Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Eric Sarner
Date de saisie : 18/03/2012
Genre : Récits de Voyages
Editeur : Plon, Paris, France
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-259-21265-6
GENCOD : 9782259212656
Sorti le : 05/01/2012
1) Qui êtes-vous ? !
Un écrivain, un poète, un documentariste, un abonné au gaz, un passeur, un passant.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
L'Algérie avant, après et pendant... Le regard d'un homme qui y est né et y revient en 2011.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Le dos à la mer, je regarde. Les maisons de la Casbah s'appuient les unes contre les autres, descendent la colline jusqu'à la place des Martyrs. Il y a là des palais endormis, des souterrains et oubliettes creusés par les Turcs, une mosquée du XIème siècle, des magasins en pente proposant l'imaginable et tout le reste, des silhouettes furtives, des hommes pieux, de malignes entremetteuses, des enfants balle au pied là où les murs ne sont plus.
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une mélopée de style chaabi : Algérie et Andalousie
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Une vision où deux peuples "inséparables" s'accordent davantage qu'ils ne s'irritent.
Un voyage en Algéries est un récit de voyage, cinquante ans après l'indépendance.
Éric Sarner, né à Alger, y revient avec l'appétit de découvrir ce pays dont il n'a connu que la capitale, à l'époque de la colonie. Parcourir l'Algérie de nos jours, c'est aussi voyager dans le temps, s'interroger sur le passé lointain ou proche, raconter quelques histoires parmi tant d'autres : celle d'un inconnu ou d'une famille, celle d'un fait de guerre ou d'une figure majeure de l'histoire - saint Augustin, évêque d'Hippone (actuel Annaba), l'émir Abd el-Kader, résistant, poète et maître soufi, Cervantès, captif à Alger, évadé et réfugié dans une grotte, ou d'autres comme Kateb Yacine, Jean Sénac, Albert Camus, Germaine Tillion -, ou bien encore rencontrer les multiples formes de musique algérienne...
L'auteur regarde, écoute, donne la parole et raconte ce qui le touche, ce qui le surprend ou l'agace, ce qu'il ne comprend pas comme ce qu'il admire.
À deux heures d'avion de Paris, l'Algérie n'est pas seulement un voisin de la France. Les liens profonds et passionnels qui unissent les deux pays s'expliquent autant par les cent trente-deux années de colonisation que par la guerre qui a suivi.
Les récentes années noires ont occulté, dans le sang et les larmes, des éléments passionnants de l'histoire de l'Algérie et des Algériens, à commencer par leurs conditions de vie quotidienne, leurs rêves, leurs croyances et leurs cultures au pluriel.
Éric Sarner, écrivain et poète, a, entre autres, publié La Passe du vent (Payot, 1994), à propos d'Haïti, et Sur la Route 66 - petites fictions d'Amérique (Hoëbeke, 2009).
Images d'enfance, échos du printemps arabe, Eric Sarner signe un récit de voyage, 50 ans après l'indépendance...
Eric Sarner en a arpenté des continents, des pays, des îles, des routes - ainsi cette fameuse route 66 dont il a fait un film puis un livre -, mais il n'a jamais oublié Alger, sa ville natale, quittée à l'âge de 10 ans, peu avant l'embrasement. Cinquante ans après l'indépendance, l'écrivain voyageur a éprouvé l'irrésistible besoin d'y retourner pour observer le présent mais aussi comprendre le passé et pressentir l'avenir de ce pays particulier du Maghreb que les révolutions arabes ne sont pas (encore) parvenues à déverrouiller. Il a ramené de ce voyage «en Algéries» un récit où s'entremêlent les rencontres de cette année passée et les souvenirs de l'ère coloniale, les petits détails du quotidien (le goût prononcé des Algériens pour le café au lait bien sucré, leur sentiment de ne connaître que la «malvie») et les beautés du paysage qu'il décrit avec les accents du poète qu'il est aussi...
Il arrive un instant dans le port où on n'entend plus rien. Déjà sorti, pas encore entré, on est en partance. C'est l'entre-deux, la lisière la plus intime.
Un samedi, vers 13 heures, imaginer Alger en face, Marseille juste derrière. Perspectives. Le J4 n'a aucune grâce mais c'est ainsi, c'est là que le passager embarque. Le J est pour Joliette, l'un de ces mots gracieux de la langue française. Quelqu'un a parlé du «Grand Fleuve», pour dire le mince espace entre la France et l'Algérie, des deux côtés de cette vieille mère usée, hystérique, adorable, la Méditerranée. Le voyage est comme un dialogue entre celui qu'on est et celui qu'on pourrait être, celui-là qui marche dans le décor toujours émouvant d'une passerelle. Celui qui marche, celui qui écrit.
J'ai appris très tôt ce mot, «Joliette». Il a même désigné pour moi toute la ville, qui sait, le pays entier, la France. Il était doux ce mot, forcément ensoleillé, forcément clair et vaste, au bout de la mer. Un parfum d'étranger certainement redoutable. Une idée arrivée par les sens, avec un goût de poivre, peut-être bien, un léger froid nouveau, des sons tranchants, quelque chose de plus dur, comme plus sérieux dans l'air. Une terre d'adultes, c'était (...)
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia