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«Dans le climat xénophobe des années cinquante, j'ai décidé - de retour en France - de ne jamais raconter mon passé, et notamment ces années roumaines qui ont coïncidé avec le triomphe d'un régime communiste qui fascinait à l'époque nos intellectuels. Les uns n'aimaient guère les gens venus d'ailleurs, tandis que les autres n'acceptaient pas qu'on ait pu quitter ce nouveau modèle de société décrété idyllique.
J'avais par conséquent décidé de me taire et de refuser une image et une mentalité d'étranger. Mon objectif était de ressembler aux millions de Dupont qui m'entouraient sans proclamer ma différence, ni croire naïvement que ma mission consistait à changer la société ou encore à bouleverser les moeurs.»
Henry Chapier éditorialiste polémique du journal Combat et critique de cinéma virulent des années 60, rejoint en 1974 le Quotidien de Paris de Philippe Tesson et devient rédacteur-en-chef des pages «Culture». Dans les années 80, il est l'un des rédacteurs-en-chef du journal télévisé «Soir 3» avant de créer «le Divan d'Henry Chapier» devenu depuis une émission culte. Aujourd'hui Président de la Maison Européenne de la Photographie et chroniqueur Culture et Cinéma sur Radio Nova, il décide de revenir sur son parcours.
La revue de presse Anthony Palou - Le Figaro du 25 janvier 2012
Dans son livre, Version originale, le célèbre journaliste et animateur dévoile son parcours bien tourmenté. «Je dis toujours la vérité. Pas toute. Parce que toute la dire, on n'y arrive pas. La dire toute, c'est impossible matériellement. Ce sont les mots qui manquent. C'est même par cet impossible que la vérité touche au réel», disait, on l'aura sans doute reconnu, Jacques Lacan. Henry Chapier, connaisseur du psychanalyste de la rue de Lille, publie ses Mémoires. Il a eu quelques vies, Henry Chapier. Comme tout le monde...
Le journaliste Chapier ne rêve qu'à une chose : le cinéma, cet art de la couture. Le septième art sera sa guerre du goût. Son virus. Il militera, en 1968, en compagnie des gens de la nouvelle vague, contre le renvoi d'Henri Langlois de la Cinémathèque française...
C'est qu'il en a connu, du monde, Henry Chapier. On croise Federico Fellini à Cinecittà sur le tournage de La Cité des femmes. Les déjeuners du journaliste avec le Maestro Chez Cesarina. «Andate mangiare» ! Voilà Luchino Visconti ou encore Pier Paolo Pasolini...