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.. Le sang d'Aphrodite

Couverture du livre Le sang d'Aphrodite

Auteur : Elena Arseneva

Date de saisie : 15/01/2012

Genre : Policiers

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Grands détectives, n° 3713

Prix : 8.40 € / 55.10 F

ISBN : 9782264037305

GENCOD : 9782264037305

Sorti le : 19/01/2012

  • Les présentations des éditeurs : 15/01/2012

Tchernigov, 1074. La ville frémit. Un tueur rôde dans ses entrailles. Pervers et séducteur, il associe au plaisir des sens celui de la mise à mort... Chargé d'élucider ces meurtres, le boyard Artem découvre au coeur de l'énigme un aphrodisiaque puissant qui prélude au rituel que l'assassin accomplit avec chaque victime. Son nom : le Sang d'Aphrodite...

Une nouvelle intrigue du très charismatique boyard-détective Artem, noble de l'ancienne Russie, pour une mission aussi sanglante que voluptueuse.

Elena Arseneva est née à Moscou, de mère russe et de père italien. Elle est très tôt initiée à la lecture et aux langues étrangères par sa grand-mère, qui lui transmet son enthousiasme pour la littérature française. Dans les années 1980, après une maîtrise d'histoire, elle quitte l'URSS, non sans difficultés, et s'installe à Paris. Elle s'inscrit à la Sorbonne en lettres modernes, fait une escapade théâtrale au cours Florent et se passionne pour le XVIIe et le XVIIIe siècle français. En 2005, Elena Arseneva a reçu le prix des Bouquinistes des quais de Paris pour son roman L'Énigme du manuscrit.


  • Les courts extraits de livres : 15/01/2012

En ce début de septembre 1074, un soleil impitoyable surplombait Tchernigov. Repliée sur elle-même, la capitale du prince Vladimir semblait pétrifiée. Les rues, d'ordinaire emplies d'une foule bigarrée et bruyante, s'étaient vidées en quelques jours. Les vendeurs d'eau furent les derniers à déserter la ville.
Terrés dans leurs maisons, les gens espéraient qu'en l'espace de vingt-quatre heures - temps qui les séparait du huitième jour de septembre - la vague de chaleur allait refluer. Ce jour-là était une fête doublement importante : la Nativité de la Vierge et la fin des récoltes. Certains murmuraient des formules incantatoires, conjurant Iarilo, le dieu du Soleil, de modérer son ardeur. Il s'était écoulé moins d'un siècle depuis que la parole du Christ s'était répandue en Russie. En dépit des foudres de l'Église, quantité d'ignorants croyaient qu'il était possible d'être bon chrétien tout en priant les anciens dieux slaves. En cachette des popes, ils faisaient des offrandes à Iarilo dans l'espoir de le ramener à la raison. En attendant que ce vieillard capricieux et la Sainte Vierge consentent à exaucer leurs prières, riches et pauvres se gardaient bien de mettre le nez dehors.
Il était près de midi quand un garçon dégingandé, le visage auréolé de boucles brunes coiffées d'une chapka, s'engagea sur la place de la Cathédrale. Il portait une courte cape en soie jaune par-dessus sa tunique et ses chausses de lin. Cette cape ornée d'un soleil brodé au fil rouge faisait partie de la tenue réglementaire des Varlets, jeunes guerriers de l'armée du prince.
Le garçon se prénommait Philippos et comptait seize étés. Apprenti Varlet, il était le fils adoptif du boyard Artem, le meilleur enquêteur et conseiller du prince Vladimir. Avec ses traits juvéniles, il donnait une impression de fragilité gracile, mais l'entraînement auquel le soumettait le maître d'armes du palais avait raffermi les muscles de son corps. Et voilà que Philippos venait enfin de participer à sa première campagne militaire ! Il n'était pas peu fier d'avoir combattu aux côtés de Vladimir lui-même lors de cette brève incursion dans la steppe. Pourtant, ce n'étaient pas les scènes de combat qui hantaient sa mémoire, mais l'image d'un village frontalier ravagé par les hordes de Koumans. Encore bouleversé par ce spectacle, il était rentré à Tchernigov pour découvrir la capitale dépouillée de tous ses attraits, telle une église profanée et pillée de ses richesses.
Philippos embrassa du regard la place de la Cathédrale, déserte sous la canicule. Même les gamins des rues, les mendiants et les coupeurs de bourses étaient invisibles. Le garçon aurait lui aussi préféré demeurer dans le pavillon qu'il occupait avec Artem au sein de la résidence princière, mais il devait récupérer une commande passée deux jours auparavant à l'un des rares artisans dont l'atelier restait ouvert.


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