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Auteur : Steven Millhauser
Traducteur : Marc Chénetier
Date de saisie : 16/03/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Grandes traductions
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 9782226238498
GENCOD : 9782226238498
Sorti le : 01/02/2012
«Une petite merveille.» A.S. Byatt
Un lanceur de couteaux qui transgresse les limites de son art, un homme marié à une grenouille, un gamin virtuose du tapis volant...
On retrouve dans ces douze nouvelles les thèmes favoris de l'auteur de Martin Dressler : l'enfant de plain-pied avec le surnaturel ; le monde de la nuit et du songe ; le rêve américain, sa promesse du «tout est possible» et ses désillusions; l'irrésistible et dangereux attrait de l'envers du réel, un monde de ténèbres accessible aux seuls audacieux.
Tout à la fois acérée, poétique et d'une grande musicalité, l'écriture de Steven Millhauser est, comme toujours, magistrale. Virtuose du rêve éveillé, cet enchanteur entraîne le lecteur dans son univers très particulier où réalité et imaginaire s'interpénètrent et se confondent.
«Millhauser possède un sens de l'humour à la fois riche et subtil. La fantaisie qui imprègne la plupart de ses oeuvres masque souvent de puissants courants subversifs. Pour lui, l'esprit est un terrain périlleux où peuvent éclore toutes sortes de choses bizarres.»
Patrick McGrath
A la manière du Gregor Samsa de La Métamorphose de Kafka, qui se réveille un beau matin transformé en insecte, les personnages de Millhauser se retrouvent placés dans des situations absurdes et l'acceptent sans réagir. Du coup, le lecteur aussi...
Chaque fois, nous sommes comme dans des rêves - ou des cauchemars - éveillés. Millhauser excelle à restituer ces "ciels nocturnes des vieux films en Technicolor" et ce somnambulisme auquel nos vies ressemblent parfois.
Les douze nouvelles qui constituent le Lanceur de couteaux sont autant de guerres des mondes en miniature, avec toute l'invention et la précision que des artisans accordent toujours à des miniatures. C'est le monde souterrain contre le plein air, le fictif contre le réel, le secret contre le transparent - le monde de chacun contre le monde établi par les autres. Il n'y a jamais deux modes de narration semblables dans deux nouvelles consécutives, on passe du «je» au «nous», du narrateur individuel au narrateur collectif. Il n'est question que de choses extraordinaires, d'un lanceur de couteaux hors du commun, d'une société secrète d'adolescents avec ce que ça sous-entend de pratiques sexuelles mystérieuses, d'un tapis volant, d'un parc d'attractions qui renouvelle le principe même du parc d'attractions, d'un immense magasin où tous les éléments de la vie seraient disponibles, mais en mieux. On peut y acheter des ruisseaux ou le Colisée pour son jardin, et même «l'Acropole tout entier, plus robuste que l'original et garanti contre les méfaits de la pollution». Tout au long des textes, aussi bien le merveilleux que le réalisme acquièrent des sens nouveaux, ce dernier ne pouvant être assimilé, selon un narrateur, «à la variété malingre et étriquée qui domine et abrutit notre littérature».
Le lanceur de couteaux
Lorsque nous apprîmes que Hensch, le lanceur de couteaux, s'arrêterait dans notre ville pour une unique représentation le samedi soir à huit heures, nous fûmes pris d'hésitation, incertains de nos sentiments. Hensch, le lanceur de couteaux ! Avions-nous envie d'applaudir de joie, de bondir en arborant les larges sourires que faisait naître en nous cette annonce ? Ou alors, tout bien considéré, préférions-nous serrer les lèvres et détourner le regard en signe de sévère réprobation ? Tel était l'effet que provoquait Hensch. Car s'il était un maître reconnu de son art, de cet art difficile et vaguement déplaisant dont nous savions fort peu de choses, il était également vrai que l'accompagnaient diverses rumeurs troublantes auxquelles nous nous reprochions de n'avoir pas prêté suffisamment attention lorsque la rubrique arts et spectacles du journal du dimanche s'en était de temps à autre faite l'écho.
Hensch, le lanceur de couteaux ! Bien sûr, nous connaissions son nom. Tout le monde connaissait son nom, comme on connaît le nom d'un joueur d'échecs ou d'un (...)
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