Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

.. Un territoire

Couverture du livre Un territoire

Auteur : Angélique Villeneuve

Date de saisie : 27/02/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Phébus, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-7529-0642-7

GENCOD : 9782752906427

Sorti le : 05/01/2012

Un territoire propose le portrait d'une femme à part, isolée. Encore jeune, elle se sait rapidement sourde mais ne peut être appareillée. Elle a toujours vécu dans la maison de son enfance, territoire de cette famille où malgré sa mise à l'écart, enfant, elle parvenait à savourer quelques bons moments notamment avec sa soeur. Peu à peu, son entourage l'ignore, avant pour certains de la brimer ("S'ils faisaient un effort pourtant, les gens, elle les comprenaient assez bien. Mais ils n'en faisaient jamais longtemps. Bientôt, elle n'eut même plus à sourire."). Aucun du Garçon, de la Fille, de la Soeur, de la Mère et du Père n'aura un geste, une attention. Elle occupe maintenant ce territoire accompagnée du Garçon et de la Fille, vie à trois éprouvante qu'elle semble néanmoins accepter. Elle reste attentive et attachée à des choses simples, souvenirs anodins mais si marquants et évocateurs qui l'aident à résister, à rester droite mais aussi à rester prisonnière de ce territoire.
Un bel hommage et un portrait douloureux d'une femme différente que son handicap repoussera loin d'une vie familiale apaisée et à qui personne ne saura accorder attention et amour.


Une femme entre deux âges, malentendante, vit presque recluse dans sa maison, traitée de façon odieuse par deux jeunes gens, qui sont peut-être ses propres enfants. Pour supporter son sort, elle se met à tisser une étrange couverture destinée à ces êtres jadis aimants, toujours aimés. C'est la grande force de cet ouvrage : de l'art brut et brutal, tissé de matières impropres, comme pour dire un monde de chairs et de sentiments à vif, d'êtres et de figures en porte-à-faux, qui au sens propre ne s'entendent ni ne se répondent. Mais, par-delà la douleur et la férocité, c'est bien la force de vie et d'amour qui anime cette femme, enfermée dans une surdité qui est à la fois sa prison et son salut.


  • Le courrier des auteurs : 11/01/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Si seulement je le savais.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Un territoire est le portrait d'une femme qui vit dans des conditions difficiles, qu'elles soient matérielles ou psychologiques. Mon sujet était de montrer comment, malgré tout, cette femme s'invente un espace de liberté intime. Mon projet était de chercher quelle dignité elle peut avoir en réalité, et mon ambition de trouver, avec elle, un chemin, un élan vers la lumière.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Ça, c'est plutôt difficile... disons que je vais choisir la première, dans ce qu'elle a, à la fois, de simple et de presque inquiétant.
"Ils l'ont laissée avoir le chat".
Mais le mieux est sans doute de lire les suivantes...

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Le dix-neuvième chapitre a été écrit entièrement en écoutant en boucle l'adagio for string de Barber, encore et encore. L'entendre à présent me remet dans les conditions, très intenses, de son écriture...

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Peut-être le sentiment de consolation


  • Les présentations des éditeurs : 12/01/2012

Ils n'avaient jamais eu et ne voudraient jamais, lui hurlèrent-ils à la figure, ni d'un père, ni d'une mère. Et d'elle certainement pas, avec son gros corps lourd, son air de vache, sa cervelle piétinée. Ils oublièrent ce qu'ils étaient avant, un seul corps à eux trois. Ils devinrent comme des animaux et elle, dans le terrier, après l'effondrement, n'eut d'autre solution que de se dessiner, lentement, un espace humain où se tenir debout. Elle le trouva dans le geste. Elle le trouva dans le linge, dans l'éponge, dans l'évier. Mais elle le trouva, et elle se tint debout.

Dans une maison modeste et peuplée des fantômes du passé, une femme vit sous le joug d'enfants devenus grands. Qui sont ce Garçon, cette Fille, qui s'acharnent sur elle ? Quel drame s'est noué derrière ces murs ordinaires pour que tous trois en soient arrivés là ?

