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Auteur : Jules Verne
Date de saisie : 07/01/2012
Genre : Litterature Jeunesse Romans / Contes / Fables Poche
Editeur : Ecole des loisirs, Paris, France
Collection : Classiques Abreges
Prix : 6.41 € / 42.05 F
ISBN : 9782211208406
GENCOD : 9782211208406
Sorti le : 02/02/2012
C'est dans l'estomac d'un requin que commence ce voyage, l'un des plus extraordinaires relatés par Jules Verne. En effet, le squale a avalé une bouteille contenant un message rédigé en trois langues : une fois partiellement déchiffré, le texte révèle le naufrage d'un navire, le Britannia, et de son capitaine, le valeureux Harry Grant. Seule certitude sur la localisation du naufragé, il se trouve sur le trente-septième parallèle.
Un courageux lord écossais, sa charmante jeune femme, un major impassible, un géographe français extrêmement distrait et les deux enfants du capitaine Grant vont donc suivre ce trente-septième parallèle, franchir les Andes et leurs incessants séismes, traverser la Patagonie avec l'aide d'un Indien, survivre à un ouragan, et poursuivre leurs recherches... en Australie.
Là, ils retrouveront l'ancien quartier-maître du Britannia, un dénommé Ayrton, qui les trahira pour livrer leur navire aux pirates, puis ils échoueront sur les côtes de la Nouvelle-Zélande où ils tomberont aux mains des cannibales...
Bouteille à la mer, tour du monde, pirates, Indiens, cannibales, naufrages : tous les ingrédients sont réunis pour «mettre en scène des rêves de petit garçon» - précisément la définition du roman d'aventures telle que la conçoit le maître du genre : Robert Louis Stevenson.
Les Enfants du capitaine Grant constituent le premier volet d'une trilogie romanesque que complètent Vingt Mille Lieues sous les mers et L'Ile mystérieuse.
Cette collection se propose de rendre accessibles aux jeunes lecteurs de grandes oeuvres littéraires. Il ne s'agit jamais de résumés, ni de morceaux choisis, mais du texte même, abrégé de manière à laisser intacts le fil du récit, le ton, le style et le rythme de l'auteur.
PREMIÈRE PARTIE
BALANCE FISH
Le 26 juillet 1864, par une forte brise du nord-est, un magnifique yacht évoluait à toute vapeur sur les flots du canal du Nord. Le pavillon d'Angleterre battait à sa corne d'artimon. Ce yacht se nommait le Duncan ; il appartenait à lord Glenarvan, l'un des seize pairs écossais qui siègent à la Chambre haute. Lord Edward Glenarvan se trouvait à bord avec sa jeune femme, lady Helena, et l'un de ses cousins, le major Mac Nabbs.
Le Duncan, nouvellement construit, était venu faire ses essais à quelques milles au-dehors du golfe de la Clyde ; déjà l'île d'Arran se relevait à l'horizon, quand le matelot de vigie signala un énorme poisson qui s'ébattait dans le sillage du yacht. Le capitaine John Mangles fit aussitôt prévenir lord Edward de cette rencontre. Celui-ci monta sur la dunette avec le major Mac Nabbs, et demanda au capitaine ce qu'il pensait de cet animal.
- Vraiment, Votre Honneur, répondit John Mangles, je pense que c'est un requin d'une belle taille.
- Un requin dans ces parages ! s'écria Glenarvan.
- Cela n'est pas douteux, reprit le capitaine. C'est le balance fish ! Si Votre Honneur y consent, et pour peu qu'il plaise à lady Glenarvan d'assister à une pêche curieuse, nous saurons bientôt à quoi nous en tenir.
- Faites, John, dit lord Glenarvan.
Puis il envoya prévenir lady Helena, qui le rejoignit sur la dunette.
John Mangles donna ses ordres. Les matelots jetèrent pardessus les bastingages de tribord une forte corde, munie d'un émerillon amorcé avec un épais morceau de lard. Le requin sentit l'appât offert à sa voracité. Il se rapprocha rapidement du yacht. À mesure qu'il s'avançait, ses gros yeux saillants apparaissaient, enflammés par la convoitise, et ses mâchoires béantes, lorsqu'il se retournait, découvraient une quadruple rangée de dents. Sa tête était large et disposée comme un double marteau au bout d'un manche. John Mangles n'avait pu s'y tromper; c'était là le plus vorace échantillon de la famille des squales, le poisson-balance des Anglais.
Bientôt l'animal fut à portée de l'émerillon ; il se retourna sur le dos pour le mieux saisir, et l'énorme amorce disparut dans son vaste gosier. Aussitôt il se «ferra» lui-même en donnant une violente secousse au câble, et les matelots halèrent le monstrueux squale au moyen d'un palan frappé à l'extrémité de la grande vergue.
Le requin se débattit violemment, en se voyant arracher de son élément naturel. Mais on eut raison de sa violence. Une corde munie d'un noeud coulant le saisit par la queue et paralysa ses mouvements. Quelques instants après, il était enlevé au-dessus des bastingages et précipité sur le pont du yacht. Aussitôt, un des marins s'approcha de lui, non sans précaution, et, d'un coup de hache porté avec vigueur, il trancha la formidable queue de l'animal.
La pêche était terminée; il n'y avait plus rien à craindre de la part du monstre; la vengeance des marins se trouvait satisfaite, mais non leur curiosité. En effet, il est d'usage à bord de tout navire de visiter soigneusement l'estomac du requin. Lady Glenarvan ne voulut pas assister à cette répugnante «exploration», et elle rentra dans la dunette.
(...)
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