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.. Allons enfants de la patrie : génération Grande Guerre

Couverture du livre Allons enfants de la patrie : génération Grande Guerre

Auteur : Manon Pignot

Date de saisie : 31/01/2012

Genre : Histoire

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : L'Univers historique

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 978-2-02-103082-2

GENCOD : 9782021030822

Sorti le : 19/01/2012

  • Les présentations des éditeurs : 31/01/2012

Les enfants de 1914 sont aussi les enfants du siècle : adultes en 1940, aïeux en l'an 2000, leur histoire est celle d'une génération, la «génération Grande Guerre». Retrouver la trace d'une parole enfantine sur la Première Guerre mondiale, telle est l'ambition de ce livre. L'enjeu est avant tout de méthode : contribuer à une histoire de l'enfance qui ne soit plus celle des discours et des représentations élaborés par des adultes, mais bien une histoire de l'expérience enfantine, où les enfants sont désormais envisagés comme une génération d'acteurs, d'observateurs et de témoins à part entière. Autrement dit, se placer à hauteur d'enfant. En s'appuyant sur un corpus d'archives largement renouvelé, à partir de dessins d'enfants, de journaux intimes, de lettres et de témoignages oraux, cette étude met au jour pour la première fois ce qu'est la vie pendant la guerre au XXe siècle : invasion et occupation, privations matérielles et stratégies d'endurance, privations affectives et réinvention de la figure du père.

Prix Louis Cros 2008, décerné par l'Académie des sciences morales et politiques.

Ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay/Saint-Cloud, Manon Pignot est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université de Picardie, membre du Centre d'histoire des sociétés, des sciences et des conflits et du Centre de recherches de l'Historial de la Grande Guerre de Péronne.



  • La revue de presse Dominique Kalifa - Libération du 19 janvier 2012

De nombreux livres ont été consacrés à la mobilisation de l'enfance en guerre et à l'intense propagande dont elle est généralement la cible. Mais la façon dont les enfants reçoivent ces messages, leurs attitudes et leurs sentiments réels face à la violence de guerre sont demeurés des points largement aveugles. Spécialiste du premier conflit mondial, Manon Pignot a voulu affronter ces questions difficiles. Elle a patiemment traqué l'expérience enfantine de 14-18, en s'efforçant de se placer toujours «de leur point de vue», dans le regard même de l'enfance. Le très riche matériau réuni - journaux intimes, correspondances, autobiographies, entretiens, ainsi que les 1 140 cahiers d'écoliers conservés à la bibliothèque du Vieux Montmartre - lui permet d'abord de mettre au jour toute une série de réactions communes...
Une génération se forgea dans ces épreuves. Faut-il rappeler qu'il s'agit de celle des adultes de 1940 ?


  • Les courts extraits de livres : 31/01/2012

Extrait de l'introduction

Le goût de l'enfance

Les enfants sont depuis longtemps un centre d'attention indéniable pour de nombreux historiens, mais les études qui leur sont consacrées s'attachent davantage à appréhender la place qui leur est attribuée dans la famille ou dans la société qu'à interroger véritablement leur point de vue. Qu'il s'agisse d'une histoire de la famille, inaugurée dans les années 1960 par Philippe Ariès, ou d'une histoire de l'école, l'objet en est moins l'enfant lui-même que la question de sa prise en charge, de son encadrement, de son éducation... En un mot : une histoire des discours et des représentations élaborés par des adultes autour de la figure enfantine. Ainsi ne trouve-t-on, dans un ouvrage de référence comme l'Histoire de l'enfance en Occident, qu'une vingtaine de pages sur les écritures enfantines ; le reste - au demeurant passionnant et essentiel - est encore une fois consacré à une histoire sociale et philosophique où l'enfance constitue davantage un angle d'approche qu'un objet véritable. A côté de cette approche nécessaire mais insuffisante pour atteindre au plus près l'expérience enfantine, il existe donc une place pour une histoire, aujourd'hui en plein essor, de l'enfance comme objet d'étude en soi, autrement dit un groupe à part entière, pensant et agissant.
Un renversement complet de la démarche s'impose alors : retourner le regard, inverser la focale et essayer de se placer dans «l'oeil de l'enfance» en choisissant d'appliquer à cet objet certains des postulats de la micro-histoire. Si celle-ci est une «histoire au ras du sol», comme l'a si bien définie Jacques Revel, alors il nous faut nous mettre «à hauteur d'enfant», nous replonger dans une histoire quotidienne et, parfois, banale : tenter d'appréhender ce que Philippe Arrières et Dominique Kalifa ont appelé avec justesse «l'infra-ordinaire». Le recours à une histoire de l'intime s'impose d'ailleurs par la nature même des sources enfantines, dispersées, précaires. L'analyse micro-historique appliquée à des sources intimes permet de mettre au jour les variations entre les différentes expériences enfantines mais aussi les nombreuses passerelles qui existent entre elles, les récurrences, les similitudes, voire de possibles «invariants» de l'enfance en guerre. Elle contribue surtout à faire entendre une parole enfantine et non plus seulement un discours sur l'enfance.


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