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Auteur : Frédéric Mitterrand
Date de saisie : 23/02/2012
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Robert Laffont, Paris, France
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-221-12951-7
GENCOD : 9782221129517
Sorti le : 19/01/2012
Frédéric Mitterrand au micro de Jean Morzadec
Frédéric Mitterrand lit à voix haute un extrait de son livre
Frédéric Mitterrand, au micro de Jean Morzadec
Frédéric Mitterrand lit à voix haute un passage de son livre
«Le Président me reçoit sur la terrasse, seul à seul. Tout est tranquille et parfaitement calme. Il me propose d'emblée de devenir ministre de la Culture. Sur le même ton tranquille, je lui dis oui tout de suite. Il a même l'air un peu surpris de voir que je n'hésite pas une seconde. Je demande simplement s'il s'agit aussi de la Communication, et il me le confirme. Le tout aura duré moins d'une minute. [...]
Il m'arrive parfois encore de me demander pour quelles raisons j'ai dit oui aussitôt et sans hésitation, alors que je suis plutôt d'un naturel timide - peut-être cette timidité des orgueilleux qui pensent au fond être capables d'assumer toutes les situations.»
Récit de son action rue de Valois, invitation à découvrir de l'intérieur la vie d'un ministère cher aux Français depuis sa création par André Malraux en 1959, Le Désir et la Chance nous livre aussi le regard original et décalé sur le monde politique d'un homme de culture et de médias devenu ministre sans être du sérail.
Un témoignage très personnel où, avec la liberté d'esprit qui le caractérise, Frédéric Mitterrand l'écrivain raconte Frédéric Mitterrand le ministre.
On ne présente plus Frédéric Mitterrand, homme de cinéma et de télévision, écrivain, ministre de la Culture depuis juin 2009. La plupart de ses livres - dont La Mauvaise Vie, prix Vaudeville 2005 -, ont été publiés aux Éditions Robert Laffont.
Dans Le désir et la chance, Frédéric Mitterrand raconte son expérience de ministre de la Culture, entre Marsupilami et Rantanplan de la politique. Inattendu. Voici un ouvrage que son auteur, avec son sens très sûr de la provocation (et de la gaffe), aurait pu intituler La Belle Vie. Oubliés, les troubles bordels pour hommes de Patpong qui avaient fait scandale dans sa Mauvaise Vie (Robert Laffont), place, ici, aux lambris dorés du ministère de la Culture...
Frédéric Mitterrand ne sera jamais un ministre comme les autres. Dans son bureau trônent les photos de... deux présidents : Nicolas Sarkozy, bien sûr, mais aussi "François". Tiraillé entre le fantôme de son oncle socialiste et sa nouvelle loyauté à la droite, il confesse des "tourments intérieurs", qui vont jusqu'à infliger à son corps des "troubles psychosomatiques"...
Au-delà de cette dimension personnelle, Le Désir et la chance nous fait découvrir l'hétérogénéité de la tâche d'un ministre de la Culture, qui doit aussi bien décider de l'emplacement d'un parking au Mont-Saint-Michel, que veiller à la restauration, à Paris, du Musée Picasso, ou négocier le chantier de la numérisation avec les ogres de Google.
Les débuts
«C'est la défense de l'art qui a toujours été au coeur de ma politique.»
Jack Lang
La décision
Quand le président de la République m'a demandé de venir le voir un jour de juin 2009, je me doutais bien qu'il souhaitait me proposer quelque chose. Mais je ne pensais pas que cela serait aussi énorme que de devenir ministre de la Culture et de la Communication.
J'avais quelques indices, dans la mesure où je l'avais rencontré déjà à plusieurs reprises, et où il s'était montré extrêmement amical avec moi : une première fois, il y a longtemps, quand il était ministre du Budget, et que j'avais des problèmes pour apurer les dettes fiscales de mes cinémas. Il m'avait reçu et s'était montré très compréhensif ; pas de suite à cette rencontre toutefois, car il quitta son ministère peu après, et j'étais piégé par ces problèmes fiscaux, qui m'ont amené à payer en quinze ans toutes mes dettes après la déconfiture de mes salles.
La deuxième rencontre, c'était lors d'un petit déjeuner au cours de la campagne présidentielle de 2007, organisé par Henri Guaino. Nous avons alors essentiellement parlé de littérature. Il avait été très intéressé par mon livre, La Mauvaise vie. J'en avais retiré, je dois dire, un certain sentiment de fierté. C'était au mois de mars, il faisait encore froid, avec du soleil, et il allait quitter très vite son bureau de la place Beauvau. Pour moi, c'était un peu étrange, car je n'avais au fond jamais eu de relation vraiment confiante avec un homme politique d'importance. Toutes les discussions que j'avais pu avoir avec François Mitterrand étaient évidemment d'un autre ordre, et relevaient plutôt de la visite à la statue du Commandeur. Les relations que j'avais nouées avec d'autres ministres de la Culture, dont Jack Lang, avaient toujours été agréables, mais relativement superficielles - alors que ce jour-là, j'avais le sentiment que nous avions eu une conversation très attentive de part et d'autre. J'avais beaucoup apprécié qu'il ne me demande aucun engagement, d'aucune sorte. Et que cet entretien n'ait pas eu de conséquences particulières.
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