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Auteur : Paul Anselin
Date de saisie : 06/01/2012
Genre : Histoire
Editeur : Jean Picollec, Paris, France
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 9782864772569
GENCOD : 9782864772569
Sorti le : 22/11/2011
En 1260, le chrétien Kitbouka, général mongol au service des petits-enfants de Gengis Khan, à la tête d'une armée de Mongols, d'Arméniens et de Francs du nord de la Syrie, vient de s'emparer de Damas, de Bagdad et fonce sur ses objectifs : Jérusalem et Le Caire...
Mais le 3 septembre, à Ain Djalout en Galilée, Kitbouka est battu par une armée musulmane, les mamelouks d'Égypte, appuyés par d'autres Francs, ceux de Saint-Jean-d'Acre.
Cette bataille - bien que très peu connue - est capitale : en brisant cette «croisade» mongole, elle a bouleversé le sort et l'histoire du Proche et Moyen-Orient jusqu'à aujourd'hui.
Cette défaite mit définitivement un terme au rêve de Gengis Khan et de celui de ses héritiers.
C'est toute cette épopée que l'auteur nous décrit, chevauchées nées dans les steppes d'Asie centrale, déferlant sur la Chine, la Perse, le Caucase, la Russie, le Levant et lorgnant vers l'Europe occidentale.
Ce livre est une histoire de batailles, de violences, de massacres, d'incendies, de diplomatie et d'amours.
Voici l'histoire d'un Empire qui est encore vivace - même si elle est mal connue - dans la mémoire collective. L'histoire d'une tentative d'alliance entre, d'une part, les Mongols influencés par les chrétiens nestoriens, d'autre part les Croisés latins et les Byzantins, qui a ébranlé le monde et a failli en changer la face.
Paul Anselin, élu breton pendant des décennies, a été officier parachutiste en service au sud de la Méditerranée. Ce qui lui a donné une perception vraie des hommes à la guerre, face à la mort, et aussi une fine connaissance du monde arabo-musulman.
Le baptême de Kitbouka et sa première rencontre avec l'Occident : le signe du destin
En cette fin d'après midi d'un bel été, la caravane s'arrêta sur un petit tertre, en contrebas d'une haute colline. Pour les quatre religieux en robe brune rustique, montés sur de solides mules des steppes, et pour leur escorte composée de neuf cavaliers bien armés, il s'agissait de l'endroit idéal et sûr afin d'y établir un bivouac pour la nuit.
Hélas ! À peine les hommes mirent-ils pied à terre qu'une cinquantaine d'attaquants jaillit soudain d'une crête voisine, épées brandies, arcs bandés, flèches encochées. A une vitesse effrayante, que leur permettait la vélocité de leurs chevaux mongols, ils dévalèrent la pente dans la direction du petit groupe.
Leur intention était claire : pas de quartier !
La caravane venait de tomber dans une embuscade meurtrière, un piège classique, en ce début du XIIIe siècle, dans ces régions d'Asie Centrale déchirées par des conflits permanents entre tribus et clans.
Quatre gardes de l'escorte se ressaisirent aussitôt et, non sans courage vu leur nombre dérisoire, éperonnèrent leurs montures et les poussèrent vers les agresseurs. Deux moururent immédiatement, percés de flèches, tandis que la tête des deux autres s'envolait bientôt dans un éclair d'acier.
L'affrontement avait duré quelques secondes.
Les événements allaient donc se précipiter vers leur conclusion aussi logique que tragique et sanglante quand le moine le plus âgé hurla au chef de l'escorte : «Mikhaël, posez vos armes !» Puis il se tourna vers ses trois compagnons et leur conseilla vivement : «Agenouillez-vous et priez». Pas un seul instant, il ne cessa alors de brandir un crucifix, conscient du rempart dérisoire qu'il représentait mais que lui, dans un sursaut de sa foi, voulait pourtant opposer à la meute hurlante. Rien d'autre ne les protégerait contre un massacre tant les assaillants paraissaient féroces et déterminés à tuer. À moins d'un miracle. Qui survint sous la forme d'un ordre lancé par une voix gutturale, impérieuse, stoppant net l'assaut.
Un cavalier se détacha de la horde et se porta au trot auprès des religieux toujours à genoux. Sans doute le chef. Il émanait de lui une autorité certaine. Parvenu devant le moine toujours debout et impassible, il sauta prestement de sa monture et fit le signe de la croix face au crucifix avant de s'exprimer dans une langue inconnue des frères, mais traduite par le chef de l'escorte qui avait conservé son sang-froid.
«Le chef des guerriers nous déclare qu'il est chrétien. Il désire savoir ce que vous faites à proximité de son campement, d'où vous venez, et où vous allez».
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