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.. Fusions

Couverture du livre Fusions

Auteur : Daniel de Roulet

Date de saisie : 10/03/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Buchet Chastel, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-283-02542-0

GENCOD : 9782283025420

Sorti le : 19/01/2012

  • Le courrier des auteurs : 31/01/2012

1) Qui êtes-vous ? !
L'auteur d'une vingtaine de livres qui s'imagine toujours que le roman permet de voir le monde par plusieurs fenêtres à a fois.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La beauté de la science, la démesure des hommes qui jouent avec l'atome, les amours violentes qui durent malgré le temps qui passe.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«La fusion du coeur de Tchernobyl est la véritable raison de l'effondrement de l'Union soviétique» C'est Mikhaïl Gorbatchev qui a prononcé cette phrase.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Imaginons une musique country insouciante des années 80 et par là dessus une ballade russe langoureuse, triste comme un goulag, et réunissons ces deux mélodies en une seule qui serait une musique fusionné, à la fois russe et américaine, c'est ça la musique de «Fusions», à inventer.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Les fous de l'atome d'antan n'étaient pas moins sympathiques que les fous de Dieu d'aujourd'hui, ils méritent que le roman raconte leur épopée.


  • Les présentations des éditeurs : 11/03/2012

«La fusion du coeur de Tchernobyl a été la véritable raison de l'effondrement de l'Union soviétique.» Gorbatchev

Le 2 juin 1988, le président Reagan, qui rentre de Moscou, annonce à la reine d'Angleterre et au monde la fin de la guerre froide, la fusion des empires. Gorbatchev a cédé. Que vive le marché mondial !
Ce même jour, les deux plus grandes entreprises mondiales spécialisées dans le traitement des déchets nucléaires fusionnent. Des deux côtés, des têtes vont tomber, des licenciements sont programmés. La bataille a lieu dans une tour, à Londres, au milieu des jeux de pouvoir et d'argent. Elle met face à face deux femmes d'exception : Marthe, née à Téhéran à la fin des années 30, et Shizuko, née à Nagasaki le jour où la bombe atomique a détruit la ville. Mais leurs destins, comme leurs amours, sont scellés depuis longtemps.

Après Kamikaze Mozart, Daniel de Roulet poursuit ici la grande saga de celles et ceux qui, savants dissidents de l'Est comme de l'Ouest, ont cru en toute bonne foi mettre l'atome au service de la paix et de l'abondance. Des laboratoires de Princeton au goulag sibérien, en passant par l'apartheid sud- africain et la Chine de Mao, Fusions est le roman du XXe siècle, siècle pervers mais attachant, qui croyait éternelle l'épopée du nucléaire.



  • La revue de presse Jean-Claude Lebrun - L'Humanité du 8 mars 2012

Daniel de Roulet a fait paraître une vingtaine de livres depuis 1991. Mais il ne bénéficie pas d'une notoriété vraiment en rapport avec la qualité de son oeuvre. Parce que ses thèmes peuvent apparaître surprenants  ? Parce que sa littérature s'affiche résolument comme non consensuelle  ?...
Daniel de Roulet compose ici une remarquable représentation romanesque de la seconde moitié du XXe siècle, habitée par des figures de chair et non de simples porteurs d'idées. La radicalité de la pensée n'a pas besoin de s'énoncer, elle ressort clairement des situations mises en scène. En cela Fusions s'inscrit en plein dans l'actuel mouvement de réappropriation critique du monde. C'est aussi l'une des réussites incontestables de la seconde rentrée littéraire.


  • Les courts extraits de livres : 03/02/2012

Aurores

Londres 1988. La première pensée de Shizuko au réveil : si elle avait su que Che Guevara portait une Rolex au poignet, elle l'aurait dénoncé. Mais dénoncé à qui ? À Max ? Non, puisque c'était un secret entre elle et lui, son ex, celui pour qui elle ferait encore mille folies. Il en avait hérité par de mystérieuses combines, une montre-bracelet en or, poinçonnée, numérotée, à monnayer cher. Avant son départ pour la Bolivie, le Che l'avait reçue de ses amis cubains. Si un jour, disaient-ils, tu as besoin d'argent pour financer la guérilla, tu la vendras. Mais le cadavre cireux du Che, étendu sur la table du commissariat, ne portait plus de montre au poignet.
Le rêve de Shizuko se termine toujours comme ça, Max retrouvé mort le long des docks de Manhattan, là où ça deale, sous les autoroutes surélevées. Il s'est battu contre une bande de maffieux, on appelle Shizuko pour identifier le corps. Dans son poing crispé, elle reconnaît la Rolex du Che, essaie d'écarter ses doigts, et juste à ce moment-là elle entend sonner le réveil.
Shizuko, seule dans son lit, très tôt. À l'affichage, quatre heures quarante-six, l'heure d'un lever de soleil sur une ville, n'importe quelle ville. La date aussi s'affiche, 2 juin. Jour fixé depuis plusieurs mois pour la dernière bataille. Ah oui, c'est vrai, on est à Londres.
Dans une fusion, le plus pénible n'est pas d'avoir un nouveau patron, mais d'être mise en concurrence avec quelqu'un qui occupe la même place que toi dans l'autre entreprise. Ainsi Shizuko Tsutsui est confrontée à Marthe vom Pokk qui dirige, comme elle, le département de la recherche, mais chez les autres, chez Big E. Après la fusion, l'une des deux sera de trop, nouvel organigramme avec un seul poste là où il y en avait deux. Que Shizuko dirige des laboratoires au Japon et Marthe en Europe, ça ne compte pas, ni que leurs domaines de recherche soient complémentaires, ni que ces deux femmes refusent de se détester.
Quelques minutes encore et le téléphone sonnera. Sa mère, Mme Fumika, huit heures de décalage avec le Japon. Elles s'entendent sur presque tout, sur l'éducation des enfants, sur la vie après la mort, sur la manière d'assaisonner le thon cru, sur la coupe de leurs cheveux - plutôt courte, s'il vous plaît. Comme convenu, Mme Fumika laissera la garde de ses petits-enfants à la gouvernante australienne, viendra retrouver sa fille à Londres. Douze heures cinquante-six à Osaka, sa mère l'appelle, la réception transmet l'appel, merci.
- Shizuko, je ne te réveille pas ?


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