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.. La conquête du monde

Couverture du livre La conquête du monde

Auteur : Sibylle Grimbert

Date de saisie : 29/01/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Léo Scheer, Paris, France

Collection : Littérature

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-7561-0359-4

GENCOD : 9782756103594

Sorti le : 04/01/2012

  • Le courrier des auteurs : 03/02/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Sibylle Grimbert, en ce moment une définition plus précise serait impossible.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La chute sociale et existentielle, absurde, loufoque, drôle je crois, et presque inexplicable, d'un homme à qui tout réussissait.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Voilà, il allait le leur dire, à tous ces idiots satisfaits : il était le Tibet, il était ouïghour, il était tous ceux qu'on chasse de leur vie ; si ça continuait, il allait mettre une robe orange et danser en en faisant tourner une crécelle dans le salon pour qu'ils comprennent.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
«Puttin'on the Ritz» de Fred Astaire, c'est un peu ce que fait le personnage : s'habiller comme un millionnaire sans l'être. Mais la chanson s'arrête avant la glissade, le faux pas que Fred Astaire, lui, n'a jamais fait.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Comme avec tout le monde : une conversation. Discuter est parmi les choses que je préfère. J'écris peut-être pour ça : que la conversation ne cesse jamais.


  • Les présentations des éditeurs : 03/02/2012

Ludovic, parfaite incarnation de l'obsession contemporaine de la réussite, ne voit pas ce qui pourrait l'empêcher de conquérir le monde. Jeune historien prometteur devenu brillant avocat, il a triomphé dans tout ce qu'il a entrepris jusque-là. C'est pourtant un personnage égaré, gaffeur, qu'on rencontre au début du roman. Que s'est-il passé ? Il cherche à comprendre, à retrouver le moment où il a lâché prise, mais il est trop tard. La dégringolade a commencé, rien ne l'arrêtera plus.
De catastrophe en catastrophe, Sibylle Grimbert, avec ce mélange de force comique et de tendresse pour les êtres perdus qui rendent son univers unique, raconte la métamorphose d'un ambitieux en Don Quichotte de l'ère libérale. Au fil des ans, Ludovic se débattra avec ses pauvres armes contre ses moulins à vent et, de plus en plus lunaire, involontairement farfelu, ne cessera jamais de s'éloigner du réel. Comment vivre tout de même ? Il lui faudra beaucoup de temps, et d'aventures absurdes, pour le découvrir.

Sibylle Grimbert est l'auteur de six romans, chez Stock, au Seuil et aux Éditions Léo Scheer, notamment Il n'y a pas de secret, Toute une affaire et Le vent tourne.



  • La revue de presse Mathieu Lindon - Libération du 19 janvier 2012

Il y a, dans les aventures ridiculo-dépressives du héros de la Conquête du monde, le nouveau roman de Sibylle Grimbert, quelque chose qui tient de Henry James et quelque chose qui tient de Michel Houellebecq, deux auteurs qu'on n'a guère l'habitude d'associer. Comme James, la romancière française née en 1967 est impitoyable avec son personnage dont elle décrit dans de longues phrases ultraprécises les ressorts psychologiques et stratégiques. Mais, au lieu que cela se déroule dans un univers à la recherche de l'élégance, c'est dans un monde houellebecquien où les rivalités de travail et les misérables affaires de couple sont abordées de front, quand la mesquinerie est plus qu'un décor ou une atmosphère mais une sorte de raison d'être...
Le roman est fondé sur l'incompréhension. Ce que saisit le héros de ce qui lui arrive est très différent de ce que le lecteur en perçoit, et l'humour du livre provient en partie de ce décalage. Avec émotion ou avec ironie, il y a toujours un aspect satirique dans le texte.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 11 janvier 2012

Il y a du Woody Allen chez cette romancière, dont l'humour moelleux, très sensible aux absurdités du quotidien...
Comment remettre son existence sur les bons rails ? En devenant son propre aiguilleur, libre et lucide, au lieu de s'en remettre aux diktats de petites gens qui se croient grands : telle est la morale de ce roman au long cours, cocasse, formidablement humain.


  • Les courts extraits de livres : 03/02/2012

Tout allait mal. Chaque matin, en se réveillant, il suffisait à Ludovic de regarder au fond de sa chambre d'hôtel, devant son lit, l'alignement des chaussures qu'il avait sorties de sa valise, de revoir qu'à chacune de ce qui aurait dû être des paires manquait le pied gauche oublié à Paris, de se souvenir ensuite de toutes les étourderies qu'il avait commises en seulement quatre jours à New Delhi, pour analyser sa distraction, son brusque manque de professionnalisme comme les manifestations d'un sentiment d'insécurité, d'un doute à son propre sujet, d'une désillusion, d'une mélancolie profonde due à une vision catastrophiste, sans rémission, de son existence tout entière. En allant vers la salle de bain, il se demandait si après tout il n'avait pas entériné sans s'en apercevoir le fait de s'être tiré une balle dans le pied au point de se considérer désormais comme un unijambiste ; si, en somme, cet oubli aberrant d'un objet indispensable pour protéger ce membre, avec sa drôle de forme un peu archaïque à l'extrémité de sa jambe gauche, n'était pas le signe révélateur d'une déchéance, une perception métaphorisée mais (...)


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