Les souvenirs remontent. Ceux d'un temps où l'amour, la tendresse avaient aussi leur place. Alors cette femme sans nom, dont l'existence n'est qu'apparente oppression, invente un territoire d'une bouleversante humanité et trace au fil des pages le chemin de la résilience.

Dévoilant peu à peu les origines du drame, Angélique Villeneuve s'attache à l'intime, d'une écriture au ras du corps, parcourue de soudaines lumières.

Née en 1965, Angélique Villeneuve vit à Paris. Un territoire est son quatrième roman, après Grand Paradis, publié aux Éditions Phébus en 2010.



  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 4 janvier 2012

Ce livre sidère par la beauté ouvragée de sa matière, épaisse et ouatée par endroits, tranchante et ajourée à d'autres. Menstruel, coagulé, en croûte, en sauce même, le sang y coule sous toutes ses formes, échappé du plus profond des êtres. L'écriture d'Angélique Villeneuve bruisse toujours d'inquiétude et d'innocence, comme un nouveau-né aux aguets, captant chaque onde pour se préparer à affronter le monde.


  • Les courts extraits de livres : 12/01/2012

Ils l'ont laissée avoir le chat.
Le Garçon l'a vu, elle le sait, la chaise était tirée de côté et le chat endormi en rond sur la galette aplatie. Parfaitement visible, et tout sauf familier.
Apparu soudain dans la cuisine pour chercher du café, enfin faisant semblant, le Garçon a juste tendu la main vers la cafetière avant de laisser retomber son bras, lassé, puis a attendu sans un mot qu'elle lui en prépare une tasse. Il l'avait remarqué, c'était inévitable. Un animal, roux à ce point, sur le coussin vert pâle.
Pourtant, ça n'arrive jamais. Ils ne viennent jamais. Ni l'un, ni l'autre. La cuisine et le cagibi où elle dort composent un domaine privé dans lequel, enflant comme une boule de pâte levée, elle occupe tout l'espace. S'il veut quoi que ce soit, il appelle. Il tape dans ses mains, cogne.
Elle a servi le café dans la tasse habituelle, avec trois sucres et un peu de lait, versant avec application, et bientôt le Garçon a quitté la pièce, muet, illisible, traînant les pieds dans ses pantoufles noires.
Il se comporte, depuis, comme si de rien n'était. Elle ignore pourquoi. Pendant des jours, elle a eu peur qu'en son absence il le fasse disparaître. Le chat. Il aurait très bien pu l'emmener loin d'ici, l'assommer, le précipiter encore inconscient dans l'un des conteneurs installés à la sortie du village. Ou trouver une autre solution. Il n'avait pas choisi d'avoir cet animal, après tout.
Mais il ne s'est rien passé. Peu à peu, elle s'est rassurée, a cessé d'y penser.
Elle rentrait des courses un matin quand, sous ses yeux, l'animal avait bondi sur le rebord de la fenêtre du rez-de-chaussée. Très maigre, les yeux couleur de résine. Elle avait remarqué son oreille déchirée, son poil jaune troué de zones plus claires. Il l'examinait d'un air craintif.
Elle s'était approchée, il s'était contracté. Son corps changeait de forme, c'est ce qu'elle avait pensé sur le moment, devenant à la fois plus mince et plus gros.
La main tendue vers lui, elle n'a pas bougé, alors qu'au bout de l'autre bras la cisaillait ce sac, lourd de viande sanglante et de kilos de pommes de terre. Le souvenir de la chatte blanche de la Mère, brusquement, a refait surface.
Mais celui-ci était différent. Il se méfiait, voilà tout. On voyait bien qu'il n'avait pas eu la vie facile. Son épaule barrée d'une blessure mal cicatrisée était encore purulente. Plaqué contre la vitre, il la dévisageait, les yeux écarquillés. Elle s'est dit que personne, avant, ne l'avait fixée de cette façon. Comme s'il n'existait rien d'autre qu'elle.


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia