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.. J'ai vendu ma bagnole à un Polonais

Couverture du livre J'ai vendu ma bagnole à un Polonais

Auteur : Pierre Gagnon

Date de saisie : 18/02/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Autrement, Paris, France

Collection : Littératures

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-7467-3135-6

GENCOD : 9782746731356

Sorti le : 04/01/2012

13 petites nouvelles écrites à la première personne, très vivantes, pleines de fraîcheur, même si les sujets abordés ne sont pas tous très joyeux... Mais les narrateurs savent se rendre attachants.

Suivez des cyclistes, participez à des accidents, à la méchanceté des hommes, mais aussi à leur pardon, à l'amour aussi, sans oublier l'humour.

Très bon pour se changer les idées. Et relativiser aussi.


Il y a de l'humour dans les textes de Pierre Gagnon, beaucoup d'humour. Il y a aussi de la tendresse, de la compassion, cette franche camaraderie qui nous saisit parfois. Il y a des vélos, des guitares, des accidents. Il y a la jeunesse, ses hauts et ses bas, et la vieillesse bien sûr, inéluctable. Il y a beaucoup de nous dans ces histoires ; nous sommes, que nous le voulions ou non, les personnages que l'écrivain met en scène, dans des situations plus ou moins tragiques, parfois drôles, parfois touchantes, mais toujours vraies.

Par ses histoires singulières, Pierre Gagnon touche à l'universalité, il prend l'exacte mesure des choses et parvient à nous montrer ce que nous refusons souvent de voir. Il excelle dans l'art de tourner en dérision les travers de notre société, nos propres travers : notre égoïsme, notre violence, nos vices... Et pourtant, à la lecture de ces courtes histoires, nous choisirons assurément le bon côté de la force ! Sans doute grâce à l'humour que l'auteur parvient à déployer, même dans les situations les plus critiques : des comparaisons désopilantes, des jeux de mots saugrenus et cette touche d'espièglerie qui donne tout son caractère à l'écriture.

Réjouissant !


  • Les présentations des éditeurs : 12/02/2012

"Aujourd'hui encore, je n'arrive toujours pas à m'expliquer comment il a fait son compte, mais voilà : après avoir émis une longue onomatopée, il s'est essuyé les mains sur sa chemise avant de retourner derrière le volant. J'ai alors entendu un léger clic et elle a démarré... Je ne suis jamais parvenu à couper le contact."

Pas facile de vendre sa vieille bagnole. On a beau expliquer que c'est une Allemande, avec 300 000 kilomètres au compteur, autant espérer un miracle. Ou un Polonais... C'est vrai qu'il a une dégaine bizarre, mais ce Polonais-là est providentiel !

Avec Pierre Gagnon, on finit toujours par choisir le meilleur côté de ce que la vie nous réserve. Ses héros ont leurs fêlures, leur grain de folie, mais ils réussissent ce petit miracle : nous consoler de nos propres fragilités humaines.

Pierre Gagnon est québécois. D'abord musicien, il publie en 2005 5-FU, qui s'élève en haut des meilleures ventes au Québec. En France, Mon vieux et moi (Autrement, 2010) a connu un franc succès.


  • Les courts extraits de livres : 12/02/2012

Ce sont des choses qui arrivent

Ça me fait tout drôle de crever. Ce doit être l'effet du Démérol.
Trois fois que l'ambulancier me demande mon nom. Bientôt j'essaie avec Beethoven.
- Vous pouvez dire votre nom ? On sera à l'hôpital dans cinq minutes, on s'occupe de tout !
- Et mon vélo ?
- Vous étiez à pied.
- Et la voiture qui m'a renversé ?
- C'était un vélo.
-... !
- Vous voulez bien me donner votre nom ?
- Van, comme dans Ludwig van ! Dites-moi, et l'autre, comment il est ?
- Qui ?
- Le type du vélo.
- C'était une femme.
-...
-...
- Pourquoi vous dites «c'était» ? Elle est morte ?
- Non, juste une cheville, rien de grave.
- Alors comment elle est ?
- Une cheville, presque rien.
- Et en haut de la cheville, elle était comment ?
- Vous êtes drôle, vous !
- C'est pas ma faute, c'est à cause du sédatif.
- Oui, eh bien ! y en aura plus maintenant, je veux que vous soyez convenable en arrivant aux urgences.
- C'est pas tous les jours que vous leur ramenez Beethov, hein ?
Alors que je me sens défaillir de nouveau, mes yeux fixent l'insigne cousu sur sa manche. Et si ces quelques mots banals devaient constituer ma dernière lecture ici-bas ? «Urgences-santé, Montréal». Quelle tristesse !
- Gendarme... je m'en vais.
- Tt, tt, tt, il fait, en frappant de son énorme index le cadran lumineux de l'engin qui veille à ma survie.
Ensuite, il plante une seringue dans le soluté, et j'aurais dû m'en douter, il me demande mon nom, et je me sens revivre.


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