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.. Nuage de cendres

Couverture du livre Nuage de cendres

Auteur : Dominic Cooper

Date de saisie : 13/03/2012

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque écossaise

Prix : 18.50 € / 121.35 F

ISBN : 9782864248569

GENCOD : 9782864248569

Sorti le : 01/03/2012

Un roman assez dur, où la part de nature s'estompe davantage que dans Vers l'aube du même auteur, pour mettre en avant les rivalités entre hommes. Ca se passe au XVIIIème siècle, sur fond de famines et d'éruptions volcaniques et c'est pas bien beau à voir, mais c'est vraiment prenant. Deux hommes s'affrontent, presque par habitude, par haine héréditaire en tous les cas. Le paysage islandais en contrepoint sert remarquablement le roman. Subtil et terrifiant.


  • Les présentations des éditeurs : 05/03/2012

En 1783 des éruptions volcaniques apocalyptiques recouvrent l'Islande de cendre, détruisent les récoltes et provoquent une famine. C'est dans ce pays dévasté que deux représentants de l'autorité coloniale danoise vont s'affronter dans un conflit qui sera jugé par l'assemblée populaire traditionnelle.
La rivalité des deux hommes se cristallise autour de deux orphelins, Sunnefa, considérée, à dix-huit ans, comme la plus belle femme de l'île, et son frère cadet Jón, coupables d'inceste et victimes de la société traditionnelle luthérienne. Les paysans qui observent les faits forment le choeur pluriel qui commente la tragédie et permet une grande diversité de points de vue, voix, lettres et journaux des protagonistes qui font lentement progresser le mystère autour du crime central.
La nature est un personnage à part entière, les glaciers, les déserts et les torrents intensifient les sentiments et les haines qui se développent. La présence du mal devient palpable dans cet impitoyable duel à mort.

Dominic Cooper est né en 1944 et vit en Écosse dans la région d'Argyll. Il est l'auteur de Vers l'aube et du Coeur de l'hiver qui a remporté le Somerset Maugham Award et la mention spéciale du Prix des Lecteurs du Télégramme remis par la librairie Dialogues à Brest en 2007.



  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 1er mars 2012

La vengeance est un plat qui se mange glacé dans le roman islandais de Dominic Cooper...
Chez Dominic Cooper, le paysage s'impose. Il est si désolé que l'Ecosse, dit une vieille dame qui en revient (Sólrún Haflidadóttir, de Thistilfjördur, la nièce par alliance de Thorsteinn Sigurdsson), est en comparaison un endroit facile. Miracle perpétuel et fragile de la présence humaine, un filet de fumée au-dessus de la neige signale un village. Une parcelle agricole résiste entre l'océan et un désert de sable glaciaire. La lumière, s'il y en a, est somptueuse, le vent est tiède parfois, mais, le plus souvent, le blizzard vide les cervelles et le gel succède à la pluie qui l'avait pourtant remplacé. La situation est rendue difficile par l'exploitation outrancière de l'occupant danois. S'en mêlent les épidémies de variole, la famine, et surtout les éruptions dévastatrices. Outre la bonne idée de traduire ce texte déjà ancien mais merveilleux, les éditions Métailié en ont eu une deuxième : choisir Nuage de cendre pour Men at Axlir, le titre original. Cela parlera peut-être peu aux lecteurs dans deux cents ans. Mais cela parlait aux Français de 1783, atteints par les retombées de l'éruption du Laki, et cela nous rappelle l'Eyjafjöll et son nuage qui a obscurci l'espace aérien en avril 2010.


  • Les courts extraits de livres : 17/02/2012

GUNNAR THORDAKSON, MÉDECIN

Le bruit de la bague d'Elise Rosenberg tintant contre son verre en cristal me tira de ma rêverie. La conversation était aussi animée que d'habitude mais revenait éternellement sur les mêmes sujets : le prix du beurre, une nouvelle dentelle arrivée à bord du dernier bateau venu du Danemark, les difficultés pour convaincre les fermiers de la soudaine rareté du tabac (ils pensaient simplement qu'on le conservait dans l'espoir d'obtenir de meilleures offres) et l'inépuisable bouillie de scandales, de politique et d'intrigues qui avait réussi à filtrer hors de Reykjavik par l'intermédiaire des capitaines de navires et des rares bulletins d'information passés de date. Je pouvais peut-être me contenter de boire une gorgée de vin, faire un commentaire en passant et les laisser reprendre le fil de leur discussion... Mon âge et mon talent apparemment hors du commun pour imiter un homme écoutant avec intérêt me permettraient peut-être de me réfugier dans mes propres pensées sans me faire à nouveau happer par la conversation. Il me suffisait d'un sourire ou d'un hochement de tête par-ci par-là, juste assez pour maintenir la bienséance de mon silence. Moi, mon vin et le monde qui tournait : c'était tout ce que je désirais vraiment.
En ce soir de juin 1804, nous étions huit autour de la table d'Anders Rosenberg, marchand danois, dans sa maison située sur les pentes qui s'élevaient derrière la petite ville. La table était drapée de lin blanc immaculé. Les meilleures bougies de cire produisaient des flammes vives et régulières dans leurs chandeliers en argent, de sorte que d'innombrables petites lumières flamboyaient sur les couverts, le cristal et la porcelaine danoise. La plupart des plats avaient été remportés (...)


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