Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Martin Amis
Traducteur : Bernard Hoepffner
Date de saisie : 21/02/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Du monde entier
Prix : 27.00 € / 177.11 F
ISBN : 978-2-07-012881-5
GENCOD : 9782070128815
Sorti le : 26/01/2012
Le héros vieillissant de ce roman, Keith Nearing, se remémore l'été de ses vingt ans, en 1970, quand eut lieu un mystérieux événement qui bouleversa sa vie sexuelle et donc son existence entière.
Dans un château en Italie, piégé dans l'histoire de la "révolution sexuelle", il hésite entre trois femmes : sa petite amie Lily, Shéhérazade, l'objet de ses fantasmes, et la très troublante et très "virile" Gloria. Ce sont les obsessions de l'auteur qui, dans ce roman à idées, se font jour : l'identité masculine, l'impossible rapport entre les sexes, la hantise de l'anéantissement, le malaise du corps.
Cette évocation de la libération des moeurs dans les années soixante-dix brille par l'intelligence provocante de sa vision. Excédant les limites du roman à thèse, Martin Amis demeure avant tout un immense styliste, à l'écriture vigoureuse, aux trouvailles fulgurantes, inimitables. II est ici au mieux de sa forme, plus audacieux que jamais.
Martin Amis vit à Londres.
Il a publié une quinzaine d'ouvrages, parmi lesquels, traduits en français, Money, money, London Fields, La flèche du temps, L'information, Expérience, Chien Jaune, La Maison des Rencontres et deux recueils d'essais, Guerre au cliché et Le deuxième avion (11- Septembre : 2001-2007).
Un été italien, un château, une piscine, deux blondes de 20 ans, Lily, à la fois libérée sexuelle et libérée du sexe, et Shéhérazade, sculptural piège à hommes. Au milieu, un égaré qui aime ne pas être aimé, mais désire être désiré. Sexcapade. Une fuite comme une autre. Beaucoup de jambes et de seins dans le roman, mais le sexe est triste pour Keith Nearing, aspirant écrivain qui n'a pas encore lu tous les livres...
Pour son dixième roman, sans renoncer au comique grinçant, Amis quitte le terrain de l'horreur politique (islamisme radical dans Le deuxième avion, terreur stalinienne dans La maison des rencontres) et revient à ses fondamentaux : seventies, psychotropes, pattes d'ef, désir, humiliation, ressentiment de classe, obsession. Brèves rencontres, longues addictions. Et l'amour, encore, comme un livre lassant, mais qu'on ne peut refermer.
Martin Amis n'en avait donc pas fini avec les seventies. Quarante ans après en avoir tenu la chronique live dans ses trois premiers romans - le Dossier Rachel, Success puis Dead Babies -, il revient en fiction et en grande forme hanter cette décennie...
Les dessous de l'histoire d'une génération, sa grande affaire même, pour elle qui n'a connu de guerre que froide et virtuelle, aussi potentiellement apocalyptique fût-elle : la révolution sexuelle. Qui certes n'avait de révolution que le nom. Mais c'était déjà ça. De quoi en faire toute une histoire, et en l'occurrence un roman à la fois désopilant - Amis est possiblement l'écrivain le plus comique du moment -, et touchant - il apprend, âge aidant, à se montrer étonnamment tendre.
Ce narrateur, discret jusqu'à l'effacement parfois, on ne l'identifiera qu'aux ultimes pages. Le personnage central de La Veuve enceinte, c'est Keith. Un sexagénaire du début du XXIe siècle dont le roman va retracer la vie, de façon elliptique. En se concentrant sur l'été 1970 - l'été de ses 20 ans. C'était en Italie, une bande de jeunes gens rassemblés le temps des vacances dans un château en Campanie. Une saison faussement douce, en réalité un huis clos fiévreux, suintant de tensions sexuelles...
... La Veuve enceinte, roman d'une sophistication époustouflante - presque excessive - mais surtout formidablement incarné, caustique et perspicace.
Amis cravache sa prose. On a l'impression que les phrases serrent les dents. L'érudition est talonnée par un comique grinçant. Cela séduit et agace, cette façon de remonter souvent à l'étymologie pour souligner un mot : «Envie. Du lat. invidere : regarder avec malveillance.» C'est brillant, malin, inégal. Le roman plonge dans les obsessions masculines, baigne dans la moiteur des fantasmes. La révolution sexuelle était censée bouleverser les âmes, les vies, le monde. Ah bon ? Quarante ans plus tard, les déceptions se comptent par poignées. La nostalgie finit par envelopper ces pages nerveuses, ce style qui craque comme des branches mortes. «Elle combinait la beauté et la saleté, comme la neige en hiver.» «Made in Amis».
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia