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.. Les enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet. L'enquête russe

Couverture du livre Les enquêtes de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet. L'enquête russe

Auteur : Jean-François Parot

Date de saisie : 05/02/2012

Genre : Policiers

Editeur : Lattès, Paris, France

Collection : Romans historiques

Prix : 18.50 € / 121.35 F

ISBN : 978-2-7096-3694-0

GENCOD : 9782709636940

Sorti le : 11/01/2012

Dans cette nouvelle intrigue (la dixième) Nicolas le Floch se voit confier une mission fort délicate auprès du Tsarévitch Paul en visite (incognito !) à Paris. Une enquête qui le conduira dans les lieux de débauche parisiens (maison de galanterie et tripots) et qui mettra à rude épreuve ses valeurs. Au service du Roi il doit bafouer à maintes reprises son éducation morale et cela pèse de plus en plus sur sa conscience. Ce nouveau volet de ses aventures est intéressant pour cette dualité que vit Nicolas le Floch qui pense régulièrement à se retirer sur ses terres bretonnes entouré de ses "gens". Également, et cela fait le charme de cette série, Jean-François Parot fait revivre cette époque avec maestria : langue imagée ou soutenue, description des repas et des plats et relations internationales déjà difficiles. Un plaisir une dixième fois renouvelé...


Jean-François Parot au téléphone avec Jean Morzadec


  • Les présentations des éditeurs : 05/02/2012

1782. La France et les Insurgents américains sont en passe de l'emporter sur l'Angleterre. Le tsarévitch Paul séjourne incognito à Paris, sous le nom de comte du Nord. Versailles entend se concilier les faveurs de l'héritier de l'empire russe. Nicolas Le Floch reçoit mission de Sartine et Vergennes de monter un subterfuge lui permettant de gagner la confiance du fils de Catherine II. Au même moment, le comte Rovski, ancien favori de la tsarine, exilé à Paris, est assassiné.

Y a-t-il un lien entre ce crime et les meurtres de l'ambassade russe ? Qui massacre les filles galantes des boulevards ? Qui est la mystérieuse princesse de Kesseoren, escroc de haut vol ?

Au cours d'une enquête minutieuse, et tout en participant aux divers événements de la visite princière, Nicolas Le Floch et l'inspecteur Bourdeau vont aller de surprise en surprise et pénétrer pas à pas les milieux parisiens du jeu, de la galanterie, du négoce et de l'espionnage.

Entouré des siens sous la houlette incertaine d'un Sartine tortueux, le commissaire des Lumières affrontera une nouvelle fois périls et trahisons...

Diplomate, spécialiste du XVIIIe siècle, Jean-François Parot a créé Un personnage qui, de livre en livre et avec un succès croissant, nous plonge au coeur du Paris des intrigues de cour et de rues sous les règnes de Louis XV et Louis XVI. Sa série est à l'origine du grand feuilleton de France 2.



  • La revue de presse Blaise de Chabalier - Le Figaro du 12 janvier 2012

Parot a le don de trousser des intrigues qui mêlent harmonieusement, de façon équilibrée et crédible, des éléments historiques et romanesques. Ainsi, dans son nouvel ouvrage, qui se situe en 1782, Louis XVI et Marie-Antoinette reçoivent le fils de Catherine II, le tsarévitch Paul. C'est en s'appuyant sur les relations détestables qui existaient réellement entre l'impératrice de Russie et son rejeton que l'auteur imagine un mystérieux complot organisé à Paris...
Le romancier, ambassadeur retraité depuis un peu plus d'un an, envoûte également ses fans en les plongeant avec minutie dans l'atmosphère du XVIIIe siècle. Les descriptions du Paris de l'époque et de ses habitants, des quartiers populaires aux palais, sont saisissantes. C'est également grâce à une langue inspirée d'une lecture assidue de Saint-Simon que l'auteur invite le lecteur à un voyage dans le temps.


  • Les courts extraits de livres : 05/02/2012

DISJECTA MEMBRA

«Il faut être au moins droit quand on veut entrer dans cette carrière-cy.»
Vergennes

Versailles, mai 1782

Après deux grossesses et la naissance d'un dauphin, le visage de la reine s'était arrondi, revêtant avec l'accentuation des traits un air souverain qui contrastait avec l'expression mutine d'antan. Cette espèce de sérénité pleine d'elle-même rappelait à Nicolas celle de Marie-Thérèse, disparue un an auparavant.

L'air noble, l'admirable buste,
Le port majestueux, et la démarche auguste,
Telle enfin, que Junon l'avait, dit-on, jadis.

Quelle que fût la splendeur de ses atours, ceux-ci tendaient à se simplifier par rapport aux fantaisies de naguère, même si leur originalité continuait à agiter les femmes de qualité et à inspirer l'imagination des modistes de la ville. Elle agitait avec nonchalance un éventail de soie devant son visage, cherchant sans doute à dissimuler les traces d'un érysipèle qui l'avait longtemps tourmentée.

Les nuages amoncelés entre la souveraine et le cavalier de Compiègne s'étaient peu à peu dissipés. La reine avait été sensible à la discrétion d'une fidélité qui aurait préféré périr plutôt que de s'abandonner à un mot d'amertume. Imperméable aux persiflages et provocations, Nicolas était demeuré le serviteur sans états d'âme de la couronne. Elle s'enquit des nouvelles de Louis, en garnison à Saumur. Échaudé par les revirements d'humeur du passé, Nicolas répondit en sobriété, courtisan rompu aux chausse-trapes de la cour.
Elle considéra l'assemblée convoquée afin de préparer la visite que le tsarévitch, héritier de l'empire russe, devait effectuer en France. Souvent transparente dans ses sentiments, qu'elle ne savait pas toujours dissimuler, la reine semblait détester l'idée du séjour du comte et de la comtesse du Nord. La nature même de l'incognito, voulu mais artificiel, ajoutait aux pièges qu'un tel événement recelait. Son caractère incongru revêtirait par la force des choses un aspect d'obligation d'autant plus pesant que l'étiquette devait être adaptée aux circonstances.
Nicolas parcourait du regard le cabinet de la méridienne dont les travaux d'aménagement venaient de s'achever. Il admirait la perfection des détails. La reine l'observait.
- À quoi rêvez-vous, monsieur le marquis ?


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