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Auteur : Elizabeth Brami
Date de saisie : 07/01/2012
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : Flammarion, Paris, France
Collection : Emotion
Prix : 13.00 € / 85.27 F
ISBN : 9782081243910
GENCOD : 9782081243910
Sorti le : 18/01/2012
«Si c'était à refaire, je ne naîtrais pas. Je refuserais.
Trop épuisante, la vie.
Qu'est-ce qui m'a pris de m'accrocher comme ça à l'utérus de ma mère ?
Était-ce si confortable là-dedans, au fond du trou, pour que j'y squatte pendant neuf mois ?»
Je renaîtrai de vos cendres est le journal de bord augmenté de textes de Shosha durant sa Terminale.
En lutte contre les aléas du lycée et les silences de sa famille, elle poursuit avec rage sa quête d'identité pour savoir si, oui ou non, la vie vaut d'être vécue.
De colères en doutes, de souvenirs en questionnements, de rêveries en insomnies, la jeune fille fera la stupéfiante découverte de ses origines. Pour cela, il lui faudra remonter à la Seconde guerre mondiale. Un pas en arrière qui va lui permettre d'avancer, de se trouver, de se réconcilier avec elle-même et le monde...
Shosha est en Terminale. A l'approche du Bac, sa vie se traîne, morne, routinière, inutile. D'avoir subi un déménagement en banlieue doublé d'un changement de lycée, n'a rien arrangé. Partout et à tout moment, l'adolescente se sent en rupture, à part, hors sujet et hors de soi. D'ailleurs, c'est le verdict impitoyable de la prof de philo qui ne l'épargne pas. Depuis dix-sept ans qu'elle est au monde, Shosha se sent comme un volcan prêt à cracher à tout moment ses laves brûlantes. C'est plus fort qu'elle, tout l'écoeure et l'enrage. Alors, elle remet ses parents en question, hurle sa désillusion totale des adultes en général et de sa famille en particulier. De même pour ses semblables.
«Tu es née en colère» dit sa mère. Que comprendre de ce feu intérieur qui l'embrase et l'épuise ? Comment accepter d'être née, faire le choix de la vie ? Et surtout en cette année 2005 où l'Histoire la rattrape malgré elle ?
De crises de désespoir en accès de rage, de mutisme en cris, Shosha, aidée par ses lectures, les textes qu'elle écrit, et la parole salvatrice d'une enseignante, affrontera les non-dits de son histoire familiale, devra admettre qu'ils recoupent les pages terrifiantes de la Seconde Guerre Mondiale.
Est-ce le prix à payer pour quitter avec courage les rives et les rêves de son enfance, pour accoucher enfin d'elle-même et trouver le désir de vivre ?
Et si dans «colère» il y avait «éclore» ?
Elisabeth Brami est née à Varsovie après la guerre. Elle fait des études supérieures de lettres et de sciences humaines. Psychologue clinicienne, elle exerce de 1974 à 2006 dans un Hôpital de jour pour adolescents de la région parisienne. Elle crée des ateliers d'écriture et une revue : «Lis tes ratures» à partir de 1990, année où elle devient auteure jeunesse. Depuis, elle a publié près d'une centaine d'albums et de romans pour tous les âges chez divers éditeurs, certains primés (Prix France-télévision, Prix Saint-Exupéry, Prix Chronos Suisse, Prix du Premier roman de Chambery...), et traduits aux États-Unis, en Allemagne, au Japon... Les Heures secrètes, son troisième roman pour adultes vient de paraître au Seuil.
Ceci est mon journal, mais je vais essayer de l'écrire comme un roman. Ça vous énerve ? Tant pis ! Je ne vous ai pas demandé de le lire. Si vous le lisez, c'est que vous m'avez volé mon cahier, que vous avez violé mon intimité. Alors, dégagez ! Refermez ce cahier ou bien, comme on dit :
«Merde à celui qui le lira !»
Si je décide d'écrire, ce n'est pas que ma vie soit plus intéressante que celle des Zautres, ni que je sois prétentieuse au point de me prendre pour une écrivaine. Non, c'est pour survivre. Pour supporter ma Terminale, en espérant que ce sera la dernière pire année de ma vie scolaire, de ma vie tout court. Que cela me permettra de m'en souvenir plus tard. Au cas où j'aurais un «plus tard».
Si je décide d'écrire, c'est que je tiens encore à y croire, à ce «plus tard», et que je ne suis pas modeste du tout, bien que je me sente la dernière des nulles.
Si je décide d'écrire, c'est pour m'en sortir, pour mettre dans ces pages le plus vrai de moi - je n'ai pas dit «le meilleur». C'est pour y jeter en vrac toutes mes contradictions, essayer de faire le tri.
J'en profiterai pour noter les citations que j'aime et qui m'aident à me sentir moins seule. Je recopierai aussi les textes que j'écris au jour le jour, lorsqu'ils ne seront pas trop lamentables.
J'ai tellement de mal à supporter qui je suis, que vomir mes tripes dans ce cahier à spirales me fera peut-être du bien, même si, à la minute où je trace ces lignes, mon futur me semble improbable, et l'horizon de mon avenir, d'un noir parfait.
J'espère qu'un jour, dans très longtemps, je ne sais pas quand, je saurai relire ce cahier avec étonnement et sympathie pour la fille bancale que je suis aujourd'hui. Sans me moquer.
J'espère que je saurai sourire en reconnaissant la Shosha de 17 ans ; que je ne ricanerai pas bêtement comme tous les adultes amnésiques de leur enfance, que je ne cracherai pas comme eux sur mon adolescence, que je n'aurai pas trahi mes serments de jeunesse.
Moi, Shosha, je le jure : je crois à ma colère et à mon écriture. Faut bien croire en quelque chose, sinon tu crèves.
Surtout l'année du bac !
le 12 octobre 2004
Place de la Jamais-Contente
(notre nouvelle adresse me va comme un gant !)
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