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.. La belle année

Couverture du livre La belle année

Auteur : Cypora Petitjean-Cerf

Date de saisie : 06/05/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 19.50 € / 127.91 F

ISBN : 9782234071766

GENCOD : 9782234071766

Sorti le : 08/02/2012

J'avais passé un très bon moment de lecture avec un autre livre de Cypora Petitjean-Cerf, Le film, et le plaisir fut le même avec son nouveau roman, La belle année.
Tracey a onze ans, elle vit à Saint-Denis, et elle vient de rentrer en sixième. Ses parents sont séparés : elle vit avec sa mère et son beau-père, Takashi, qu'elle n'aime pas trop. Son père vit dans un immeuble voisin, il a peur de sortir et vit aux crochets de sa mère abusive. Et le meilleur ami de Tracey s'appelle Cosimo.
Tracey nous fait donc découvrir son petit monde et ses interrogations sur la vie, le temps d'une année qui va s'avérer riche en surprises, dont surtout une : Tracey va découvrir l'amour, un peu malgré elle.
La belle année est un livre très drôle : Tracey n'a pas la langue dans sa poche, son imagination est débordante et ses réflexions sur la vie sont assez irrésistibles, tout comme les conversations avec son beau-père, dont l'accent japonais est parfois incompréhensible.
Et ce roman a aussi le mérite de se passer en banlieue sans présenter un aspect glauque du fameux 93. C'est sûr, La belle année vous donnera forcément la banane, coincé(e)s que vous êtes dans la grisaille du métro !


Que faire quand on est née un huit août, qu'on pèse quarante huit kilos pour un mètre cinquante huit et qu'en plus le chiffre huit évoque le corps féminin ? Créer la religion du Huit, et y dédier sa vie !
A onze ans, Tracey vit à Saint-Denis, au milieu de la cité des QuatreMille et de celle des Cosmonautes. Entre Elizabeth, sa mère dépourvue d'instinct maternel, son beau-père Takashi, qui essaye courageusement d'apprendre le français, un père, agoraphobe infantile et Cosimo, son ami homosexuel, elle n'a pas une vie vraiment exemplaire. Tout semble devoir durer ainsi indéfiniment. Pourtant sa rentrée au collège va tout bouleverser. Une nouvelle année commence, pleine de rebondissements, à l'image de cette jeune narratrice aussi contradictoire que déterminée. Avec brio, Cypora Petitjean-Cerf relève le défi de se mettre dans la peau d'une ado trop sagace pour son milieu. Dans un style naïf et rythmé elle construit le portrait de cette jeune espiègle : les anecdotes s'enchaînent sans anicroches, la présentant critique ou songeuse, mais remerciant toujours son Dieu Huit. Soudain la petite Tracey est métamorphosée. Certes, le langage est foutraque, mais il lui sied à merveille : tout comme ses nombreux acolytes, elle est pétrie de défauts et d'autant plus authentique. Et si le quotidien semble léger, il n'en reste pas moins la base pour soulever des questions plus profondes. La belle année, une chronique exubérante et moderne, à mettre entre toutes les mains.


  • Les présentations des éditeurs : 08/01/2012

«Je m'appelle Tracey Charles et j'ai onze ans. Je viens d'entrer en sixième au collège Jean-Lurçat qui se trouve tout près de mon ancienne école. L'école des Cosmonautes est la plus pourrie de la ville, tout le monde le dit. J'habite Saint-Denis depuis toujours. Je suis née en 1997 à l'hôpital Delafontaine qui est à deux cents mètres de l'école des Cosmonautes ci à quatre cents mètres de mon collège. Sans vouloir me vanter, je suis intelligente. En CM2, j'avais des vingt sur vingt dans toutes les matières et j'étais tellement rapide qu'au bout de deux minutes j'avais fini tous les exercices prévus pour une heure. Du coup, la maîtresse me donnait d'autres trucs plus difficiles. Mais ses trucs plus difficiles, je les finissais en dix minutes et après je restais les bras croisés jusqu'à la récréation. Le problème était d'autant plus embêtant que je bavarde quand je n'ai rien à faire. Ou plutôt je bavardais, car on parle de l'année dernière, une époque où je n'étais pas encore mûre. Pour prévenir les débordements, la maîtresse m'avait placée loin de mon copain Cosimo. A l'autre bout de la classe. Cosimo est mon meilleur ami depuis le CP. Je précise qu'il est homosexuel et moi aussi. Forcément, ça crée des liens. Et puis il déteste son beau-père, tout comme moi.»

Cypora Petitjean-Cerf est née en 1974. Elle a public eu 200^ L'École de la dernière chance, un an en classe-relais et clic est l'auteur rie trois romans, Le Musée de la Sirène, Le Corps de Liane et Le Film, tous parus chez Stock.


  • Les courts extraits de livres : 08/01/2012

Automne

Je m'appelle Tracey Charles et j'ai onze ans. Je viens d'entrer en sixième au collège Jean-Lurçat qui se trouve tout près de mon ancienne école. L'école des Cosmonautes est la plus pourrie de la ville, tout le monde le dit. J'habite Saint-Denis depuis toujours. Je suis née en 1997 à l'hôpital Delafontaine qui est à deux cents mètres de l'école des Cosmonautes et à quatre cents mètres de mon collège. Cet hôpital a la plus mauvaise réputation du département. Il paraît que des trucs bizarres se passent dans les sous-sols. On raconte des histoires de bébés morts et de femmes à huit bras. Mais cette dernière partie est fausse, évidemment. Certaines personnes peuvent naître avec un tout petit bras minuscule sur le côté genre pince de crabe, mais c'est tout. Il ne faut pas non plus prendre les gens pour des imbéciles. Sans vouloir me vanter, je suis intelligente. En CM2, j'avais des vingt sur vingt dans toutes les matières et j'étais tellement rapide qu'au bout de deux minutes j'avais fini tous les exercices prévus pour une heure. Du coup, la maîtresse me donnait d'autres trucs plus difficiles. Mais ses trucs plus difficiles, je les finissais en dix minutes et après je restais les bras croisés jusqu'à la récréation. Le problème était d'autant plus embêtant que je bavarde quand je n'ai rien à faire. Ou plutôt je bavardais, car on parle de l'année dernière, une époque où je n'étais pas encore mûre. Pour prévenir les débordements, la maîtresse m'avait placée loin de mon copain Cosimo. À l'autre bout de la classe. Cosimo est mon meilleur ami depuis le CP. Je précise qu'il est homosexuel et moi aussi. Forcément, ça crée des liens. Et puis il déteste son beau-père, tout comme moi.

***

Depuis février 2007, maman sort avec un Japonais qui s'appelle Takashi. Avec sa tête d'oeuf et ses yeux de chien, Takashi a le physique le plus ingrat que je connaisse. Et quand il essaie de parler français, c'est pire ! Il force comme un malade pour sortir les sons, on a l'impression qu'il va vomir. En plus, ce n'est pas pour autant qu'il parle bien : la moitié du temps, on ne comprend rien à ce qu'il raconte. Maman prétend qu'elle comprend, mais je pense qu'elle ment. Quand Takashi articule «pulé» à table, comment elle peut savoir s'il veut dire «poulet» ou «purée» ? D'après moi, il n'y a aucun moyen. Et c'est juste un exemple parmi d'autres. Des anecdotes comme ça, je pourrais en trouver des milliers.


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