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.. Odyssée Odessa

Couverture du livre Odyssée Odessa

Auteur : Serguei Dounovetz

Date de saisie : 13/01/2012

Genre : Policiers

Editeur : Dilettante, Paris, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 9782842637125

GENCOD : 9782842637125

Sorti le : 07/03/2012

  • Les présentations des éditeurs : 18/01/2012

Kléber étala la viande sur la table et la coupa en morceaux, à l'aide de son Pradel. Ce fut Tépaz, l'un des piranhas, qui, le mieux placé, attrapa le premier morceau de boeuf. Son frère Arsène se ruait déjà pour lui bouffer la gueule. Dora, la murène des sables, doucement ondula jusqu'à la surface de l'eau. Elle fixa Kléber de ses deux billes d'acier. Le TV Killer balança le reste de la viande, en vrac. Un gros bouillon se produisit. Youri, fasciné par le spectacle, s'était approché :
- C'est beau.
Kléber qui était un fameux bricoleur avait transformé le vieux Continental Edison en aquarium :
- C'est mon émission préférée.

Rembobinez, vous êtes cernés  ! Dounovetz Serge alias Chefdeville, bien connu de nos services (de presse), voir l'épisode précédent (Je me voyais déjà..., éd. Le Dilettante) : un dur du cuir adonné à toutes formes d'aventures en roue libre : machiniste un jour, chauffeur de stars le surlendemain, dissident de la plume en résidence, coach à risque d'écrivain imbibé, et surtout, surtout, polardier dans l'âme. La résurrection bien attendue d'un de ses hauts faits de plume : Odyssée Odessa. Signalons tout de suite que l'opus ne fait pas dans le light et le mi-cuit, qu'odyssée il y aura, mais qu'à Odessa on n'ira pas. Polar servi dans sa graisse avec, un oeil à l'affiche, Kléber truand madré et TV Killer chevronné, Eva, sa gueule, coiffeuse, Bérengère, aide shampouineuse «aux cuisses douces comme des pierres de talc», le beau Youri, ukrainien, et Hadji, comparse. Barricade d'en face : le commissaire Mérou et Leprince, flic black, et un nain à face de pitbull. Au fil d'une intrigue trépidante comme une machine à pop-corn, bouteilles de s'aligner, dames de s'écarteler, mort de s'empiler. La caïra des banlieues venant se joindre à la ronde, ainsi que quelques fronts bas de l'Algérie française. Une histoire sans foi ni loi, un concerto pour K7 vidéo bien gênante, dépassements de vitesse et défouraillage au quotidien, une course en sac où on la joue tête-bêche, poker menteur et la main sur le colt. Bilan : un Dounovetz beau comme la rencontre impromptue sur un capot de R8 Gordini d'un sécateur et d'une main courante, d'un juke-box Wurlitzer et du Dies iræ. Bouclez ceinture, et roulez jeunesse !

Odyssée Odessa est le deuxième roman noir de Dounovetz (Serguei pour les intimes) publié aux éditions Le Dilettante, après Moviola (1994), il signe également chez le même éditeur des récits sous le nom (de sa mère) Chefdeville : L'Atelier d'écriture (2009), Je me voyais déjà... (2012).


  • Les courts extraits de livres : 18/01/2012

- Personne ne bouge ! C'est un hold-up ! Levez les bras ! Plus haut ! On bouge plus, j'ai dit ! C'est pas le carnaval ! C'est un casse ! On va pas être longs ! Si vous vous tenez peinards, tout se passera bien ! On bouge pas, bordel ! Je le répéterai pas ! Le premier qui fait le con, je l'arrose ! Toi, le beauf à moustaches ! Plus haut, les bras ! Et t'avise pas de faire le mariole ! Ma Joséphine, c'est l'instrument du diable, le prolongement du doigt de Judas ! Les pruneaux qu'elle envoie sont fourrés à la douleur, ce sont les baisers de la mort ! Tu veux les goûter, guignol ? ! Tu veux que je truffe ton gros bide de merde avec des balles fondues dans les forges de l'enfer ? Non ? Alors lève les bras plus haut, connard ! Maintenant, tout le monde à terre ! Allez, grouillez-vous ! Tout le monde à plat ventre ! Toi aussi, la pisseuse ! Plus vite ! Allongez-vous, bande de limaces ! Les mains à plat sur le sol ! Si je vois un seul poil de cul bouger, un seul, parole ! je fais un carnage ! Toi, derrière, remplis les sacs ! Et fais fermer sa gueule à cette truie rayée ! Elle me stresse ! Et quand je stresse, j'ai envie de flinguer !

La cité était calme, calme et blanche. Du moins, elle semblait calme. Si le gros poste de télévision Thomson avec ses couleurs baveuses et le son pourri de son haut-parleur monophonique avait gueulé moins fort, on aurait pu véritablement juger ! Mais le potard, qui modulait le volume, était naze depuis le jour de la livraison du poste, et personne, depuis, ne s'était soucié de faire jouer la garantie.
Blanche, la cité était blanche depuis ses origines. Les façades de chacun des bâtiments, ainsi que l'unique tour de dix étages, avaient la couleur de la craie. C'est pourquoi, ici, tout le monde l'appelait la Cité blanche. Cela datait de l'époque où ce bled faisait encore partie du département de «la Seine» et où les plaques minéralogiques des quatre chevaux Renault et des Simca Versailles se terminaient par un 75 ; une époque où les femmes se retrouvaient avec leurs chiards, dans des caves aménagées en Lavomatique, où les maraîchers cultivaient leurs parcelles, sous les fenêtres de la cité, et où il y avait encore une ferme, près de la nationale, avec des vaches, des vraies vaches, où l'on allait chercher son lait dans des bidons de deux litres.


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