Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Sadie Jones
Traducteur : Vincent Hugon
Date de saisie : 08/01/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : 10-18, Paris, France
Collection : Grand format
Prix : 19.30 € / 126.60 F
ISBN : 9782264053077
GENCOD : 9782264053077
Sorti le : 19/01/2012
Jeune major fier et ambitieux de l'armée britannique, Hal Trahene est appelé à Chypre, colonie anglaise où le gouverneur vient de proclamer l'état d'urgence. Depuis plusieurs mois, l'île est à feu et à sang, ravagée par les attentats et la répression sanglante des forces britanniques. Écoeuré par ces agissements barbares, rongé par la culpabilité, l'horreur de la guerre aura bientôt raison des idéaux patriotiques de Hal. Tandis que, impuissant, il s'enferme dans le silence, son épouse, Clara, se sent de plus en plus démunie.
Sadie Jones sonde avec une remarquable justesse la violence des guerres silencieuses et intimes, dévoilant pleinement toute l'étendue de son talent.
«Sa prose est directe, sans fioritures, irrésistiblement dynamique et puissante.»
The Indépendant
Sadie Jones est née à Londres, d'un père jamaïcain écrivain et d'une mère anglaise actrice. Elle a voyagé plusieurs années, travaillé comme serveuse et enseigné l'anglais comme langue étrangère, avant de revenir à Londres pour interpréter différents rôles au cinéma. Elle est alors devenue scénariste, pendant plus de quinze ans, écrivant pour la BBC et pour des longs métrages. Le proscrit son premier roman publié en Angleterre en 2008, a remporté le «Costa First Novel Award» et était finaliste de l' «Orange Prize». Sadie Jones vit à Londres avec son mari, l'architecte Tim Boyd, et leurs deux enfants.
L'armée avait loué pour eux une maison à Limassol, non loin du port, car on ne leur avait pas encore attribué de logement dans la base.
Hal savait que la météo avait été mauvaise pendant tout le voyage, même passé Gibraltar, et il se représentait Clara et les petites confinées dans leur cabine depuis Portsmouth. Il espérait qu'elles n'avaient pas été trop malades ; Clara n'avait pas le pied marin. Pour sa part, il avait apprécié son vol agité au départ de Krefeld, au-dessus des différents pays européens et du bleu ridé de la mer, qui lui avaient évoqué ces maquettes en argile dans lesquelles on plante de petits drapeaux pour visualiser les déplacements d'unités militaires.
Hal avait été promu major et transféré seul de son bataillon en Allemagne à sa nouvelle unité, au sein de laquelle il ne connaissait personne. Tout était inédit pour lui. Il avait endossé ses fonctions de commandement et son grade avec une énergie inépuisable et s'en était vu récompensé par une transition sans heurts. Toutefois durant ce mois à dormir seul à Limassol, la vie en collectivité de la caserne lui avait manqué et la solitude lui avait été pénible.
La maison, située dans une rue pavée, était étroite, sans dégagement et n'avait qu'un verrou. Hal n'était pas tranquille à la pensée de ce déconcertant manque de sécurité, associé à l'impossibilité d'apercevoir par les fenêtres autre chose que la façade de guingois des demeures d'en face. Si quelqu'un s'avisait de s'en prendre à eux ou de poser une bombe, il n'y aurait rien à faire. Quelques mois plus tôt, à Famagouste, un terroriste de l'EOKA - l'Ethniki Organosis Kyprion Agoniston, l'Organisation nationale des combattants chypriotes - avait balancé par une fenêtre ouverte un engin explosif dans la maison d'un militaire britannique, alors que l'épouse de celui-ci couchait leurs enfants. Hal avait conscience qu'il importait de tempérer son instinct -son douloureux sentiment de responsabilité - et que l'officier du logement faisait tout ce qui était en son pouvoir pour leur procurer un toit au cantonnement. Néanmoins la femme de ce soldat de Famagouste avait perdu la moitié du bras dans l'explosion. Hal l'avait encore rappelé au bureau du logement ce matin-là, mais au-delà de ça, il était impuissant : il devait partir du principe que tout ce qui pouvait être fait l'était. S'il commençait à en douter, ce ne serait pas tenable, alors que s'il gardait confiance, la venue de son épouse demeurait envisageable, malgré ce qui était arrivé à celle de cet autre militaire.
Couché dans le lit trop grand, mais qui serait trop petit dès lors que Clara l'aurait rejoint, il imagina le départ de celle-ci pour Chypre. L'hiver avait été cruel dans toute l'Europe. Hal se figura le port de Portsmouth par une journée froide, le HMS Endeavour, énorme et froid, lui aussi, et Clara adressant de la main des signes d'adieu à sa mère.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia