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.. Casanova et la femme sans visage : le commissaire aux morts étranges

Couverture du livre Casanova et la femme sans visage : le commissaire aux morts étranges

Auteur : Olivier Barde-Cabuçon

Date de saisie : 31/03/2012

Genre : Policiers

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Collection : Actes noirs

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-330-00278-7

GENCOD : 9782330002787

Sorti le : 01/02/2012

«Autrefois de Versailles, Nous venait le bon goût, Aujourd'hui la canaille, Règne et tient le haut bout.»
Cette épigramme résume assez bien l'atmosphère de décadence qui accompagna le règne de Louis XV et dont Jean-François Parot nous a longuement entretenus à travers les enquêtes de son Nicolas Le Floch. Olivier Barde-Cabuçon quant à lui choisit l'année 1759 pour lancer sa série d'enquêtes menée par le chevalier de Volnay et bien que «Casanova et la femme sans visage» ne s'embarrasse pas d'apostilles, ce roman parvient à faire revivre une époque et nous en restitue l'air du temps. Une époque où l'on jouait au cavagnole, au pharaon ou encore au biribi, un temps où Paris regorgeait d'espions et autres mouches au service du pouvoir. Un pouvoir justement qui se trouve être incarné par un roi à la morale douteuse (O tempora ! O mores !), incapable de gouverner et qui, malgré les croyances du parti dévot, n'a guère eu besoin de la Pompadour pour découvrir la luxure. Paradoxal siècle des Lumières qui voit ainsi émerger les encyclopédistes tandis que chacun est prêt à croire aux chimères de l'alchimie. Le crime commis sur l'une des perruquières du roi va donc expédier le commissaire aux meurtres étranges qu'est Volnay dans les coulisses de la royauté qui ferraille déjà contre les ferments de révolte véhiculés par certaines confréries. Force est de reconnaître l'érudition gourmande d'Olivier Barde-Cabuçon qui nous gratifie en outre d'un intéressant portrait de Casanova prompt à aiguillonner un chevalier de Volnay plus complexe qu'il n'y paraît. Imbriquant avec habileté l'intrigue romanesque dans ce cadre historique, l'auteur tisse une enquête inaugurale aussi épique que feuilletonesque non sans souligner la réalité sociale de l'époque en nous rappelant que «... si la pensée n'a pas le droit de circuler librement, il n'y a aucune liberté. Or, nos puissants ne veulent pas de cela car plus les gens pensent et plus ils sont intelligents, ce qui contrevient à leurs desseins d'assujettissement sur eux.»


On ne badine pas avec Casanova !
Pour l'épisode inaugural de sa série policière historique, Olivier Barde-Cabuçon fait fort : sous sa plume, Casanova le Vénitien, pantin aux multiples facettes, ne serait qu'un simple témoin ? Mais pas des moindres !
Une douce soirée de 1759. Une femme dont la peau du visage a été arrachée est retrouvée dans Paris. Un jeune et grand garçon à la mine plutôt agréable mais au regard sombre et au maintien sévère est chargé de l'enquête : Volnay, le commissaire aux morts étranges. Anobli et fait chevalier par le roi lui- même, après l'avoir sauvé lors de l'attentat de Damiens, il est reconnu pour ses moeurs irréprochables, mais n'en est pas moins surveillé de près par Sartine, lieutenant criminel de Paris. Quand il subtilise une lettre au poinçon royal retrouvée sur le cadavre, il se voit dorénavant affublé d'un compatriote inattendu, témoin de ce larcin : Casanova lui-même. Avec ce crime qui pourrait impliquer la Pompadour voire même Louis XV en personne, Olivier Barde-Cabuçon échafaude une enquête policière singulière. Plongeant au coeur des rouages d'un royaume où personne n'est à l'abri de personne, hormis le roi, il dresse le portrait d'une époque entre despotisme et chimères, ajoutant ainsi l'érudition au plaisir de le lire. Sous nos yeux se dessine alors une société qui n'a rien à envier à nos contemporains : avide de châtiments et avare en compliments. Au milieu de cette ténébreuse atmosphère, il fait jaillir un duo d'enquêteurs aussi douteux qu'efficace : ce fameux Volnay et ce non moins fameux Casanova. Olivier Barde-Cabuçon est adroit en écriture, leur prêtant un langage d'époque commun, il n'en oublie pas pour autant leur excentricité personnelle transformant Casanova en parfait flagorneur et Volnay en invétéré méfiant. Leur intérêt restera toujours individuel ; les femmes pour l'un, l'esprit des criminels pour l'autre ; mais leur but est partagé : démasquer le meurtrier de cette jeune perruquière du roi. A eux deux, il leur fait porter l'enquête avec forfanterie et intelligence jusqu'à son aboutissement inattendu. Car, si les indices se dévoilent assez rapidement, jusqu'à la fin le suspens perdure. Le pitre n'est pas forcément celui que l'on croit ! Avec cette femme sans visage, Olivier Barde Cabuçon a magistralement ajouté une corde à l'arc de Casanova.


  • Le courrier des auteurs : 03/02/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Un homme passionné !

2) Quel est le thème central de ce livre ?
A travers une enquête criminelle sur le fil du rasoir, une rencontre inattendue entre l'ancêtre des «Experts», le commissaire aux morts étranges, et le plus libertaire des libertins, Casanova ! Il y a toutefois une chose qui unit ces deux hommes : le thème de la liberté. Casanova, c'est la liberté de passer : passer outre, passer les frontières, passer son chemin... Le commissaire aux morts étranges et son acolyte, le moine hérétique et savant, symbolisent la liberté de penser. C'est aussi et surtout le choc de deux mondes qui s'affrontent dans un dix-huitième siècle pas si éclairé qu'on veut bien le dire et soumis à des tensions internes extrêmes.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Pour illustrer Casanova, citons-le : «Qu'est-ce que la beauté ? On n'en sait rien, on la sait par coeur !»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une musique qui évoque Venise car, même si l'intrigue se déroule à Paris, Casanova est Vénitien et l'eau des canaux de cette cité semble couler dans ses veines. Alors pourquoi pas son contemporain vénitien, Baldassare Galupi, et son trépidant «Concerto per cembalo e orchestra in do minore» ?

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Dans ce livre, le goût pour la liberté de Casanova, tempéré par une certaine idée du devoir et de la justice d'un commissaire aux morts étranges pour le moins obstiné à rendre justice envers et contre tous.


  • Les présentations des éditeurs : 01/04/2012

LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS

En 1757, malgré son peu de goût pour la monarchie, le jeune Volnay a sauvé Louis XV de la mort, lors de l'attentat de Damiens. Pour le remercier, le monarque a créé pour lui la charge de commissaire aux morts étranges. Depuis, il a toute autorité sur les crimes inexpliqués. Aussi, lorsque le cadavre d'une femme sans visage est retrouvé dans Paris, le chevalier de Volnay se charge-t-il de l'enquête. Sur le corps, il découvre une mystérieuse lettre portant le sceau du roi. Quant à la présence de Casanova sur les lieux du crime, elle ne laisse pas de l'intriguer. A la demande du policier, la dépouille n'est pas emportée à la morgue du Châtelet mais confiée à son assistant, un moine aussi savant qu'hérétique. L'autopsié et les premiers éléments de l'enquête conduisent bientôt le chevalier de Volnay à Versailles, dans le cabinet du roi, dans les maisons aménagées par la marquise de Pompadour à l'intérieur du Parc-aux-Cerfs et dans le laboratoire de l'énigmatique comte de Saint-Germain. Surveillé de près par Sartine, le lieutenant criminel de Paris, qui voit d'un mauvais oeil ce policier iconoclaste, mais aidé par le libertin Casanova, le commissaire aux morts étranges pénètre un monde d'intrigues et de trames, de passions et de déportements, de croyances et de forfaits. Un monde occulte et secret. Un monde sur lequel les Lumières tardent à se lever.
D'une plume aussi alerte qu'élégante, Olivier Barde-Cabuçon trousse un polar historique fascinant et crée, avec son commissaire aux morts étranges, un personnage d'une rafraîchissante originalité.

Olivier Barde-Cabuçon vit à Lyon. Féru de littérature, d'art et d'histoire, il est l'auteur des Adieux à l'Empire (France-Empire, 2006) et du Détective de Freud (De Borée, 2010). Casanova et la femme sans visage est la première enquête du commissaire aux morts étranges.



  • La revue de presse Philippe-Jean Catinchi - Le Monde du 29 mars 2012

Première enquête d'un improbable "commissaire aux morts étranges" qui a obtenu ce poste atypique pour avoir sauvé la vie du roi, l'intrigue est atroce à souhait - d'entrée une jeune femme est découverte, méconnaissable, le visage proprement arraché - mais l'essentiel est ailleurs : dans la confrontation de forces antagonistes qui projettent des France différentes, du parti dévot au camp des francs-maçons avec, au centre, un jeune homme d'une glaçante rectitude. Les enjeux des Lumières sont ainsi mis en musique avec une science et une astuce qui culminent quand l'austère Volnay raisonne


  • Les courts extraits de livres : 01/02/2012

Rien de tout ce qui existe n'a jamais exercé sur moi un si fort pouvoir qu'une belle figure de femme.

CASANOVA

La nuit avait envahi les rues de Paris et déposé un voile noir sur le carrosse immobilisé au milieu de la rue déserte. Engoncé dans un manteau sombre, le cocher retenait d'une main ferme les chevaux qui s'agitaient nerveusement. Une silhouette fine descendit de la voiture. La capuche du manteau, rabattue sur le visage, dissimulait les traits d'une jeune fille. Sur les murs, les ombres projetaient leurs doigts crochus vers elle. Un cheval encensa. Le cocher regardait droit devant lui, impassible.
- Il est tard, prenez garde mon enfant : gens de bien aiment le jour et gens méchants préfèrent la nuit !
La voix provenait du carrosse. Elle était fatiguée mais bien timbrée et agréable à l'oreille. Comme mue par un signal invisible, la voiture s'ébranla dans un fracas de bois et de fer. L'inconnue frissonna. Elle se retrouvait seule, ses doigts blancs serrés comme si elle s'apprêtait à porter un coup. L'obscurité gommait les repères familiers, suggérant à l'oeil des formes fantastiques. Dans son enfance, par ses récits pendant les veillées, sa mère avait peuplé sans le savoir ses nuits de loups-garous, de voleurs et de fantômes. Un instant, elle crut entendre un bruit de pas et s'immobilisa pour écouter. Seul le silence lui répondit.
A cet instant, les nuages se dissipèrent et la lune jeta un pâle reflet dans la rue, révélant l'entrée d'une petite cour au fond de laquelle rougeoyait un four à pain. La jeune fille eut un mouvement d'exultation. Un rire cristallin s'échappa de sa gorge et elle se hâta à grands pas dans la direction de cette lumière vacillante.
La nuit fut alors trouée d'un mouvement rapide. Une ombre grandit démesurément sur les murs et se dirigea à sa suite. Bientôt un cri déchirant troua les ténèbres.


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