication de son roman le plus célèbre, un article annonçant qu'on pouvait désormais, notamment grâce à l'ouverture du canal de Suez et du chemin de fer transcontinental américain, faire le tour du monde en... 80 jours.
Le Tour du Monde ? Ce fut la grande revue géographique française de la fin du XIXe siècle, une véritable Bible de l'Exploration et de l'Aventure, lancée près de 30 ans avant le célèbre National Géographie Magazine américain. La presse française, à l'époque, était particulièrement dynamique.
Chaque semaine, entre 1860 et 1914, on pouvait y suivre la trace des voyageurs qui sillonnaient la planète à la recherche de régions jamais atteintes ou visitées par l'homo occidentalus, aux frontières du monde connu.
L'époque s'y prête, loin de l'image d'un XIXe siècle soi-disant ennuyeux, sinon «stupide» comme l'affirmait Léon Daudet : c'est la dernière grande période d'exploration géographique de l'histoire de l'humanité, et de loin la plus fructueuse. Une cinquantaine d'années passionnantes, allant de la recherche des sources du Nil, au début des années 1860, à la conquête des pôles juste avant la Grande Guerre.
Bien sûr, l'heure n'est plus aux grandes «découvertes» à la Christophe Colomb des XVe et XVIe siècles ou encore aux «circumnavigations» de Cook, La Pérouse ou Dumont d'Urville. Mais il reste encore un grand nombre de territoires vierges - du moins pour les Occidentaux - à explorer, de montagnes à escalader, de fleuves à remonter. Il s'agit de noircir les derniers Blancs - «terres inconnues» - sur les planisphères, sans oublier bien sûr de planter au passage le drapeau de son pays.
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