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.. Le sexe ni la mort : trois essais sur l'amour et la sexualité

Couverture du livre Le sexe ni la mort : trois essais sur l'amour et la sexualité

Auteur : André Comte-Sponville

Date de saisie : 06/03/2012

Genre : Philosophie

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Prix : 21.50 € / 141.03 F

ISBN : 978-2-226-23861-0

GENCOD : 9782226238610

Sorti le : 04/01/2012

  • Le courrier des auteurs : 31/01/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Un homme - donc aussi un cochon qui sommeille ! L'amour et la philosophie me réveillent.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Il y a deux thèmes différents : l'amour, d'une part, le sexe, d'autre part. Le thème "central" est donc le rapport entre les deux.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Il n'y a pas de sexualité innocente, et c'est tant mieux !"

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Sur l'amour : le Concerto pour clarinette de Mozart. Sur le sexe : le Boléro de Ravel. Sur le rapport entre les deux : le "Concert de Cologne" de Keith Jarrett.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
L'amour de la vie.


  • Les présentations des éditeurs : 07/03/2012

«Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement», écrit La Rochefoucauld.
Cela fait au moins une différence avec le sexe : le regarder fixement, voilà ce que peu d'hommes et de femmes, de nos jours, s'interdisent ou redoutent. Pourquoi, s'agissant de sexualité, est-ce pourtant cette formule qui m'est venue, jusqu'à me fournir, ou peu s'en faut, mon titre ? Peut-être parce que l'essentiel, ici aussi, échappe au regard, ou l'aveugle, tout en continuant de le fasciner. Le sexe est un soleil ; l'amour, qui en vient, s'y réchauffe ou s'y consume.
Les mortels, disaient les Anciens pour distinguer les hommes des animaux et des dieux. Nous pourrions, tout autant, nous nommer les amants : non parce que nous serions les seuls à avoir des rapports sexuels, ni à aimer, mais parce que le sexe et l'amour, pour nous, sont des problèmes, qu'il faut affronter ou surmonter, sans les confondre ni les réduire l'un à l'autre. Cela définit au moins une partie de notre humanité : l'homme est un animal érotique.

A. C.-S.

Philosophe humaniste, André Comte-Sponville est l'auteur de nombreux ouvrages qui, par leur clarté et leur pédagogie, mettent la philosophie à la portée de tous et connaissent un succès qui ne se dément pas ; ainsi de «L'Esprit de l'athéisme» (2006), du «Capitalisme est-il moral ?» (2004, rééd 2008) et du «Goût de vivre» (2010) chez Albin Michel.



  • La revue de presse Robert Maggiori - Libération du 1er mars 2012

Si chacun, inconditionnellement, agissait par amour, le vivre-ensemble n'aurait besoin d'aucune loi ! Ce n'est pas le cas, bien sûr. Parce qu'il est bien difficile - sauf pour le saint - d'amaigrir et de dépotentialiser le Moi de sorte qu'il soit capable de freiner sa volonté de puissance et amadouer ses pulsions dominatrices, sinon destructrices. Et parce qu'au sein de l'amour, il y a cette lave incandescente, le sexe, que l'esprit a du mal à «fixer» - comme le soleil - quand il emporte le corps vers le paroxysme de la vie ou la «petite mort», vers l'acmé des plaisirs ou la «boueuse concupiscence de la chair», la printanière étincelante du désir ou l'«obscène et l'obscur», quand il lui ôte volonté et raison, l'exalte, l'exacerbe, le fait exulter, le brûle, le torture... Le chemin de la réflexion de Comte-Sponville est dès lors tout tracé. Quel amour transcende la morale ? Comment le sexe, qui ne peut «se regarder en face», a-t-il été pensé par les philosophes, Platon, Lucrèce, Augustin, Montaigne, Schopenhauer, Feuerbach, Nietzsche, Kant...


  • Les courts extraits de livres : 03/02/2012

Extrait de l'introduction

«Parlez-moi d'amour», dit la chanson, et c'est en effet ce que nous allons faire. Pas besoin de longs préliminaires pour justifier le choix d'un tel sujet : l'amour est le sujet le plus intéressant. Presque toujours. Pour presque tout le monde. Par exemple si vous dînez, un soir, avec quelques amis. La conversation peut porter sur la situation politique, sur le dernier film que vous avez vu, sur votre métier, sur vos vacances, et tout cela peut être tout à fait intéressant. Mais si l'un des convives se met à parler d'amour, l'intérêt des autres s'en trouvera, selon toute vraisemblance, fortement accru. Au reste, la littérature et le cinéma le confirment : l'amour, sous ses différentes formes, est leur objet de prédilection. Il n'en va pas autrement, sauf exception, de notre vie réelle. Quoi de plus passionnant que d'aimer ou d'être aimé ?
J'ajouterai qu'aucun autre sujet n'a d'intérêt qu'à proportion de l'amour que nous lui portons. Imaginez que l'un d'entre vous me contredise : «Non, non, pour moi, pas du tout ! Ce qui m'intéresse le plus, ce n'est pas l'amour, c'est l'argent !» Je lui répondrais bien sûr : «Cela prouve que vous aimez l'argent !» C'est encore un amour... Ou qu'un autre m'objecte : «Moi, ce qui m'intéresse le plus, ce n'est pas l'amour, ce n'est pas l'argent, c'est mon métier !» Je lui répondrais : «Cela prouve que vous aimez votre métier !» Non seulement l'amour est le sujet le plus intéressant, pour la plupart d'entre nous, mais aucun autre sujet n'a d'intérêt que par l'amour qui s'y trouve, ou que nous y mettons.

L'amour est-il une vertu ?

En revanche, si je n'ai pas à justifier le choix de ce sujet, j'ai peut-être à expliquer en quelques mots la façon dont j'en suis venu à parler d'amour, en l'occurrence dans l'un de mes livres, paru en 1995, qui s'appelait Petit traité des grandes vertus. C'était un traité de morale, son titre l'indique assez, dont le dernier chapitre, qui est aussi le plus long, portait sur l'amour. Un tel chapitre, dans un tel ouvrage, n'allait pas de soi. L'amour est-il bien une vertu ?
Pas tout amour, en effet. Imaginez que quelqu'un vous dise «J'aime l'argent», ou bien «J'aime le pouvoir», ou a fortiori «J'aime la violence et la cruauté»... Vous auriez quelque peine à y voir l'énoncé de ses vertus, et vous auriez évidemment raison. Dont acte. Tout amour n'est pas vertueux, et il importe de s'en souvenir. Mais, à l'inverse, imaginez quelqu'un qui n'aimerait rien ni personne : il lui manquerait assurément une qualité essentielle, une «excellence», comme auraient dit les Grecs («vertu», en grec, cela se disait arête, ce qui signifie littéralement «excellence»). Qu'est-ce qu'une vertu ? C'est une qualité morale, autrement dit une disposition qui nous rend meilleurs, «plus excellents», comme dira Montaigne (l'un des chapitres des Essais s'appelle «Des plus excellents hommes»), ou simplement plus humains. (...)


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