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«Pour des raisons qui touchent à mes origines, à ma destinée, j'ai ressenti le besoin d'y voir clair dans cette vie. La littérature m'est apparue comme le mode d'investigation et d'expression le moins inapproprié. Elle est porteuse, comme l'histoire, comme la philosophie, comme les sciences humaines, d'une visée explicative, donc libératrice. Elle peut descendre à des détails que les discours rigoureux ne sauraient prendre en compte parce qu'il n'est de science que du général.
Les notes quotidiennes ne diffèrent pas, dans le principe, de ce que j'ai pu écrire ailleurs. Les autres livres se rapportent aux lieux, aux jours du passé, le Carnet à l'heure qu'il est, au présent.»
P. B.
Ce journal, qui couvre la première décennie du vingt et unième siècle, constitue le troisième volume des Carnets de notes de Pierre Bergounioux.
Pierre Bergounioux est né à Brive-La Gaillarde en 1949. Ancien élève de l'École Normale Supérieure, il enseigne le français en région parisienne. Marié et père de famille, il vit dans la vallée de Chevreuse. Passionné d'entomologie, il pratique également la sculpture.
La revue de presse Amaury da Cunha - Le Monde du 16 février 2012
Pierre Bergounioux, plutôt que d'écrire l'histoire de sa vie, en trace seulement les linéaments...
Son journal fait partie de ces livres qu'il faudrait toujours rendre accessibles dans sa bibliothèque. Car il aide à entendre que c'est au coeur de la normalité de nos vies que se joue un mystère quotidiennement renouvelé : "Nous nous ressemblons tous. Les mêmes choses nous touchent de la même façon. Je postule une forme de conformisme à la fois intellectuelle, logique et morale. Ce qui me révolte, révolte mes semblables. Ce qui m'exalte leur met les larmes aux yeux."
La revue de presse Jean-Claude Lebrun - L'Humanité du 5 janvier 2012
Cet érudit, ce grand clerc de notre siècle, accentue alors son impitoyable corps- à-corps avec le temps, les éléments, les choses de la vie. Les pages qu'il rédige chaque jour jettent les éclats d'une sombre beauté. Un désaccord avec le monde tel qu'il a tourné s'y donne à lire, entre amertume et lucidité douloureuse. Pendant longtemps on avait cru Pierre Bergounioux en proximité d'esprit, sinon d'obédience, avec les solitaires de Port-Royal. Dans son élévation d'esprit, son apparence de détachement, son provincialisme affiché. Jusque dans l'impeccable et complexe rigueur de son parler. On le découvre ici inséré dans un vaste réseau de relations, ne passant guère de journée sans que se multiplient les appels téléphoniques, les déplacements, les rencontres. Dans le monde donc, mais toujours à bonne distance intellectuelle. Le Carnet relève en l'espèce conjointement de l'écriture de soi et de l'approche critique. Donnant à voir plus clair, mais au prix d'une empoignade de tous les moments. Le moteur de cette écriture.