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Auteur : Alain Duhamel
Date de saisie : 14/03/2012
Genre : Politique
Editeur : Plon, Paris, France
Prix : 20.50 € / 134.47 F
ISBN : 978-2-259-20997-7
GENCOD : 9782259209977
Sorti le : 05/01/2012
1) Qui êtes-vous ? !
Je suis éditorialiste à RTL et dans la presse écrite, journaliste depuis 50 ans, aussi bien à la radio qu'en presse écrite ou à la télévision. Je suis également essayiste et ceci est mon 17ème livre. J'espère comme à chaque fois que c'est le meilleur.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Il s'agit de 52 portraits de personnalités, presque toutes politique (il y a cependant quelques intellectuels ayant pris part au débat publique). Le double critère de sélection de ces personnalités est qu'elles aient marqué et que je les connaisse personnellement assez bien pour me faire une idée précise de ce qu'elles sont.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Je les ai dépeints avec sincérité, sans mesquinerie je l'espère, mais aussi sans complaisance : tels que je les ai vus et connus."
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une pièce pour piano de Ravel intitulée Miroirs
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Précision, authenticité et bonne foi.
«J'ai toujours voulu être journaliste politique et tous les lieux d'expression m'ont attiré : radio, télévision, presse écrite. La chance d'avoir pu collaborer largement à tous ces médias m'a permis de rencontrer en un demi-siècle tout ce que la France compte de personnages politiques mais aussi intellectuels, syndicaux ou religieux. Parmi eux, j'en ai privilégié une cinquantaine en me fondant sur deux critères : une connaissance directe et personnelle suffisante pour pouvoir me faire une opinion précise, et l'intérêt spécifique qu'ils me semblaient présenter pour les lecteurs. Autant dire que ma sélection est subjective et ne cherche en aucun cas à être exhaustive. J'ai laissé de côté des personnalités à propos desquelles j'avais le sentiment de ne rien apporter de neuf. J'en ai choisi quelques-unes, moins connues, mais qui me sont apparues justement dignes de l'être davantage. Les principaux personnages de ces cinquante dernières années figurent cependant pratiquement tous dans cette galerie de portraits. En tout cas, je les ai dépeints avec sincérité, sans mesquinerie je l'espère, mais aussi sans complaisance : tels que je les ai vus et connus.»
Alain Duhamel
Alain Duhamel est aujourd'hui éditorialiste à RTL, au Point et à Libération. Il a déjà écrit une quinzaine d'ouvrages comme La marche consulaire (Plon, 2009), Portrait d'un artiste (Flammarion, 1997), et Cartes sur table avec son frère Patrice Duhamel (Plon, 2010).
Dans son dernier ouvrage, une galerie d'une cinquantaine de Portraits souvenirs, Duhamel ne cache pas qu'il déjeune, dîne, joue au tennis, échange des livres et passe lui aussi une bonne partie de sa vie en compagnie de ses «modèles», toutes tendances (ou presque) confondues. Mais en portraitiste, il procède par fines retouches, repère l'éclosion des caractères, évalue les talents avec l'oeil acéré du prof, s'amuse des rivalités, des faiblesses et des revers de fortune de tel ou tel. Duhamel travaille sur la durée et sur l'ombre plus que sur la lumière. Dans une vie où chaque instant semble réglé montre en main, il accumule les pièces, n'oublie rien et prépare déjà avec minutie la prochaine passe d'armes qu'il aura avec l'un d'eux à la télévision sous l'oeil de millions de Français. A la manière d'un grand oral. Et tout cela dure depuis cinquante ans.
Alain Duhamel écume la vie politique française depuis si longtemps qu'il sait mijoter les pot-au-feu les plus goûteux. Il en fait, une nouvelle fois, la démonstration avec une étincelante galerie de portraits : pas un jeune loup, pas un cacique, pas un homme d'Etat, pas un acteur de notre tragi-comédie politique qu'il n'ait connu et scruté depuis un demi-siècle, pas un avec qui il n'ait inlassablement échangé, avec un mélange rare d'intimité et de réserve, de sérieux et d'alacrité...
Mais toujours dominent l'intérêt passionné et une vraie curiosité pour les hommes et les femmes qui se consacrent à la chose politique, leurs ressorts, la charpente de leurs convictions, leurs stratégies, leurs talents et leurs roueries.
Itinéraire d'un journaliste
J'ai toujours voulu être journaliste politique ou, plus exactement, commentateur politique. Cette vocation m'est venue en janvier 1956. J'avais alors quinze ans, je suivais avec innocence et émerveillement la campagne de Pierre Mendès France à la tête du Front républicain. J'écoutais à la radio les débats d'éditorialistes, lesquels me semblaient très éloquents et très mal élevés, très habiles et très partisans. A l'issue de ces quelques semaines, ma religion était faite : je ne serais donc pas hussard ou spahi, comme j'en avais rêvé jadis, ni même historien comme je l'envisageais jusqu'alors ingénument en me plongeant sans fin dans l'Histoire du Consulat et de l'Empire de Louis Madelin. Ce serait le journalisme politique.
La chance m'a souri puisque, dès l'âge de vingt ans, étudiant à Sciences Po, j'ai pu faire un stage au Monde auprès de Jacques Fauvet, alors rédacteur en chef adjoint du plus prestigieux quotidien français. Nos familles se connaissaient un peu grâce aux tournois de tennis. Il m'accueillit avec bienveillance, m'adopta, m'apprit les rudiments du métier, me permit de publier les années suivantes de nombreuses chroniques pendant que j'achevais mes études. Il me proposa même de l'aider à écrire une Histoire du Parti communiste français, parue en deux tomes en 1964 et 1965. Elle fut un succès, d'autant que le PC était alors une puissance, et une puissance fort controversée. À cette époque, Le Monde était l'arbitre suprême d'une vie politique bousculée et surplombée par la personnalité écrasante du général de Gaulle. Jacques Fauvet était le plus renommé et le plus redouté des éditorialistes français. Au journal, on rencontrait encore à cette époque des rédacteurs portant des manchettes de moleskine, on communiquait d'un étage à un autre par un système étrange de pneumatiques et la récompense suprême était d'assister, dans les sous-sols, à l'ultime correction des épreuves avant que l'on lance les rotatives. On vivait comme dans un film de Frank Capra.
Entre deux stages et quelques travaux universitaires, je me spécialisais dans deux sujets, l'un comme l'autre furieusement contestés, le parti communiste et les sondages électoraux qui faisaient alors des débuts fracassants. Je fus ainsi associé par l'IFOP à la première opération d'estimation électorale tentée lors de la présidentielle de 1965. À la suite de celle-ci, je déclenchai sans le vouloir la première polémique de ma carrière en publiant dans Le Monde, bien sûr, deux articles établissant que l'électorat ouvrier venait d'abandonner le général de Gaulle : ce sacrilège me valut un concert de protestations et l'estime d'Hubert Beuve-Méry, le très janséniste et très intimidant directeur du journal. Tout cela me fit un peu connaître et m'aida à obtenir une collaboration régulière au Monde, des chroniques à L'Express et à Témoignage chrétien et bientôt une conférence à Sciences Po. J'enseignai ainsi vingt ans me Saint-Guillaume comme maître de conférences, puis directeur de séminaire et finalement professeur. Cela me valut une pointe de considération particulière chez certains hommes politiques et une hostilité discrète chez nombre de mes confrères pour qui le style Sciences Po était synonyme de bourgeoisie, de conformisme et d'arrogance. Il en subsiste encore quelques vestiges aujourd'hui.
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