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Auteur : Antoine Laurain
Date de saisie : 25/04/2012
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Flammarion, Paris, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-08-127412-9
GENCOD : 9782081274129
Sorti le : 11/01/2012
Il est des couvre-chefs qui marquent l'histoire, il en est qui marquent l'actualité, il en est enfin qui impressionnent les jeunes écrivains. Antoine Laurain est sans doute de ceux-là puisque ce quarantenaire déjà auteur de trois romans débarque en janvier chez Flammarion, édité par la fine Minh Tran-Huy dont on apprécie les oeuvres, avec un roman à chapeau et à étages. En scène le fameux galurin du plus coiffé des présidents de la Ve République, ce chapeau à large bord qui protégeait si bien de la pluie l'hôte de l'Elysée qui ne craignait pourtant pas les averses et les trombes d'eau. C'est lui le protagoniste de cette histoire qui ressemble à une ronde schnitzlérienne car l'objet de toutes nos attentions, oublié un soir dans une brasserie, puis récupéré par un quidam va passer, au gré des absences ou des distractions de ses nouveaux propriétaires, d'une tête à l'autre et modifier durablement les existences. Car sait-on assez que le chapeau fait le style et que le style fait l'homme, le destin venant ensuite ? Pour l'un c'est du courage que va diffuser le feutre sacré, pour une autre la noblesse va nimber son visage, pour un troisième c'est carrément un virage idéologique qui s'amorce. Habités par ce fragment de paradis offert par le hasard, ces héros inattendus vont devenir des personnages de roman, quittant leur maigre statut de figurant pour un premier rôle. Mais parce que Laurain est malicieux, il ne réserve à aucun la destinée d'être le seul habitant d'un récit. A peine installé dans l'histoire d'un élu qu'un coup du sort nous le fait quitter avec la crainte frustrante de ne plus jamais le revoir. Rythmé par ces aléas, le roman déroule ses petites musiques tandis qu'au loin tambourinent les royales notes du premier des Français que l'on ne perd jamais de vue, d'autant qu'on l'imagine tête nue, ce qui est fort cruel. Pour finir, malgré tout, l'auteur s'offre un de ces épilogues dont les films ont plutôt le secret, ces raccourcis qui nous ra content en quelques lignes les trajectoires des héros. Sans oublier bien sûr Tonton, flingué à la dernière ligne, mais là c'est déjà la grande Histoire qui prend le relais.
Avec ce rapide roman, enlevé quoique sans style particulier, l'auteur nous offre une comédie parfaite pour entamer une année qui nous demandera sans doute de sortir couverts. Le Chapeau de Mitterrand (notez la majuscule à chapeau) ferait un bon candidat pour le prix Lavinal organisé par la librairie Mollat chaque année, qu'on se le dise...
Un soir de liberté, sans sa femme et son fils, Daniel Mercier décide de diner dans une brasserie. Tout en dégustant son plateau de fruits de mer il voit s'installer sur la banquette avoisinant la sienne... François Mitterrand ! ! Lorsque ce dernier quitte le restaurant il oublie son chapeau. Daniel décide alors de s'en emparer.
Il ignore à ce moment précis que l'illustre couvre-chef s'apprête à bouleverser sa vie...
Un roman plein de surprises et d'espièglerie qui nous fait traverser la France des années 80 avec humour et un brin de mystère !
1) Qui êtes-vous ? !
Je suis Antoine Laurain, Le Chapeau de Mitterrand est mon quatrième roman.
Je publie des livres depuis 2007.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le Chapeau du président bien sur ! Mais aussi le hasard et le destin de nos vies. Avez-vous remarqué que les profonds changements de nos vies ont presque toujours pour point de départ un détail infime : Une rencontre imprévue, un rendez-vous que l'on avait failli annuler, un train que l'on a raté. Je vous laisse réfléchir à ça en vous penchant sur votre propre vie. Dans le roman, c'est la présence soudaine de ce chapeau dans la vie de chacun des personnages qui entraine une modification. S'ils ne l'avaient pas trouvé, rien ne serait arrivé.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Page 29 : «François Mitterrand a oublié son chapeau. La phrase prenait corps dans son esprit. C'est le chapeau de Mitterrand. Il est là, à côté de toi.»
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Du Vivaldi.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le goût du conte. Le «Il était une fois» qui vous fait passer dans une autre dimension. Alors pour ce livre : «Il était une fois dans les années 80.»
Un soir à Paris, Daniel Mercier, comptable, dîne en solitaire dans une brasserie, quand un illustre convive s'installe à la table voisine : François Mitterrand. Son repas achevé, le Président oublie son chapeau, que notre Français moyen décide de s'approprier en souvenir. Il ignore que son existence va en être bouleversée. Tel un talisman, ce célèbre feutre noir ne tarde pas à transformer le destin du petit employé au sein de son entreprise. Daniel aurait-il percé le mystère du pouvoir suprême ? Hélas, il perd à son tour le précieux objet qui poursuit sur d'autres têtes son voyage atypique au sein de la société française des années 1980.
Cette fable pleine d'esprit et de malice possède comme le fameux chapeau un charme mystérieux - celui de ressusciter une époque et, surtout, de mettre au jour à travers une galerie de personnages notre rêve commun : voir s'accomplir par magie nos désirs les plus secrets.
Né à Paris au début des années 1970, Antoine Laurain est l'auteur de trois romans, dont Ailleurs si j'y suis (Le Passage), lauréat du Prix Drouot en 2007.
Avec Le Chapeau de Mitterrand, Antoine Laurain signe une fiction réjouissante qui nous replonge dans les années 1980...
Sans jamais verser dans le fantastique ni le loufoque, Antoine Laurain signe là un quatrième roman épatant, qui arrive à marier, d'une plume sans prétention, un scénario très habile et les vestiges emblématiques de ces années 1980 - du Minitel au JT d'Yves Mourousi, de C'est la ouate qu'elle préfère, de Caroline Loeb, aux exactions d'Action directe, en passant par les colonnes de Buren. Bon d'accord, la formule est facile mais on n'y résiste pas : chapeau bas !
Daniel Mercier monta les escaliers de la gare Saint-Lazare à rebours de la foule. Des hommes et des femmes descendaient autour de lui, attachés-cases à la main et même valises pour certains. Ils avaient le front soucieux et la démarche rapide. Dans la cohue, ils auraient pu le bousculer, mais il n'en fut rien, bien au contraire il lui sembla que tous s'écartaient sur son chemin. Arrivé en haut des marches, il traversa la salle des pas perdus et s'approcha des quais. Là aussi, la foule était dense à la sortie des trains, un flot humain ininterrompu ; il se fraya un passage jusqu'au panneau des arrivées. Le train était annoncé au quai 23. Il remonta quelques dizaines de mètres et se plaça près des composteurs.
À 21 h 45, le train 78654 entra en gare dans un crissement et libéra les voyageurs. Daniel haussa le cou à la recherche de sa femme et de son fils. Il distingua d'abord Véronique, qui lui fit un signe avant de dessiner dans l'air un cercle approximatif autour de sa tête, concluant le geste par une moue étonnée. Jérôme, lui, s'était faufilé vers son père et se planta dans ses jambes, manquant de lui faire perdre l'équilibre. Véronique arriva, essoufflée, et dévisagea son mari. Qu'est-ce que c'est que ce chapeau ? - C'est le chapeau de Mitterrand. - Je vois bien que c'est le chapeau de Mitterrand. - Non, objecta Daniel, je veux dire que c'est vraiment le chapeau de Mitterrand.
Lorsqu'il avait annoncé à la gare que c'était «vraiment le chapeau de Mitterrand», Véronique l'avait regardé en penchant la tête, avec ce petit froncement de sourcils qu'elle avait toujours lorsqu'elle se demandait si c'était du lard ou du cochon. Elle avait eu le même quand Daniel l'avait demandée en mariage, ou encore à leur première sortie ensemble, lorsqu'il lui avait proposé de visiter l'expo à Beaubourg. Bref, ce petit froncement pour lequel il était tombé amoureux, entre autres. Tu vas m'expliquer ça, avait-elle fait, incrédule. - Tu as le chapeau de Mitterrand, papa ? - Oui, avait répondu Daniel en se saisissant de leurs bagages. - Alors t'es président ? - Oui, je suis président, avait répliqué Daniel, que cette suggestion enfantine satisfaisait pleinement.
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