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Auteur : Jean-François Derec
Date de saisie : 15/01/2012
Genre : Humour
Editeur : Ed. du Moment, Paris, France
Prix : 16.95 € / 111.18 F
ISBN : 978-2-35417-141-4
GENCOD : 9782354171414
Sorti le : 12/01/2012
1) Qui êtes-vous ? !
Aucune idée. Et je n'ai aucune envie de le savoir, imaginez que je ne me plaise pas !
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Il s'agit des mémoires d'un personnage (dont j'ai promis de taire le nom), le seul ami d'enfance de Nicolas Sarkozy. Connaissant tout sur tout le monde il est présent partout, même dans les recoins les plus secrets de la famille. La nuit d'amour entre Nicolas et Carla ? Il était là ! La visite de Cécilia chez Kadhafi ? Il était là aussi ! Les vacances au Cap Nègre ? Les secrets les plus inavouables ? encore là ! Il sait tout tout sur tous, vous dis-je !
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Une phrase de la p 208, ligne 12. Tordante. Sans me vanter, une des meilleures de la littérature française, entre "Longtemps je me suis couché de bonne heure" (Proust) et "Saperlipopette ! Le Capitaine !" (Hergé)
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Aucune musique (et surtout pas une musique drôle, je les trouve sinistres).
C'est pour ça que j'ai écrit un livre. (En plus je ne sais pas écrire la musique, ça tombe bien).
Mais si voulez absolument une musique, disons "Daemon's eye" de Deep Purple. Aucun rapport mais j'adore.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Voir leurs épaules tressauter de rire en lisant ce bouquin dans un wagon de cette sinistre ligne du RER D serait ma plus grande joie et ma meilleure contribution à l'amélioration du sort des travailleurs en temps de crise.
Nicolas m'accueille, surexcité, à l'entrée de la villa du Cap Nègre. Sa montre Patek Philippe 3940 G (41 050 €, prix catalogue) jure avec son maillot de bain Décathlon, qui doit faire montgolfière dès qu'il entre dans l'eau. «Tu as vu cette piste pour l'hélico ? On l'a fait aménager rien que pour moi !»
Il n'en revient toujours pas d'être président. Le vrai môme. Il me prend par le bras : «Viens, tu connais tout le monde ?»
Je salue quelques invités avachis autour de la piscine. Jacques Attali, son maître d'hôtel sri-lankais agitant une ombrelle au-dessus de lui, est en train de brosser un tableau saisissant de ce qui nous attend pour le millénaire à venir et rappelle qu'il est le seul humain à avoir prévu la crise des subprimes, le 11 Septembre, l'invention du portable et le coup de boule de Zidane. Mais personne n'écoute, à part Johnny. BHL tente sans succès de convaincre Bernard Tapie d'investir dans sa revue La Règle du jeu, alors que celui-ci lui propose de mettre des billes dans un site de paris sportifs en ligne. Bigard sort de l'eau et s'approche d'Attali : «Un petit concours de pets, Jacques ?»
Les vacances, quoi.
La famille présidentielle recomposée a défrayé la chronique tout au long du quinquennat. Voici ses aventures, politiques et privées, revisitées façon sitcom, sous la plume candide mais caustique de l'humoriste Jean-François Derec... jusqu'à la naissance de la petite Giulia. Instructif et hilarant !
L'auteur :
Jean-François Derec, comédien, humoriste, chroniqueur de radio et de télévision, est l'auteur de plusieurs récits et romans. Son ouvrage Le jour où j'ai appris que j'étais juif (Denoël, 2007) fut également un one-man-show à succès.
BONS BAISERS DE TRIPOLI
«Nico» clignote sur l'écran de mon vieux Nokia E71.
Ça fait un bout de temps que je n'ai pas de ses nouvelles, mes affaires m'ayant retenu au Qatar. En gros depuis son élection, soit deux mois. Et puis, il a aussi ses affaires à lui. Je décroche. Je suis content de l'entendre.
- Ça va, quoi de neuf ? fait la voix familière. Et ton dos ?
Il s'en souvient ! Ça m'épate toujours, cette capacité qu'il a de vous faire croire que, sur l'instant, vous êtes la personne la plus importante au monde. Sincère ou pas ? Je n'en ai pas la moindre idée, et pourquoi s'en inquiéter ? Avoir un ami, n'est-ce pas le bien le plus précieux ?
Je lui dis que mon dos, ça dépend des jours.
- Bien bien...
Je le sens déjà impatient de passer à autre chose. Toujours aussi speed, mais ça... «Il faut que je te voie... Tu peux venir maintenant ? C'est très important !»
Ah ! Cette manière enfantine, irrésistible, de croire qu'on n'a rien de mieux à faire que de lui céder ! Ça ne s'est pas arrangé depuis qu'il est président. Et je lui cède.
Comme d'habitude, j'entre discrètement à l'Élysée par la grille du Coq, ce qui me permet d'arriver directement dans le salon des aides de camp.
- Le Président vous attend, susurre l'onctueux Guéant, avec cette tête à avoir gobé une saucisse.
Chaque fois que je le vois, c'est plus fort que moi, j'ai envie de l'imaginer avec une bonne diarrhée. Impossible. Il m'introduit dans le Salon doré où attend, outre Nico, un trio d'enfer : Kouchner, Fillon et Hortefeux.
- Je dérange ?
Elle a lâché ça sur le ton de la fille qui sait qu'elle dérange mais qui demande quand même, sachant qu'on n'osera pas dire oui.
Elle a pris l'habitude d'entrer comme ça, sans frapper, Cécilia, dans le bureau de son homme, en plein boulot : «Ne faites pas attention à moi, continuez !» Tout ça dans un volettement soyeux de senteurs patchouliennes (Shalimar, je dirais, au débotté).
(...)
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