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.. La séquence de l'énergumène

Couverture du livre La séquence de l'énergumène

Auteur : Gabriel Matzneff

Date de saisie : 29/01/2012

Genre : Littérature, essais

Editeur : Léo Scheer, Paris, France

Collection : Littérature

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-7561-0360-0

GENCOD : 9782756103600

Sorti le : 04/01/2012

  • Le courrier des auteurs : 03/02/2012

1) Qui êtes-vous ? !
J'écris depuis l'âge de seize ans mon journal intime afin de mieux me connaître et répondre à cette question, mais, plus j'avance en âge, plus le "Connais-toi toi-même" auquel nous invitent les anciens Grecs me semble une entreprise ardue, peut-être impossible. Vu qu'à ce jour j'ai déjà publié douze tomes de ce journal intime (à La Table Ronde, chez Gallimard et chez Léo Scheer), je compte sur mes lecteurs, et surtout mes lectrices, pour m'aider à y voir - enfin ! - clair.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La résistance au décervelage, la volonté de rester soi-même dans une société qui chaque jour davantage prétend organiser nos divertissements, nous ahurir, nous empêcher de penser avec nos propres petites cellules grises (comme dirait mon cher Hercule Poirot).

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Une phrase de la préface, page 11 : "La Séquence de l'énergumène fut une aventure très amusante, j'espère que les lecteurs de ce florilège s'en rendront compte."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La chanson qu'un frondeur chantonne au chapitre 2 de «Vingt ans après», le sublime roman d'un de mes maîtres bien-aimés, Alexandre Dumas :
"Un vent de Fronde
S'est levé ce matin !
Je crois qu'il gronde
Contre le Mazarin.
Un vent de Fronde
S'est levé le matin."

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La conscience qu'un écrivain c'est d'abord une écriture ; qu'il n'y a pas de grands et de petits sujets, de sujets nobles et de sujets ignobles ; que tout est sujet ; qu'un écrivain, c'est une sensibilité modelée par une écriture, un univers soutenu par un style. Tel est le mystère de l'incarnation, fondement de l'acte créateur. C'est l'écriture qui permet à la sensibilité de prendre chair, c'est le style qui insuffle la vie à l'univers intime de l'artiste, et le justifie.


  • Les présentations des éditeurs : 03/02/2012

«Mais notre véritable star s'appelait Gabriel Matzneff. À force d'irriter les lecteurs, Gabriel Matzneff avait fini par les fasciner : devenu collaborateur régulier de nos tribunes libres, on ne pouvait plus s'en passer. Il manquait, cependant, une corde à son arc : pourquoi ne pas confier à Matzneff la télévision ? Combat, qui n'accordait guère de place au petit écran, aurait ainsi une chronique libre, dont le point de départ serait toujours une émission, un débat ou, au besoin, une intrigue de couloir. La Séquence de Gabriel Matzneff Tait partie des points d'orgue de ces années folles.»
(Henry Chapier, Quinze ans de «Combat»)

Le général de Gaulle règne sans état d'âme sur une télévision aux ordres. À la veille de la première élection présidentielle au suffrage universel de la Ve République, le jeune Gabriel Matzneff, frondeur et partisan de François Mitterrand, ferraille sans trêve contre le pouvoir, persifle la bêtise des divertissements dont celui-ci ahurit le peuple. Un bouquet de joyeux duels qui, en 2012, n'a rien perdu de son actualité politique, libertaire.



  • La revue de presse Delfeil de Ton - Le Nouvel Observateur du 19 janvier 2012

Un jour de 1963, «Combat» proposa à Gabriel Matzneff de donner en plus, car il était une vedette du journal, une chronique de télévision. Il n'avait pas de poste de télévision chez lui et ça tombait bien car les lecteurs de «Combat», dans leur immense majorité, n'avaient pas de poste non plus. Voilà ces chroniques, un demi-siècle plus tard, rééditées en livre. Elles n'ont rien perdu de leur drôlerie et de leur pertinence.


  • Les courts extraits de livres : 03/02/2012

30 octobre 1963.

C'est une chose plaisante d'entendre Jean Dutourd déclarer à l'occasion de l'émission de M. Jacques Legris sur le bonheur féminin : «Que la femme ait ou n'ait pas le droit de vote, je m'en fiche absolument. Si ça lui fait plaisir de mettre une fois tous les quatre ans un bout de papier dans l'urne...»
Jean Dutourd n'a en effet pas toujours témoigné un tel mépris aux bulletins féminins. J'ai souvenir de sa campagne électorale de 1958. Pour l'ordinaire, les réunions électorales sont des autels où mon encens ne brûle guère, mais je venais d'atteindre ma majorité et j'étais animé sinon d'un enthousiasme sacré, au moins d'une curiosité civique.
J'allai donc écouter Dutourd à l'école Saint-Ferdinand. Le public, en majorité féminin, sortait tout droit d'Au bon beurre. Soucieux de se faire pardonner ce péché de jeunesse, Dutourd évoqua son enfance dans le quartier; il trouva même des accents émus pour parler des arbres sinistres et patibulaires que les chiens de l'avenue Carnot (...)


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