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Qui est l'auteur du dessin que l'acteur Gérard Desarthe trouve sur un marché en Normandie l'été 2010 ? D'où vient ce pastel figurant un jeune Arabe ? Et que signifie l'inscription qui y est portée : «Will. S Burroughs - Tanger 54» ?
Mona Thomas, amie de l'acteur, mène l'enquête, intriguée par des indices aussi mystérieux que prometteurs, elle compose autour de cette énigme un livre haletant. Embarquée dans le Tanger des années 50, lieu d'élection de la beat génération qui y vivait une aventure artistique hors du commun, Mona Thomas y croise, parmi tant d'autres, l'écrivain américain Paul Bowles, revisite l'oeuvre et l'existence torturée de Francis Bacon et approche Ahmed Yacoubi, jeune peintre et modèle tangérois, pâtissier en paradis artificiels, vers qui tout converge.
Chemin faisant, en explorant les pistes les plus inattendues, le récit dégage une hypothèse pour le moins audacieuse, qui porte le lecteur vers un épilogue sidérant et lumineux.
Le pastel inconnu est montré pour la première fois dans ce livre qui en révèle l'histoire. L'oeuvre sera exposée à la Kunsthalle de Karlsruhe - Allemagne - dans la grande rétrospective William S. Burroughs qui aura lieu de mars à août 2012.
Mona Thomas est née dans le Finistère et vit à Paris. Écrivain et critique d'art, elle a déjà publié huit romans dont Alar (Fayard, 1995) et Comment faire une danseuse avec un coquelicot (Champ Vallon, 2006), trois essais d'art contemporain, et La bibliothèque du docteur Lise (Stock, «la forêt», 2011).
La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 17 mai 2012
Comme rédigé sous nos yeux, dans le mouvement trépidant d'une investigation qui mène l'érudite détective de Tanger à New York et de Genève à Londres (on croise ici Lucian Freud, Ian Fleming, Allen Ginsberg), ce récit exalté décrit un monde artistique et homosexuel d'une violence rare sous son apparence festive - oeuvres torturées, toiles lacérées, amants disputés, nez fracturés et souffrances exilées. Mais, derrière ce que Burroughs appelle la «foreign decadence in Tangier», il y a surtout un fabuleux atelier où la création explose les normes, invente les formes, et, par le détroit de Gibraltar, ose défier le monde et l'époque.
Les courts extraits de livres : 29/01/2012
Pourquoi William ?
Le nom du port de Tanger se détache du souvenir de ceux qui y ont habité en étrangers d'Europe et d'Amérique, entre Méditerranée et Atlantique, à la limite, là où l'Afrique commence. Tanger, carrefour des possibilités, étreintes et fumées, tout cela bien connu. William Burroughs y situe «le pouls du monde, une frontière entre rêve et réalité». Truman Capote voit quatre motifs qui rendent si attirante la ville - zone internationale entre 1923 et 1956 : «La drogue à gogo, les prostitués adolescents, l'évasion fiscale ou le fait de s'être rendu indésirable n'importe où au nord de Port-Saïd.» Tanger est encore le nom porté à gauche du portrait qu'un ami a trouvé, l'été 2010 sur un marché de l'Eure, une foire à tout, version normande du vide-grenier. Pour Gérard (...)