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Auteur : Éric Neuhoff
Date de saisie : 08/02/2012
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Romans français
Prix : 11.90 € / 78.06 F
ISBN : 978-2-226-23835-1
GENCOD : 9782226238351
Sorti le : 04/01/2012
"Mufle : individu mal élevé, grossier et indélicat." (le Petit Robert). Roman court : idéal pour le train !
C'est l'histoire d'un homme. Oh, on ne sait pas encore trop qui il est, mais ce qu'on comprend vite, c'est son obsession pour Charlotte.
Charlotte ? Sa bien-aimée. Pas très fidèle apparemment. Un SMS suspect qui déclenche tout. Des heures dans la salle d'eaux avec son téléphone, et tous ses voyages, en quelle compagnie les passait-elle ?
Tantôt elle le répugne, tantôt cette chère blonde svelte redevient une icône. Comment va-t-il se sortir de cette relation qui lui fait plus de mal que de bien ?
Une écriture fluide, et cet homme qu'on voudrait revoir sourire, croire en la vie et l'amour.
1) Qui êtes-vous ? !
Quelqu'un qui n'aurait jamais pensé écrire autant de livres.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
La colère et la tristesse.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"L'amour est dur, Tarzan"
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
"Melody" des Rolling Stones
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Qu'ils aient autant de plaisir à lire mes livres que j'en ai à lire ceux des autres.
6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Plutôt à la maison, en fin d'après-midi, au stylo-feutre, avec de la musique (mais pas de chansons françaises, car les paroles me distraient)
7) Comment vous vient l'inspiration ?
En trouvant des phrases qui sonnent bien. Et au moment du tiers provisionnel.
8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Au cinéma, je m'identifiais aux acteurs alors qu'en littérature j'avais envie d'être l'auteur plutôt que le héros.
9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Bob Morane, Nimier, Fitzgerald.
10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
A rien, comme le champagne.
11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
J'y entre comme on pousse la porte d'un café.
Lui : deux fois divorcé, de grands enfants. À cinquante ans, il croyait avoir enfin trouvé la femme de sa vie. Elle, c'est Charlotte. Elle se sera bien foutue de lui.
Mufle se livre à l'autopsie d'un mensonge. L'amour est toujours une fiction.
Le narrateur découvre la jalousie et la trahison en lisant un SMS sur le portable de la femme de sa vie. A plus de cinquante ans, deux divorces et de grands enfants, il se retrouve en pleine confusion sentimentale, animé de sentiments violents et contraires, alternant passion, colère, souffrance, doute, tristesse, regret, panique. L'insomnie redouble sa fixation sur Charlotte, jolie blonde fantasque dont il n'a jamais su capter le mystère et qui le renvoie à ses ruptures précédentes. Anatomie d'une déliaison, portrait d'un homme qui rêve d'une idole qui se comporterait en femme fidèle, ce sont tous les sentiments, jérémiades, déni, impuissance, complaisance, avec lesquels il faut bien vivre.
Eric Neuhoff a déjà évoqués la jalousie, la passion la séparation, et la solitude dans "Un bien fou" et "Pension alimentaire". Comme l'Antoine Doisnel de Truffaut, il en suit les méandres de livre en livre, aux différents âges de la vie, avec cette même mélancolie, cette musique douce amère, cet effroi poli devant l'éphémère des sentiments et la répétition des comportements, l'autodérision qui mêle lucidité, cruauté, tendresse et obsession.
Né en 1956, journaliste au Figaro et à France Inter, Eric Neuhoff a obtenu le Prix des Deux Magots 1996 pour Barbe à papa, le prix Interallié 1997 pour La petite Française, le Grand Prix du Roman de l'Académie française 2001 pour Un bien fou (40000 ex vendus en librairie).
Avec une grande sobriété, une ironie certaine, une grande justesse de ton, Eric Neuhof dépeint cette douleur ordinaire, la déception amoureuse. Il passe du souvenir idéalisé des premiers instants à une amertume qui l'amène à dénigrer la traîtresse...
. Comme d'autres, ce «héros de notre temps» oscille donc entre rêverie romantique et pure goujaterie. Il soufre mais n'en parle pas. Il se sent floué...
L'auteur de «la Petite Française» réussit à renouveler le thème éculé de l'adultère. Par petites touches, le narrateur brosse le portrait d'une héroïne romanesque, imprévisible.
Ce sont les dernières secondes de ma vie. Mon esprit vient d'être expédié en unité de soins intensifs. Plus rien n'existe. Je suis là, dans la salle de bains, après le dîner, son portable à la main. Je vois toutes ces années exploser en vol. Sur l'écran de son portable, s'imprime ce texto : Thank you my darling for the most wonderful week-end of my life. Je n'ai pas pu lire la suite. Je suis sorti de la salle de bains.
Charlotte avait oublié son téléphone à côté du lavabo. Elle rentrait de Londres, où elle était allée sous prétexte de vendre des bijoux anciens chez Sotheby's.
Il lui brandit l'appareil sous le nez. Son visage afficha la pire des incrédulités. Elle respira d'un coup, avec une sorte de soupir, comme si elle entrait dans une mer froide. D'abord elle nia. C'était elle qui se scandalisait. Sa défense ne tenait pas. Elle avait rédigé ces textos pour une amie madrilène qui ne parlait pas assez bien anglais. Elle se jeta sur lui pour s'emparer du téléphone. Elle balança l'appareil dans la poubelle. Elle voulut l'empêcher de le récupérer. La force qu'elle avait dans les bras était incroyable. Elle coinça le portable dans sa poche-revolver. Il n'allait pas se battre avec elle, si ? Cela lui parut la scène la plus irréelle de son existence. Il la repoussa avec violence contre une bibliothèque et partit en claquant la porte. Le trajet jusqu'à chez lui lui parut durer une seconde.
Il faillit appeler ses fils. Il faillit appeler son père. Il avait besoin de parler à quelqu'un, n'importe qui. Jean-Baptiste était sur messagerie. Il mit Black and Blue dans le lecteur de CD. Il resta planté là, immobile, pendant un temps qui lui sembla très long, en se disant qu'il n'y avait pas de pire sort que le sien. Il avait envie de se saouler. «Melody» était la plus belle chanson du monde.
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