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Auteur : Emilie de Turckheim
Date de saisie : 02/03/2012
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France
Collection : Roman
Prix : 18.50 € / 121.35 F
ISBN : 9782350871851
GENCOD : 9782350871851
Sorti le : 02/02/2012
«Tout le monde la voit. Elle hameçonne les hommes des trottoirs, des voitures, de tous les âges, des terrasses de café, guêpes posées sur sa beauté.»
Héloïse a cinq mois et une tétine dans la bouche quand elle tombe amoureuse du Dr Lawrence Calvagh. A treize ans - grâce intacte, corps incandescent, boucles blond vénitien, rouge à lèvres cerise -, Héloïse a un appétit d'ogresse et l'avenir lui sourit. Pourquoi ne pas tout sacrifier pour une passion de contrebande, qui avant même d'être goûtée porte en elle cruauté et mélancolie ?
D'une liberté irrésistible, Héloïse croit au miracle amoureux et tord le cou des lois - une échappatoire à l'ennui et à la brutalité de la vie.
Née en 1980, Emilie de Turckheim publie à vingt-quatre ans Les Amants terrestres. Son expérience de visiteur à la prison de Fresnes lui inspire Les Pendus. Elle est l'auteur de Chute libre et du Joli Mois de mai.
Le Prix Bel Ami 2012 du roman a été attribué à Émilie de Turckheim pour Héloïse est chauve.
Créé en 2007 et présidé par Elisabeth Reynaud, le Prix Bel Ami récompense l'auteur(e) d'une biographie, d'un roman et d'un scénario retraçant un destin de femme remarquable.
«Emilie de Turckheim croque cinquante ans de passion avec la pétulance de son héroïne et l'absence totale d'un quelconque souci des convenances (...) Caustique et impertinente, elle livre un roman inattendu.»
Françoise Dargent, Le Figaro littéraire
«De ces personnages, de cette situation Emilie de Turckheim tire, plutôt qu'un objet de scandale, une prose vive, heurtée, mouvementée et un propos qui tient du manifeste chaque minute mente d'être vécue intensément et aucune ne doit être gâchée !»
Daniel Martin, La Montagne
«L'écriture et l'inspiration audacieuses d'Emilie de Turckheim sont un enchantement (...) Ce roman subversif n'en reste pas moins une véritable pépite littéraire.»
Delphine Peras, L'Express Styles
«L'érotisme et les fantasmes s'entremêlent dans un texte souvent cru mais toujours transfiguré par une écriture allègre et gourmande. Ne vous fiez pas aux jolies boucles blondes d'Emilie de Turckheim, suivez plutôt son regard vif : il mène tout droit vers son oeuvre, singulière et impertinente.»
Karine Papillaud, Le Point
«Périlleux en diable, l'exercice comico-érotique auquel se livre Emilie de Turckheim est une réussite totale. Il n'est pas évident de revisiter Lolita à notre époque, et pourtant Héloïse émeut. Alors on dit chapeau !»
Héléna Villovitch, Elle
«Piquante comme la beauté d'Héloïse, sa plume tisse des personnages déroutants et une intrigue addictive.»
Isabelle courty, Le Figaro Magazine
Bienvenue dans l'univers irrésistiblement féminin et fantasque d'Héloïse est chauve, le cinquième livre d'Émilie de Turckheim. L'auteur transforme un postulat surprenant en une formidable histoire d'amour qui se déguste comme une douceur inédite, fourrée d'heureux grains de folie qui craquent délicieusement sous la dent...
L'érotisme et les fantasmes s'entremêlent dans un texte souvent cru mais toujours transfiguré par une écriture allègre et gourmande. Ne vous fiez pas aux jolies boucles blondes d'Émilie de Turckheim, suivez plutôt son regard vif : il mène tout droit vers son oeuvre, singulière et impertinente.
Dérangeant, grave et distrayant, le cinquième roman d'Emilie de Turckheim est une véritable réussite. Attention, livre incandescent ! Difficile de qualifier autrement ce cinquième roman d'Emilie de Turckheim, 32 ans, un talent sidérant. Car il en faut pour nous happer, comme elle y parvient de sa plume chauffée à blanc, avec cette histoire improbable de la jeune Héloïse, belle à se damner, amoureuse depuis toute petite du séduisant Dr Lawrence Calvagh (du gaélique : chauve)
Héloïse est chauve. Il lui reste longtemps à vivre. Sa robe a la rigidité inquiète des habits neufs. Pas une particule de vernis ne déborde des ongles rouges, coupés court. Droite, dans son fauteuil, elle est plus basse que les autres, les orteils étranglés par une paire de ballerines qui boudiné la chair replète de ses pieds. Mirabelle a tendu un châle entre les accoudoirs pour qu'Héloïse ne s'écroule pas. Le châle sent la peau de Mirabelle : les algues, la pulpe orange de l'oursin, les abysses vert-noir de la Méditerranée. Personne ne s'occupe d'Héloïse. Parfois un visage s'approche, des yeux, des bleus, des noisette, des lunettes, on caresse sa joue, son pauvre crâne rose. Héloïse ne parle pas. Elle attrape le triangle qu'un enfant lui tend, le fourre dans sa bouche et agite les mâchoires. Mirabelle plonge son index entre les lèvres d'Héloïse pour retirer le petit-four rongé, blanchi, dégueulasse. Héloïse ne se plaint pas. Elle a l'habitude qu'on retire les aliments de sa bouche. C'est pour son bien. Elle hoche gentiment la tête. Elle est à peine là. Elle ignore les prénoms, les âges, les histoires des gens, les enfants cachés dans les ventres des grands meubles, les ourlets de dentelle aux chevilles des petites filles, son père isolé dans un coin bougon, qui tourne les pages d'un catalogue d'art africain, La Splendeur des Dogons, le sapin alourdi par les anges et les boules de Noël où se reflètent les visages des invités, mouvants, en forme de sablier, de patate, de verre à pied. Les yeux d'Héloïse sautillent sur le chapeau à voilette de Justine, le flacon de vernis à ongles que Justine tient dans la main, la nappe rouge, les saints Nicolas en pain d'épice, les toasts aux oeufs de lump, les blinis, les tomates miniatures coiffées d'une câpre, transpercées d'un cure-dents, la couleur poisseuse du saumon, la crème fraîche qui a quitté son pot en plastique pour un ramequin chinois, et Violette, la femme blonde, translucide, envasée dans une méridienne, un nourrisson au creux des bras. Violette voudrait jeter le bébé dans le feu de cheminée. Il est né quand il a neigé, une semaine plus tôt, à minuit, Violette a appelé l'homme qu'elle aime. Lawrence, viens me chercher, c'est maintenant ! Il naît, il sort de moi ! Je vois le haut de sa tête ! Il est roux ! Il est irlandais ! L'homme lui demande de se calmer, calme-toi, il le répète trois fois. Il dit qu'elle est inconsciente d'appeler chez lui, elle aurait pu réveiller sa femme. Et avec une voix adoucie, dit qu'il est sorti dans le couloir pour décrocher l'autre téléphone, dit que Violette doit être raisonnable, intelligente, qu'elle le met dans une situation extrêmement délicate. La façon menaçante d'articuler extrêmement. Il ne peut pas venir, non, il n'a pas à le faire, il est désolé, il va lui commander un taxi qui passera la prendre en bas de chez elle, mieux, une ambulance, et il pensera bien fort à elle. Violette trouve qu'une pensée, même bien forte, ne suffit pas, parce qu'il a tourné autour d'elle comme une mouche bruyante, noire, à merde, entêtée.
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